mercredi 10 novembre 2021

Rep Qu'est-ce que la décroissance?(source France Info), blogiblag du 10/11/21

Comment comprendre la décroissance, prônée par certains candidats à la primaire écologiste?

La décroissance plaide pour une frugalité choisie afin de limiter les effets du changement climatique. Popularisée dans les années 2000, elle est de nouveau mise en lumière à l'occasion de la primaire écologiste.

"Nous sommes tous ensemble dans un train qui va à toute vitesse vers un précipice." Voici comment Delphine Batho, candidate à la primaire des écologistes pour la présidentielle 2022, décrit la crise climatique actuelle début août, après la parution d'un rapport choc du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Pour la députée des Deux-Sèvres, une seule solution : embrasser "la décroissance". De Sandrine Rousseau à Jean-Luc Mélenchon, elle n'est pas la seule, à gauche, à vouloir s'inspirer de ce mouvement qui prône une frugalité choisie afin de limiter les effets du dérèglement climatique. 

Vous n'êtes pas familier du concept ? Pas de panique, voici un cours accéléré pour tout comprendre à ce mot qui s'invite dans le débat politique.

Mais qu'est-ce que la décroissance ?

Il s'agit d'un courant de pensée philosophique, politique, social et économique popularisé en France au début des années 2000. Pour ses partisans, la croissance économique, mesurée par le produit intérieur brut (PIB), n'est pas soutenable du fait des ressources limitées de la Terre. Elle n'est pas non plus souhaitable au-delà d'un certain seuil car elle échoue depuis la fin des Trente Glorieuses à réaliser le plein emploi, la réduction des inégalités et la satisfaction de la population dans les pays développés, avancent-ils. 

Ses théoriciens proposent donc de lui substituer d'autres objectifs issus de la "réflexion sur ce que sont vraiment nos besoins fondamentaux et sur la façon dont on peut y répondre de manière soutenable écologiquement et plus juste socialement", explique Vincent Liegey, ingénieur et auteur notamment d'Exploring Degrowth : A Critical Guide (Pluto Press, 2020). 

Concrètement, ça passe par quels types de mesures ?

Plus qu'un véritable mode d'emploi pour parvenir à un système décroissant, ses adeptes proposent des mesures dans différents domaines. Une réflexion récurrente est de distinguer les biens et les activités en fonction de leurs conséquences sur le climat, comme avec un taux de TVA différencié en fonction des produits, ou un quota d'unités de charge écologique détenu par chaque consommateur et dans lequel il puiserait chaque fois qu'il achète un bien. Logiquement, nombre des propositions des décroissants touchent aux secteurs des transports, de la construction et de l'alimentation, particulièrement polluants selon l'Insee

Une autre réflexion qui traverse le courant décroissant est celle sur l'usage et le mésusage (l'usage abusif) des ressources. L'eau pourrait ainsi ne pas être payée au même prix selon qu'il s'agisse "de la boire ou bien de l’utiliser pour remplir sa piscine", explique Timothée Parrique, auteur d'une thèse en 2019 sur la décroissance, qui sera adaptée chez Flammarion en 2022.

Afin d'améliorer la justice sociale, certains décroissants imaginent une taxation plus importante des hauts revenus et la suppression des niches fiscales, dans la lignée des travaux de l'économiste de gauche et spécialiste des inégalités Thomas Piketty. Mais aussi l'instauration d'un revenu maximum ou d'un revenu universel. Enfin, sur le volet du bien-être, de nombreux décroissants prônent la réduction du temps de travail qui permettrait, selon eux, de partager l'emploi existant et d'investir davantage le temps libre pour l'art, la culture et les liens interpersonnels. 

Mais au fait, ça vient d'où ?

"La décroissance n'a pas attendu ce mot pour exister", note le philosophe Dominique Bourg, directeur de la revue La Pensée écologique et soutien de la candidate à la primaire écologiste Delphine Batho. Historiquement, la décroissance est la résultante de deux courants : la critique du développement et la prise en compte des questions écologiques. Le premier est conçu dès le début du XXe siècle par des penseurs pour qui développement ou technique ne vont pas nécessairement de pair avec le bien-être et le progrès humain. Le second naît dans les années 1970 avec un rapport intitulé "Les limites de la croissance" (en anglais) et les travaux de l'économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen pour qui la croissance infinie dans un monde fini est impossible.

Pourtant, "les débats sur la pensée écologiste ont disparu dans les années 1980 avec le rouleau compresseur du néolibéralisme" et l'effondrement du bloc soviétique, avance Dominique Bourg. Il faut attendre le début des années 2000 pour voir ressurgir une nouvelle prise de conscience, grâce notamment "aux rapports du Giec et à l'intérêt des médias dominants pour les conséquences du dérèglement climatique".

En 2002, la revue écologiste Silence consacre un numéro à la décroissance. Le mot est notamment popularisé par l'économiste Serge Latouche et le militant anti-pub Vincent Cheynet, et il est bientôt traduit en anglais par "degrowth", qui connaît un succès mondial. Le mouvement français connaît son apogée dans les années 2000 (lancement d'une revue et d'un parti politique, organisation de colloques et publication d'une multitude de livres...). Surtout à gauche, mais pas seulement. La décroissance est également reprise par certains milieux catholiques ou d'extrême droite, attirés par l'idée d'un certain ascétisme ou le rejet de la mondialisation, comme l'explique Le Monde.

Le bouillonnement militant et intellectuel autour de la décroissance se tasse pourtant dans la décennie suivante, notamment marquée par les divergences de vue entre ses promoteurs puis par le succès de la collapsologie. Pour autant, la décroissance a infusé certains cercles militants, qui la mobilisent pour justifier le développement d’alternatives concrètes comme les ressourceries, les monnaies locales, les jardins partagés et les coopératives.

Pourquoi m'en parlez-vous maintenant ?

Parce que le concept à été de nouveau placé sous le feu des projecteurs par la primaire écologiste, qui s'est tenue entre les 16 et 28 septembre. L'une des quatre candidates, l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, revendique la décroissance comme étant au cœur de son engagement. Cette dernière "est la seule voie réaliste", expliquait-elle le 10 août sur France Info. Si son intérêt pour le sujet est longuement expliqué dans une note de campagne sur le site de son parti, Génération écologie, la candidate en dit néanmoins très peu sur la manière dont elle compte la mettre en pratique.

S'ils n'emploient pas ouvertement le terme, les autres candidats à la primaire écologiste (mais aussi des figures de la gauche comme Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon) proposent également certaines mesures proches de la décroissance. L'économiste Sandrine Rousseau, qui souligne dans son programme que "notre Terre n'a pas de ressources illimitées", plaide pour "une véritable fiscalité carbone, en stoppant les subventions aux industries polluantes" et expliquait le 25 juillet dans l'émission YouTube "Backseat" qu'il faudrait "évidemment diminuer le volume de nos consommations". Le maire de Grenoble, Eric Piolle, qui expliquait sur France Inter le 6 juillet refuser de choisir une une religion entre "croissantistes et décroissantistes" promet dans son programme la mise en place d'un "ISF climatique" pour taxer les particuliers les plus pollueurs et souhaite "une loi sur la sobriété numérique qui vise la réduction de l’empreinte carbone de 40% du numérique" d'ici 2022. 

L'ancien chef d'entreprise Jean-Marc Governatori assure lui aussi refuser le débat entre "croissance et décroissance", même s'il souhaite "mettre en place dès maintenant une activité humaine compatible avec la biosphère dans des objectifs de pleine santé et de plein emploi". Egalement prudent lorsqu'il emploie le mot de décroissance, comme il l'expliquait sur France Inter début juillet, l'eurodéputé Yannick Jadot annonce néanmoins dans son programme qu'il veut "augmenter la TVA sur tous les produits et services polluants et à l'obsolescence programmée" et mobiliser "20 milliards par an dès 2021 et sur 2022-2027 pour la transformation des secteurs les plus polluants".

Est-ce que la décroissance a déjà été mise en pratique ?

La décroissance "n'a jamais été appliquée à grande échelle, reconnaît Vincent Liegey, mais il y a déjà un grand nombre d'espaces dans nos sociétés dans lesquels des mesures décroissantes sont expérimentées au quotidien". Entre autres exemples, on peut citer un fourmillement d'initiatives locales autour de la low tech, de la permaculture, des circuits courts, mais aussi des espaces comme des ressourceries ou le site de seconde main Leboncoin. Plusieurs pays ont par ailleurs proposé des indicateurs de progrès autres que le PIB, tels que la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Bhoutan... et même la France, depuis 2015. Le développement de la démocratie participative est également salué, avec des expérimentations comme la Convention citoyenne pour le climat. Les mouvements sociaux ne sont pas en reste, avec l'apparition de groupes de défense du climat comme Extinction Rebellion ou Fridays for Future.

Qu'en disent ses détracteurs ?

La décroissance rencontre un grand nombre de critiques, à la fois extérieures et intérieures à ses cercles. Voici les principales :

La critique du "retour en arrière". Pour certains, la décroissance est synonyme d'un refus de la modernité et des technologies. Comme Emmanuel Macron, qui ironisait en septembre 2020 sur ceux qui, critiquant le déploiement de la 5G, préféreraient "le modèle amish" et le "retour à la lampe à huile"Dans un monde décroissant, bye bye les SUV et les iPhone 12. Néanmoins, "la décroissance n'est pas anti-technique, mais pour une réappropriation de la technique au service de l'amélioration du bien-être humain", assure l'essayiste Vincent Liegey.

La critique du catastrophisme. Cette première critique va de pair avec une seconde, selon laquelle les décroissants font l'impasse sur l'innovation, qui aurait toujours permis à l'humanité de relever les défis présentés par la nature. "C'est par la technique qu'on résoudra les problèmes posés. Quand on voit les progrès dans le solaire, l'éolien (...), la mise au point de bactéries pour dévorer des sacs plastiques... Cela peut aller tout aussi vite que le progrès des technologies fondées sur le carbone au XIXe siècle", estimait ainsi l'essayiste libéral Gaspard Koenig en septembre 2019 auprès de l'AFP. Il ne faut pas avoir une "foi aveugle" dans le progrès, répondent les partisans de la décroissance. Contrairement à ceux qui soutiennent la "croissance verte" ou le "développement durable", ils mettent en avant que l'alliance entre croissance économique et progrès technique n'a jamais prouvé qu'elle permettait de réduire suffisamment (lien en anglais) les pollutions pour répondre à l'urgence climatique actuelle.

La critique sur le maintien de la pauvreté. Pour les économistes libéraux, la croissance est un préalable à la redistribution des richesses. Moins de 10% de la population mondiale vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, contre plus de 35% trente ans plus tôt, rapporte en effet la Banque mondiale. Pour ces critiques, les décroissants seraient donc partisans de la récession, et à terme du maintien de la pauvreté dans les pays en voie de développement. Mais la théorie de la décroissance est sélective et ne concerne "que les pays riches ayant déjà atteint des seuils de production suffisants pour satisfaire les besoins de leur population", répond l'économiste Timothée Parrique. "Les pays du Sud qui vivent dans la pauvreté doivent bien entendu produire ce dont ils ont besoin, mais pour ce faire, encore faut-il que les ressources soient disponibles – d'où la logique d’une décroissance dans les pays du Nord", ajoute-t-il. Pour éviter la confusion entre décroissance et récession, "il faudrait sans doute utiliser un terme comme celui d''acroissance', avec [un] 'a-' privatif", plaide Serge Latouche dans La Décroissance (Que sais-je ?, 2019).

La critique de la mise en œuvre. Les solutions avancées par les décroissants sont variées mais rarement présentées sous la forme d'un système cohérent qui permet d'envisager sa mise en œuvre concrète, notent plusieurs analystes, y compris parmi les adeptes de la décroissance. Quel système politique adopter pour la prise de décision en commun ? Jusqu'à quel point la production mondiale doit-elle décroître, et avec quelle population ? Comment concilier réduction du temps de travail et besoin accru de main-d'œuvre lié à une plus faible utilisation de la technologie ? "Tout le monde tâtonne là-dessus depuis dix ans et on n'a pas encore la réponse. Le design d'une société compatible avec la durabilité de la Terre est quelque chose qu'on doit encore créer et qu'on n'a pas devant nous", reconnaît Dominique Bourg.

Je n'ai pas eu le temps de tout lire, vous me faites un résumé ?

La décroissance est un courant de pensée issu de la critique de la technique et de la prise de conscience de l'urgence climatique, qui a connu son heure de gloire en France durant les années 2000. Selon ses partisans, la recherche de la croissance économique à tout prix est inutile et dangereuse, puisqu'elle ne permet ni le plein emploi, ni la réduction des inégalités et accroît les dérèglements climatiques. La décroissance est notamment défendue aujourd'hui par la candidate à la primaire écologiste Delphine Batho, mais irrigue toute une partie de la gauche – et même certains mouvements catholiques et d'extrême droite. Ses opposants estiment au contraire qu'il faut lui préférer la "croissance verte", sans renoncer au progrès technique comme moyen de surmonter la crise climatique.


vendredi 8 octobre 2021

Rep Le prix Nobel de littérature 2021 remis à A. Gurnah, blogiblag (source France Info) le 07/10/21

 Le prix Nobel de littérature Abdulrazak Gurnah appelle à changer notre regard sur les réfugiés, "des gens talentueux et pleins d'énergie"

Le romancier tanzanien de 74 ans a été récompensé jeudi 7 octobre du prix Nobel de littérature "pour son traitement sans compromis et plein de compassion des effets du colonialisme et du sort du réfugié dans le fossé entre les cultures et les continents".


Le romancier Abdulrazak Gurnah, lauréat jeudi du prestigieux prix Nobel de littérature 2021 décerné jeudi 7 octobre est né à Zanzibar et vit au Royaume-Uni. Ses oeuvres explorent l'empreinte du colonialisme et de l'immigration sur l'identité.

Lui-même exilé, il a appelé jeudi l'Europe à voir les réfugiés venus d'Afrique comme une richesse, en soulignant qu'ils ne venaient pas "les mains vides".

"Beaucoup de ces gens qui viennent, viennent par nécessité, et aussi franchement parce qu'ils ont quelque chose à donner. Ils ne viennent pas les mains vides", a affirmé l'écrivain dans une interview à la Fondation Nobel, appelant à changer de regard sur "des gens talentueux et pleins d'énergie".

"Ecrire de manière aussi vraie que possible"

Dans un article du quotidien britannique The Guardian, publié en 2004, Abdulrazak Gurnah expliquait avoir commencé à écrire à l'âge de 21 ans, peu après son installation en Angleterre. Il a déclaré être "tombé" dans l'écriture, sans l'avoir prévu. "J'ai commencé à écrire avec désinvolture, dans une certaine angoisse, sans aucune idée de plan mais pressé par le désir d'en dire plus", expliquait-il.

"Je veux simplement écrire de manière aussi vraie que possible, et essayer de dire quelque chose de noble", expliquait le romancier dans une interview donnée à Francfort en 2016.

Ses trois premiers romans, Memory of Departure (1987), Pilgrims Way (1988) et Dottie (1990), évoquent l'expérience des immigrants dans la société britannique contemporaine. Son quatrième roman, Paradis (1994, traduit en français aux éditions Denoël en 1997), se déroule dans l'Afrique de l'Est coloniale pendant la Première Guerre mondiale et avait été retenu dans la sélection du Booker Prize, prix littéraire britannique.

Admiring Silence (1996) raconte l'histoire d'un jeune homme qui quitte Zanzibar et émigre en Angleterre où il se marie et devient enseignant. Un retour dans son pays natal 20 ans plus tard trouble profondément son rapport à lui-même et à son mariage.

Des oeuvres "mélancoliques"

Pour l'universitaire Luca Prono, les oeuvres de Gurnah sont "dominées par les questions de l'identité et du déplacement et comment elles sont façonnées par l'héritage du colonialisme et de l'esclavage"

"Les récits de Gurnah reposent tous sur l'impact dévastateur que la migration vers un nouveau contexte géographique et social a sur l'identité de son personnage"

Luca Prono 

sur le site du British Council

Près de la mer (2001), récompensé en 2007 par le prix littéraire RFI Témoin du monde, raconte l'histoire de Saleh Omar, un demandeur d'asile âgé vivant dans une ville balnéaire anglaise. "Enracinés dans l'histoire coloniale de l'Orient africain, bruissants de légendes swahilies, servis par une langue ensorceleuse, les récits de Gurnah naviguent entre le conte initiatique, l'exploration des douleurs de l'exil, l'introspection autobiographique et la méditation sur la condition humaine", écrivait en 2010 Abdourahman A. Waberi dans Le Monde diplomatique. Gurnah "nous offre des oeuvres mélancoliques, désenchantées et superbement incarnées", ajoutait-il, dans cette critique du livre Desertion, publié en France sous le nom Adieu Zanzibar.

Son roman le plus récent, Afterlives a été publié en 2020 et se penche sur la colonisation allemande en Afrique. "Voyager loin de chez soi offre de la distance et de la perspective, ainsi qu'un degré d'amplitude et de libération. Cela rend plus intenses les souvenirs, qui est l'arrière-pays de l'écrivain." écrivait Abdulrazak Gurnah dans le Guardian.

L'écrivain vit à Brighton, dans le sud-est de l'Angleterre et a enseigné la littérature à l'Université de Kent.


vendredi 3 septembre 2021

Réchauffement climatique : 2 millions de morts (France Info), blogiblag du 03/09/21

Réchauffement climatique : "2 millions de morts dans 11 000 catastrophes" entre 1970 et 2019, selon l'ONU

Plus de 91% des victimes vivent dans des pays en voie de développement.

Selon ce rapport, "entre 1970 et 2019, les facteurs météorologiques, hydrologiques et climatiques ont été à l'origine de 50 % de toutes les catastrophes, de 45 % de tous les décès et de 74 % de toutes les pertes économiques dont il a été rendu compte".

"Une catastrophe d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a été enregistrée en moyenne par jour au cours des 50 dernières années", pointe aussi ce rapport. Entre le début et la fin de cette période, "le nombre de catastrophes a été multiplié par cinq, sous l'effet du changement climatique et de la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes".

Entre 1970 et 2019, en moyenne, les catastrophes attribuées aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes ont entraîné "quotidiennement le décès de 115 personnes".

Le nombre de décès diminue mais il y a encore du pain sur la planche

L’Organisation météorologique mondiale note toutefois qu'entre le début des années 1970 et la fin des années 2010, le nombre de décès liés à ces catastrophes a presque été divisé par trois, "grâce à une amélioration des systèmes d'alerte précoce et de la gestion des catastrophes". 

"Il y a toutefois encore du pain sur la planche", observe l'OMM, puisque "seulement la moitié" de ses 193 membres "disposent de systèmes d'alerte précoce multi dangers et les réseaux d'observation météorologique et hydrologique souffrent de brèches en Afrique, dans certaines zones d'Amérique latine et dans les États insulaires du Pacifique et des Caraïbes".

Renforcer les systèmes d'alerte précoce

Face à cela, l'organisme préconise de "renforcer les mécanismes de financement de la lutte contre les catastrophes à l'échelle nationale comme internationale, en particulier dans les pays les moins avancés et les petits États et territoires insulaires en développement".

Quant au coût économique de ces catastrophes attribuées aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes "au cours de cette période de 50 ans", il se chiffre "en moyenne à 202 millions de dollars par jour", soit plus de 171 millions d'euros. Des "pertes économiques" qui "ont été multipliées par sept entre les années 1970 et les années 2010", estime l'organisme. D'ailleurs, "elles augmentent à mesure que l’exposition à ces phénomènes s’intensifie", souligne Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM.