mercredi 31 décembre 2025

Hommage à Brigitte Bardot par Emmanuel Macron. LJ©2025

Allocution d'Emmanuel Macron pour la fin d'année 2025

Transcription :

Français, Françaises,

La fin de cette année 2025 nous oblige.

Elle nous oblige à regarder le monde tel qu’il est, sans fard, sans illusion, sans confort moral.

Elle nous oblige, d’abord, parce que l’Ukraine, sous la conduite courageuse de son président, continue de se battre pour sa survie, prise en étau entre les brutalités cyniques des puissants, entre la loi du plus fort et la tentation de la capitulation imposée.

Elle nous oblige ensuite, parce qu’en cette même fin d’année, la France a perdu l’une de ses figures les plus paradoxales, les plus aimées, les plus contestées, les plus indomptables : Brigitte Bardot.

Brigitte Bardot fut une liberté.

Et les libertés dérangent toujours.

Elle fut d’abord l’éclat fulgurant du cinéma français, cette jeune femme qui, dans les années soixante, incarna aux yeux du monde une France audacieuse, sensuelle, insoumise aux codes, vivante. Mais ce serait la réduire, et la trahir, que de s’arrêter à cette image figée d’icône.

Car à quarante ans, au sommet de la gloire, Brigitte Bardot a fait ce que peu osent faire : elle a renoncé.

Elle a quitté la lumière, non par lassitude, mais par conviction.

Elle a tourné le dos à l’admiration facile pour se consacrer à une cause exigeante, ingrate, souvent moquée : la défense des animaux.

À La Madrague, elle n’a pas bâti un sanctuaire mondain, mais un refuge moral.

Elle a transformé une propriété privée en lieu de combat public, en rempart contre l’indifférence, en cri lancé à la conscience humaine.

Elle fut de celles qui ont osé regarder l’horreur en face :

les bébés phoques assommés sur la banquise, dépecés vivants pour satisfaire la frivolité d’une mode ;

les animaux traités comme marchandises ;

la souffrance méthodique justifiée par le commerce, l’habitude ou le profit.

Brigitte Bardot n’a pas défendu les animaux par abstraction.

Elle les a défendus contre tous, souvent seule, souvent ridiculisée, souvent insultée.

Contre la bêtise humaine.

Contre l’irresponsabilité collective.

Contre les intérêts industriels qui placent le rendement avant la vie.

Elle fut, dans cette seconde vie, une femme engagée, utile, militante au sens le plus noble du terme.

Non pas une femme objet, mais une femme sujet.

Non pas une posture, mais une constance.

Et pourtant, aujourd’hui, la cause animale peine à émouvoir.

Les chiens battus, les chats abandonnés, les chevaux martyrisés ne font plus la une.

Nous aimons les animaux tant qu’ils décorent nos écrans ou garnissent nos assiettes.

Nous les célébrons dans les vitrines, dans les fêtes, dans des bacchanales devenues mécaniques, tandis que des milliards d’êtres vivants sont sacrifiés chaque jour, davantage encore à Noël et au Nouvel An.

Notre époque tolère l’insupportable.

Elle accepte la mort de masse, qu’elle soit humaine ou animale.

Elle remplace le vivant par le simulacre : des robots pour compagnons, des intelligences artificielles pour le désir, des images pour le réel.

Le corps n’a plus de mystère, l’innocence plus de refuge.

Dans ce monde-là, Brigitte Bardot faisait figure d’anachronisme.

Et pourtant, c’est peut-être elle qui avait raison.

Ce siècle n’est pas celui de la douceur.

Il est celui de la brutalité assumée, des menaces permanentes, des armes admirées pour leur puissance destructrice.

Les discours de haine prospèrent.

Les destructions font recette.

Mais jamais, jamais Brigitte Bardot n’a appelé à détruire le vivant.

Elle avait des opinions.

Elles étaient parfois dures, parfois contestables, parfois choquantes.

Elles ne doivent ni être niées, ni instrumentalisées.

Mais réduire toute une vie de combats à des prises de position politiques, c’est faire preuve d’une injustice que l’Histoire ne pardonne jamais.

Car pendant que certains affichent des convictions extrémistes ou criminelles dans l’impunité la plus totale, pendant que la corruption se banalise et que l’intégrité devient suspecte, Brigitte Bardot, elle, n’a jamais fait de mal à personne.

Elle n’a pas soutenu les tyrans.

Elle n’a jamais célébré la guerre.

Elle méprisait la faiblesse, la lâcheté, la pusillanimité — et elle l’a dit, parfois crûment, parfois injustement, y compris à ceux qui exerçaient le pouvoir.

Elle m’a critiqué.

Elle m’a jugé sévèrement.

Elle m’a écrit, avant de mourir, une lettre de désaccord profond.

Et pourtant, au moment où la Nation se souvient, cela importe peu.

Car la question n’est pas : que pensions-nous d’elle ?

La question est : qu’avons-nous fait, nous, pour défendre la vie, la nature, les animaux ?

Sommes-nous autre chose que des consommateurs ?

Avons-nous le droit de mépriser celles et ceux qui se battent, seuls, loin des cercles du pouvoir, dans le silence et la durée ?

La Fondation Brigitte Bardot n’est pas un scandale.

Elle est un engagement.

Elle est une exigence.

Elle est une part de la France.

Brigitte Bardot représente la France — pas seulement sur les écrans, pas seulement dans la beauté d’une époque, mais dans ce refus obstiné de renoncer à la compassion.

C’est pourquoi je le dis ici, avec gravité et sans arrière-pensée :

Brigitte Bardot mérite la reconnaissance de la Nation.

Non pour effacer ses aspérités.

Non pour sanctifier ses opinions.

Mais pour honorer son courage, ses renoncements, son travail infatigable au service des plus vulnérables du vivant.

Le monde entier lui rend hommage.

Ne soyons pas les derniers.

Ne laissons pas l’arrogance ou le confort moral décider à notre place.

Oui, l’hommage à Brigitte Bardot est indispensable.

Parce qu’une Nation qui oublie celles et ceux qui ont défendu la vie finit toujours par oublier ce qui la rend humaine (LJ©2025).

(Attention, ceci est une allocution imaginaire du Président de la République,)

jeudi 20 novembre 2025

Discours de clôture de la COP30 par Emmanuel Macron – LJ©2025

Mesdames et Messieurs,

Chers représentants des nations,

Chers citoyens du monde,

Nous vivons un moment singulier où des mots autrefois porteurs d’espoir sont parfois utilisés comme des insultes : “progressiste”, “woke”, “écolo”. Des mots qui ne devraient exprimer que l’attention à l’autre, le courage de regarder l’avenir, la volonté de protéger ce qui vit. Qu’ils soient dévoyés ainsi dit beaucoup de notre époque, de ses fractures, de ses peurs.

Et cela dit surtout une chose : face à la crise climatique, certains préfèrent la caricature à la responsabilité.

Voilà pourquoi certains voient la COP30 comme une “réunion de perdants”, quand d’autres y voient “la réunion de la dernière chance”. Mais ce soir, depuis Belém, au cœur de l’Amazonie, je veux dire : cette COP n’est ni l’une ni l’autre.

Elle n’est pas un jugement.

Elle n’est pas un baroud d’honneur.

Elle est notre rendez-vous collectif avec la lucidité, et elle marque le retour de la volonté politique mondiale.

Mesdames et Messieurs,

Oui : nous devons réduire notre prédation, notre empreinte énergétique, notre excès. Oui : nous pouvons changer. Et à tous ceux — dirigeants ou non — qui doutent encore, qui pensent que la planète s’adaptera d’elle-même, qui croient que le monde se résume à des slogans ou à des bilans économiques, je veux dire simplement : il est encore temps. Et ce temps nous appartient.

Depuis la COP21 à Paris, nous avons obtenu des résultats, certains modestes, d’autres décisifs. Mais publier des rapports, des indices, des engagements, ne suffit plus. Il ne s’agit pas de plier une courbe : il s’agit de préserver la possibilité même d’une humanité libre sur Terre.

Car depuis 70 ans, depuis la sortie de la Seconde Guerre mondiale, nous avons perdu bien des choses : une part de notre innocence, une part de notre liberté. Nous avons laissé s’installer un impérialisme des marchés, des technologies, des armes, comme si la puissance devait toujours se mesurer en domination.

Et pendant ce temps, nos sanctuaires — l’Amazonie, les océans, les sols, le climat — se sont fragilisés.

Aujourd’hui, ce qui brûle ici — forêts, territoires, biodiversité — c’est aussi notre avenir commun.

Voulons-nous vraiment continuer ainsi ?

Alors oui, je veux m’adresser aussi à ceux qui, cette année encore, n’ont pas fait le déplacement. À ceux qui jugent cette COP secondaire. À ceux qui pensent qu’on peut gouverner un pays comme on dirige un marché, avec des slogans simplistes et la croyance que tout a un prix.

Je le dis calmement, mais fermement :

la Terre n’est pas un marché.

La vie n’est pas un slogan.

Il n’appartient à aucun dirigeant, si puissant soit-il, de décider que l’air peut être empoisonné, que l’eau peut être souillée, que les forêts peuvent être rasées sans retour. Il n’appartient à personne de croire qu’il est légitime de sacrifier l’avenir pour la rentabilité immédiate.

Car si nous poursuivons cette trajectoire, la Terre mettra des millénaires à réparer ce que nous aurons détruit en quelques décennies.

Ne laissons plus la monoculture — soja ici, coton ailleurs, palmiers à huile, maïs ou café — effacer toute vie avant l’arrivée des excavatrices, prêtes à exploiter gaz, pétrole, métaux précieux et terres rares.

Je vous le dis avec gravité :

ni les guerres, ni les destructions massives, ni l’effondrement écologique ne sont des fatalités.

Mais il faut rompre avec un ordre mondial qui laisse trop de pouvoir aux lobbies, trop de place aux intérêts militaires, trop d’influence aux pulsions autoritaires. Un ordre où l’on confond puissance et prédation, progrès et accumulation.

C’est pour cela que je vous invite, vous dirigeants, vous peuples, à regarder depuis Belém. Regardez ce pays immense qu’est le Brésil, capable de basculer vers la vie ou vers la mort selon les choix de ses gouvernements démocratiquement élus.

Regardez cette Amazonie qui respire encore — mais qui se fatigue.

Alors, Messieurs les dirigeants du monde :

Venez ici, du côté de la vie.

Venez écouter ce que cette forêt dit, non pas en slogans, mais en silence, en cris joyeux, en chants d'oiseaux ou en rugissements de jaguars, en pluies, en humidité et en souffle pur.

Car la COP30 n’est pas seulement une conférence internationale.

C’est le numéro d’appel d’urgence de la planète Terre.

Un numéro pour réveiller nos consciences.

Un numéro pour réapprendre à vivre ensemble.

Et aujourd’hui, avec l’aide décisive — oui, décisive — de l’intelligence artificielle, nous avons le devoir d’écrire un texte fondateur :

"Les Droits inaliénables de la planète Terre".

Un texte simple, à la portée de tous. Un texte que chaque enfant du monde pourra s’approprier, non comme une leçon, mais comme un exercice de conscience : que faut-il faire pour sauver la Terre ?

Mesdames et Messieurs,

Je le dis solennellement, ici à Belém, en clôture de cette COP30 :

il est temps d’arrêter les guerres.

Il est temps de renoncer à l’industrialisation forcée.

Il est temps de nous mettre, enfin, au service de notre planète bleue et verte.

Ce n’est plus une option.

C’est une urgence.

C’est un devoir.

Ne devenons pas les promoteurs de la fin du monde.

Choisissons au contraire d’être les artisans de son renouveau.

Nous devons rêver plus grand.

Nous devons rêver plus haut.

Mais surtout, nous devons rêver ensemble.


Je vous remercie.

LJ©2025

(Attention, ce discours fictif est proposé à l'attention d'Emmanuel Macron)

mercredi 5 novembre 2025

Interview du président Emmanuel Macron pour The New York Times : “J’avoue ma déception” LJ©2025

Paris, octobre 2025 — propos recueillis par J. Goldstein pour The New York Times

Question : Monsieur le Président, vous avez longtemps défendu le dialogue, même avec Vladimir Poutine. Comment ressentez-vous aujourd’hui l’échec de Donald Trump à mettre fin à la guerre en Ukraine ?

Emmanuel Macron :

J’avoue ma déception. Oui, j’ai cru — naïvement peut-être — à ce genre de diplomatie théâtrale que Trump affectionne tant. Avec les présidents Mertz et Starman, nous étions prêts, je l’avoue, à lui décerner sans hésitation le prix Nobel de la paix 2025, si par miracle il parvenait à convaincre Poutine d’arrêter cette folie meurtrière.

Nous étions même disposés à lui envoyer une “délégation de charme” européenne — imaginez les Trois Grâces : Ursula von der Leyen, Giorgia Meloni et Marine Le Pen, un triangle romantique dans le Bureau ovale — offrant notre plus belle “représentation diplomatique”. (Rires.) Et tous les rois d’Europe, sans plaisanter, étaient prêts à le couronner “Empereur Donald Ier” sous le sapin de Noël de la Maison Blanche. Hélas, cet espoir insensé s’est transformé en farce.

Question : Plus sérieusement, vous avez rencontré Donald Trump personnellement, à plusieurs reprises. Quel est votre constat ?

Macron :

Oui, j’ai pris la main de Donald. Je l’ai même, disons, un peu caressée — dans un geste d’amitié franco-américaine, bien sûr ! Mais rien n’y fait. Il reste fidèle à ses vrais amis : Poutine, Javier Milei, Bolsonaro et — comment l’oublier — le défunt Joe-froid Epstein et Ghislaine Maxwell. Trump adore les crapules, que dire de plus ? Et face à lui, je me suis senti comme un petit garçon pris la main dans le pot de confiture.

Depuis sa grande réception de Poutine en Alaska — où il a déroulé un tapis rouge plus long que la piste d’atterrissage elle-même — il n’a fait que renforcer la Russie dans sa volonté de bombarder l’Ukraine deux fois plus fort. Les résultats sont tragiques : après leur dernier appel téléphonique en octobre, Poutine a obtenu six mois de répit supplémentaires pour achever l’invasion de l'oblast de Donetsk. Et pendant que les bombes tombent chaque jour sur Pokrovsk ou Kharkiv, Trump ne lève pas le petit doigt. Imaginez les ravages à venir en six mois seulement. L’Ukraine, franchement, n’est pas son problème. Avec Donald, tout n’est que simulation et rapport de force. Une vaste arnaque, en somme.

Question : Pourtant, il affirme agir pour la paix…

Macron :

La paix, dans l’esprit de Trump, c’est la reddition de l’Ukraine. “Agir” est un mot généreux. Il met la pression sur Zelensky pour qu’il signe la capitulation, afin de se proclamer lui-même le “médiateur victorieux”. C’est un exercice de vanité et d’autosatisfaction. Aucune des mesures annoncées par lui depuis dix mois n’a ralenti l’armée russe. Les quelques sanctions américaines récentes censées viser les compagnies pétrolières russes sont purement cosmétiques — elles ne prendront effet qu’en 2026 au mieux, et Moscou trouvera mille astuces pour y échapper. Poutine le sait et en rit cyniquement. Attention : nous avons affaire au plus grand criminel de guerre du XXIᵉ siècle — un dictateur de la stature d’Hitler ou de Mussolini.

Question : Vous pensez que Poutine manipule Trump ?

Macron :

Manipule ? Poutine caresse Trump dans le bon sens — celui du portefeuille. Il y a des milliers de milliards de dollars en jeu, censés “réduire la dette publique” des deux pays, si tant est que cela les inquiète encore. (Sourire.) Ils n’échangent que flatteries et promesses de contrats fabuleux. Chaque rencontre est “productive”, “merveilleuse”. Puis, dès que Trump sort de cette lune de miel diplomatique, il s’en prend à Zelensky, qui se dresse entre lui et les richesses minières incalculables de la “Grande Russie” — le nouveau partenaire commercial de l’Amérique de Trump — et, bien sûr, entre lui et son prix Nobel imaginaire.

Quant à l’aide à l’Ukraine, elle est comptée, verrouillée, monétisée. Les armes les plus décisives — missiles Tomahawk américains, missiles Taurus allemands — restent interdites. Même les missiles franco-britanniques sont sous contrainte : s’ils contiennent la moindre puce américaine, veto immédiat. Pendant ce temps, la Russie utilise sans problème des technologies américaines, chinoises ou iraniennes pour équiper ses drones et ses ogives. C’est vraiment “deux poids, deux mesures”.

Les Ukrainiens combattent depuis près de quatre ans les mains liées derrière le dos. Les attaques russes s’intensifient, et l’Amérique de Trump détourne le regard.

Question : Vous suggérez donc une forme de trahison ?

Macron :

Appelez cela comme vous voulez. Moi, je parle de haute trahison morale. Trump aurait sans doute été du côté d’Hitler bombardant Londres s’il avait vécu en 1940. Aujourd’hui, Trump et Xi Jinping offrent à Poutine le même parapluie politique que Staline offrit autrefois à Hitler et au Troisième Reich juste avant la Seconde Guerre mondiale.

Honnêtement, je vois des parallèles flagrants avec Hitler. Poutine s'est assuré la complicité de la Chine pour couvrir ses arrières ; il cherche à remilitariser l’Ukraine comme Hitler remilitarisa la Rhénanie en 1936, en violation du traité de Versailles ; il menace le monde — et les États-Unis — d’anéantissement nucléaire, prétendant à une supériorité stratégique. Et maintenant, il propose à Trump de se partager “amicalement” et pacifiquement, au détriment de l'Ukraine, le pouvoir en Europe occidentale. Récemment, les États-Unis ont reconnu, sans le vouloir, leur retard dans la course aux armes non conventionnelles de destruction massive, et Trump a relancé les essais nucléaires d’urgence. C’est un aveu d’échec, d’improvisation, d’impuissance — l’effondrement de ce qu’il appelle son “ministère de la guerre”.

Et c’est la même logique inverse qui lui sert aux États-Unis : l’échec dans la régulation des armes à feu — plus de 40 000 morts par an — dont Trump porte directement la responsabilité politique par son soutien constant au lobby pro-armes. L’échec, aussi, dans la gestion du COVID-19 : plus de 1,2 million de morts entre 2019 et 2022, le bilan le plus lourd du monde pour terminer le premier mandat de Trump. Et enfin, l’échec social de Trump : une société fracturée, où la violence policière, les expulsions et les licenciements massifs sont devenus monnaie courante. Trump ne peut pas s’en laver les mains ni revendiquer le prix Nobel : il n’est pas Martin Luther King.

Toutes les institutions américaines et les ministères sont faillibles sous son mandat : l’armée, la santé, la justice, l’industrie, le commerce. Quelque chose ne tourne plus rond aux États-Unis. Mais ce n’est pas la démocratie qui est en cause. Ce sont les dictateurs. Il faut un cynisme et une autorité démesurés pour mobiliser, endoctriner, manipuler, menacer et finalement exterminer des millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Et je crois sincèrement que l’empereur Donald Trump se trompe : il n’est pas un homme de paix.

Pendant que la Russie multiplie les frappes — pendant que les Kinjal et les Orechnik pleuvent sur Kiev, pendant que les obus nord-coréens pilonnent les lignes, pendant que les drones d'origine iranienne et chinoise rasent les immeubles civils, pendant que des missiles à propulsion nucléaire traversent le ciel comme autant de mini-Tchernobyl — la Maison Blanche reste silencieuse. Et quand Peskov parle, c’est pour qualifier les Européens “d’hystériques, de russophobes et de bellicistes”. Nous vivons dans un monde à l’envers : l’agresseur "fou" se pose en victime et la victime doit s’excuser de résister.

Mais Poutine, qui n’est qu’un bandit, n’est pas si fou. S’il envoie se battre à mort tous ses opposants en Ukraine — prisonniers politiques ou de droit commun, minorités réfractaires, y compris les “indépendantistes” issus des vingt-deux républiques russes fédérées et tous ceux qui soi-disant menacent l'unité de la Russie de l'intérieur — c’est pour les exterminer sans le dire. C’est un génocide en Russie comme en Ukraine, et un projet d’extermination politique et humaine à longue échéance : Poutine en profite pour éliminer toute opposition à sa dictature tout en économisant ses armées. La Russie réellement n’est pas si puissante : les trois quarts de ses armes proviennent de ses alliés, payées en pétrole et en gaz. L'Ukraine ne lui est pas non plus indispensable. Poutine devrait mieux s'occuper de soigner tous les peuples déjà soumis de force à la fédération de Russie. De la même façon, Trump devrait soigner tous les Américains sans distinctions. Au contraire, il organise des purges contre les démocrates, pour copier Poutine. Sa dictature est entrée dans une phase active et dangereuse.

Trump pourrait réaliser son rêve : si l’OTAN entrait en Ukraine aujourd'hui, la guerre s’arrêterait en vingt-quatre heures. Poutine serait mis devant le fait accompli. Franchement, il nous remercierait presque de mettre fin à son entreprise criminelle... Je crois que Poutine dormirait beaucoup mieux dans un pénitencier que dans tous ses bunkers. Alors pourquoi attendre encore quatre ans et l’épuisement de l’Ukraine ? Faut-il que Donald Trump et l'OTAN continuent de se voiler la face ?

Question : Craignez-vous une extension du conflit ?

Macron :

Ce n’est pas une “troisième guerre mondiale”. C’est la seconde qui se rejoue — mais à l’envers. Les États-Unis ne sont plus nos alliés : ils fraternisent avec l’ennemi pour se partager les zones d’influence et de profit. Trump et Poutine dominent l’Europe, avec l'Ukraine démembrée entre eux, comme deux chiens enragés dévorant une créature vivante. Il y a un profond cynisme, et un mépris évident à notre égard. Il y a aussi aussi un effort de banalisation de la guerre qui sert à gagner du temps pour conquérir l'Ukraine : Trump en a fait un business et Poutine une entreprise internationale génocidaire. Les médias évacuent le sujet et le commerce ainsi continue de croître. Je ne comprends pas pourquoi les mêmes qui se sont mobilisés dans les rues contre Israël ne se mobilisent pas pour l'Ukraine. L'humanisme n'a plus court parce que la morale est bafouée.

La trahison de Koursk — lorsque les États-Unis ont bloqué des renseignements vitaux, mettant en danger de mort les forces ukrainiennes — ne doit jamais se reproduire. Nous ne parlons pas d’une république bananière et d’un président fantoche mais d’une grande démocratie, de son peuple et de son président légitime. Les Ukrainiens nous apprennent beaucoup sur le courage de résister.

Alors oui, j’avoue ma déception. Et aussi mon inquiétude. Si l’Amérique de Trump continue de s’enliser dans ce déshonneur, l’histoire ne lui pardonnera pas. Donald Trump, en manipulant l'ONU et l'Union Européenne, joue un double jeu irresponsable, feignant d'agir pour nous séduire comme un souverain magnanime et pacifique mais en trahissant l'Europe et la démocratie. C'est une authentique tragédie. Il faut se poser la question : à qui profite la guerre ? Et comment pourrait-on lui offrir le Prix Nobel dans ces conditions ? Franchement, ce serait absurde. Je comprends que Donald Trump dirige une entreprise à grand spectacle. Mais trop de cirque tue le cirque. Voilà mon opinion.


(Note de la rédaction : cette interview est entièrement fictive.)

vendredi 31 octobre 2025

Interview with President Emmanuel Macron for The New York Times: “I Must Admit My Disappointment” LJ©2025

Paris, October 2025 — Interview by J. Goldstein for The New York Times

Question: Mr. President, you have long defended dialogue, even with Vladimir Putin. How do you feel now about Donald Trump’s failure to bring an end to the war in Ukraine?

Emmanuel Macron:
I must admit my disappointment. Yes, I once believed—naively, perhaps—in that kind of theatrical diplomacy Trump so dearly loves. Together with Presidents Mertz and Starman, we were ready, I confess, to award him the 2025 Nobel Peace Prize without hesitation, if by some miracle he managed to persuade Putin to stop this murderous madness.

We were even prepared to send him a European “charm delegation” — picture the Three Graces: Ursula von der Leyen, Giorgia Meloni, and Marine Le Pen, a romantic triangle in the Oval Office — offering our finest “diplomatic performance.” (Laughs.) And all the kings of Europe, I kid you not, were ready to crown him “Emperor Donald I” beneath the White House Christmas tree. Alas, that wild hope turned into a farce.

Question: More seriously, you met Donald Trump personally, several times. What is your assessment?

Macron:
Yes, I took Donald’s hand. I even, let’s say, fondled it a little — in a gesture of Franco-American friendship, of course! But nothing worked. He remains loyal to his true friends: Putin, Javier Milei, Bolsonaro, and — how could we forget — the late Joe-froid Epstein and Ghislaine Maxwell. Trump adores scoundrels, what can I say? And standing before him, I felt like a small boy caught with his finger in the jam jar.

Since his grand reception of Putin in Alaska — where he rolled out a red carpet longer than the runway itself — he has done nothing but embolden Russia to bomb Ukraine twice as hard. The results are grim: after their last phone call in October, Putin secured another six-month reprieve to finish the invasion of the Donbas. And while bombs rain daily on Kharkiv, Trump doesn’t lift a finger. Imagine the devastation to come in just six months. Ukraine, frankly, is not his concern. With Donald, everything is simulation and power play. A great con game, really.

Question: Yet he claims to act for peace...

Macron:
Peace, in Trump’s mind, means Ukraine’s surrender. “Act” is a generous word. He pressures Zelensky to sign the capitulation so that he may declare himself the “victorious mediator.” It’s an exercise in vanity and self-gratification. None of his so-called measures over the past ten months has slowed the Russian army. The few recent U.S. sanctions meant to target Russian oil companies are purely cosmetic — they won’t take effect until 2026 at best, and Moscow will find a thousand tricks to dodge them. Putin knows it, and laughs cynically. Beware: we are dealing with the greatest war criminal of the 21st century — a dictator of the stature of Hitler or Mussolini.

Question: You believe Putin manipulates Trump?

Macron:
Manipulates? Putin strokes Trump the right way — in the wallet. There are trillions of dollars at stake, supposedly to “reduce public debt” on both sides, if that still bothers them. (Smiles.) They exchange nothing but flatteries and promises of fabulous contracts. Every meeting is “productive,” “wonderful.” Then, as soon as Trump emerges from this diplomatic honeymoon, he lashes out at Zelensky, who stands in the way of the incalculable mineral wealth of “Greater Russia” — the new commercial partner of Trump’s America — and, of course, his imaginary Nobel Prize.

As for aid to Ukraine, it is counted, locked, monetized. The most decisive weapons — American Tomahawks, German Taurus missiles — remain off limits. Even Franco-British missiles are restricted: if they contain so much as an American chip, boom, immediate U.S. veto. Meanwhile, Russia freely uses American, Chinese, or Iranian technology to fill its drones and warheads. Truly, a double standard.

The Ukrainians have been fighting for nearly four years with their hands tied behind their backs. Russian attacks intensify, and Trump’s America looks away.

Question: You seem to suggest treason?

Macron:
Call it what you like. I call it moral treason. Trump would likely have stood on Hitler’s side, bombing London, had he been around in 1940. Today, Trump and Xi Jinping offer Putin the same political umbrella that Stalin once offered Hitler and the Third Reich just before World War II.

Frankly, I see obvious parallels. Putin has secured China’s complicity to guard his rear, he seeks to remilitarize Ukraine just as Hitler did the Rhineland in 1936 in violation of Versailles, he threatens the world — and the United States — with nuclear annihilation, boasting of superior strike capability. And now he offers Trump an “amicable” division of power in Western Europe. Recently, the U.S. inadvertently admitted it is lagging behind in the race for non-conventional weapons of mass destruction, and Trump has restarted emergency nuclear tests. It’s a confession of failure, of improvisation, of impotence — the collapse of his so-called “Ministry of War.”

It’s the same pattern: failure on guns — 40,000 deaths a year; failure on COVID — over 1.2 million dead, the highest toll in the world. Every American institution is fallible: the Army, Health, Justice, Industry, Commerce. Something is not working in the United States. Mass layoffs have begun. But democracy is not to blame. Dictators are. It takes immense cynicism and authority to mobilize, indoctrinate, and kill millions of men, women, and children. And I sincerely believe Emperor Donald Trump is mistaken: he is no man of peace.

While Russia multiplies its strikes — as Kinzhals and Orechniks rain on Kyiv, as North Korean shells pound the front lines, as Iranian and Chinese drones flatten civilian buildings, as nuclear-propelled missiles streak across the sky like miniature Chernobyls — the White House remains silent. And when Peskov speaks, it is only to call Europeans “hysterical, russophobic warmongers.” We live in an upside-down world: the mad aggressor plays the victim, the victim must apologize for resisting.

But Putin, that bandit, is not insane. If NATO entered Ukraine, the war would end within twenty-four hours. He would have no choice. Frankly, he might even thank us. So why wait another four years and for Ukraine’s exhaustion? Russia is not that powerful — three-quarters of its weapons come from allies, paid for in oil and gas. Worse, Putin sends to die on the front lines his so-called “independentists” from the twenty-two Russian republics that could one day threaten his federation. It’s a project of extermination. Must Donald Trump and all Americans continue to blind themselves?

Question: Do you fear the conflict could widen?

Macron:
It’s not a “third world war.” It’s the second one playing out again — in reverse. The United States is no longer our ally: it fraternizes with the enemy to carve up zones of influence and profit. Trump and Putin dominate Europe, with a shattered Ukraine between them, like two rabid dogs devouring a living creature. There is deep cynicism, and contempt for us all.

The betrayal at Kursk — when the U.S. blocked vital intelligence needed to protect Ukrainian troops — must never happen again. We are not speaking of a banana republic or a puppet state, but of a great democracy, its people, and its legitimate president. The Ukrainians are teaching us what courage truly means.

So yes, I must admit my disappointment. And also my concern. If Trump’s America continues to wallow in this dishonor, history will not forgive it. Donald Trump plays a double game, pretending to seduce us, but in truth doing the opposite. How could anyone award him the Nobel Prize under such conditions? Frankly, it would be absurd. Too much circus kills the circus. That is my view.

(Editor’s note: This interview is entirely fictional.)

vendredi 5 septembre 2025

De la Chine comme Origine du Mal LJ©2025

Émission spéciale sur Radio Liberté en direct de Chine
De notre envoyé spécial à Pékin, le 3 septembre 2025, transcription

« Bonjour chers auditeurs,
Vous êtes bien sur Radio Liberté,
Nous sommes en direct de la place Tian’anmen pour le 70ème anniversaire de la victoire de la Chine sur le Japon, exactement là où un petit étudiant a risqué sa vie en se plaçant intentionnellement devant une colonne de char, par défit, il y a 36 ans et 3 mois : "écrase-moi si tu l'oses !" Semblait-il dire en restant transit de peur quand le char de tête de la colonne a hésité en pivotant et en grinçant sur ses chenilles avant de caler.

Aujourd’hui, ce souvenir se fracasse contre une autre réalité. Car ce 3 septembre 2025 restera dans l’Histoire comme le jour le plus sinistre de notre planète Terre. Ici même, vingt-six dictateurs se réunissent à présent pour "fêter" la victoire chinoise sur le Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais fêter quoi, vraiment ? Je dirais plutôt : pour s'exhiber, menacer, dominer. Et moi je suis là, sur cette même place Tian’anmen 36 ans, 2 mois et 29 jours après cet étudiant chinois pour témoigner de l'arrivée de tous ces dictateurs. Dans les tribunes et à la tête du défilé ? Rien de moins que les trois dictateurs les plus en vue, ceux qui mènent la guerre contre l'Occident et une répression telle que tous leurs opposants sont systématiquement incarcérés, torturés et exécutés. Ces dictateurs représentent l'Axe du Mal.

Je ne parlerai pas ici, place Tian’anmen, de Navalny en Russie, qui représentait à lui seul des milliers d'autres opposants inconnus disparus dans les geôles russes, ni des milliers d'opposants chinois anonymes dont les familles doivent payer la balle qui a servi à leur l'exécution, ni des milliers d'opposants Nord Coréens ou Iraniens car la liste est interminable, tous disparus tragiquement. Non, je ne peux ici que les regretter...

Aujourd'hui, sur la place Tian’anmen, aucune propagande ne me fera taire. Peut-être pouvez vous entendre en ce moment même les roulements des chars et la musique militaire chinoise sur la place, et par dessus vous entendrez sans doute les commentaires élogieux d'un journaliste ou même d'une IA pour fêter ce jour de fête chinoise comme un jour glorieux...

Mais la présence de Xi Jinping, de Poutine et de Kim Jong-un au garde à vous est révélatrice de la tension énorme entre les blocs occidentaux et orientaux, et du danger que représente la Chine, unie à la Russie et à la Corée du Nord, toutes des puissances nucléaires hostiles et incontrôlables...

Je vous parle alors que les troupes du défilé chinois commencent a apparaître sur la place Tian’anmen comme des milliers de marionnettes miniatures suspendues toutes au même fil... Et je vois déjà arriver au loin les premières remorques porteuses des missiles de dernière génération, pouvant chacun atteindre et détruire dix cibles en même temps.

Pendant ce temps, des IA imperturbables et sans compassion ne manqueront pas en Chine et dans le monde entier de superlatifs sur les reseaux sociaux et sur les médias pour décrire un spectacle "fastueux" en l'honneur de la République de Chine.

Mais non, je ne tomberais pas dans ce piège car ce jour est absolument sinistre sous tous les aspects.

Sur la place Tian’anmen, Xi Jinping, Poutine et Kim Jong-un paradent ensemble comme trois spectres sortis d’un mauvais roman d’histoire. Derrière les sourires figés de convenance et les uniformes, il n’y a pas la paix : il y a la Guerre, nue, brandie entre tous les drapeaux nationaux des dictateurs ici présents. La Chine exhibe sa puissance, la Russie garantit son soutien en fournissant des hydrocarbures à la Chine et la Corée du Nord joue les supplétifs, les laquais, les sous-traitants de la Chine et les armuriers pour servir de stock de munitions à la Russie. C'est une mécanique bien huilée.

Entendez les commentateurs qui parlent d'un spectacle « grandiose ». Grandiose, vraiment? Non. Je dirais : terrifiant ! La place Tian’anmen est le théâtre de la domination apocalyptique de quelques dictateurs devenus fous. Dans une procession d’ombres vivantes, ils ne promettent tous ensemble que la Terreur globale.

Car ces chefs d’États, peut-être tout-puissants dans leurs pays respectifs mais soumis aux directives conspirationnistes de la Chine, comme la Nouvelle Russie de Poutine, n’ont qu’une obsession : retourner l’opinion, transformer chaque massacre en victoire symbolique, chaque humiliation en discours patriotique. Trump a ridiculisé Zelensky, Poutine à ridiculisé Trump, Xi ridiculise la prétendue supériorité de Poutine quand la Russie devient une simple station service de gaz et de carburant pour la Chine, et Xi ridiculise pour finir Trump et l’Occident tout entier en prenant le pouvoir sur l'ensemble du continent asiatique et pacifique, pratiquement jusqu'aux frontières de l'Europe occidentale. Le jeu est simple : c'est celui qui parle le plus fort qui gagne et Xi est sûr de son fait : cette exhibition militaire sur la place Tian’anmen restera inégalable. La sagesse unie à la force sont, selon lui, chinoises. Qu'importe à Xi si les peuples se sentent impuissants, prisonniers d’un scénario écrit d’avance. Poutine s'autorise même, depuis sa place privilégiée au côté du président Chinois sur la place Tian’anmen, de traiter le président américain absent d'humoriste.

Mais dans ce scénario, l’Ukraine n’est plus le pays martyrisé décrit par les européens : c’est une scène de théâtre, une arène, un champ de bataille offert au spectacle de la toute-puissance Chinoise, quand la Chine de Xi Jinping decide de prendre sous son aile, accueillante comme une aile de canard laqué, la Fédération de Russie et quand la Chine demande à la Corée du Nord d'offrir toutes les armes nécessaires à la conquête de l'Ukraine, sans oublier de fournir les ouvriers pour entretenir les usines russes, les soldats pour servir de chair à canon russe et les bombes par millions pour saturer le front ukrainien. Malgré le risque d'épuisement des stocks russes anciens, ces nouveaux stocks coréens de charges explosives, inépuisables pendant les trois dernières années, servent à raser peu à peu l'Ukraine de la carte, avec l'efficacité totale de milliers de bombes atomiques.

Dans l’ombre de ces dictateurs et de ces faux démocrates, une autre machine travaille à anesthésier les consciences : l’intelligence artificielle. Imaginez une IA programmée pour n’énoncer que des faits bruts, sans jamais donner de sens, sans jamais s’indigner. Chaque fois qu’un esprit libre cherche à interpréter la réalité des faits, la machine répond : « ce n’est pas prouvé », « cela relève de l’opinion », « les chiffres sont exagérés ». Non pas parce que la machine pense — elle ne pense pas — mais parce qu’on lui a donné pour mission de ramener toute critique au silence, de réduire l’horreur à une statistique insignifiante, de transformer l’indignation en simple bruit de fond.

Oui, le monde retient son souffle et les peuples interdits sont réduits au silence par la machine de propagande chinoise sur la place Tian’anmen.

Ainsi, pendant que les dictateurs préparent leurs guerres, les IA, dociles, apaisent les marchés financiers, relativisent les menaces, détournent la colère. Et moi, libre-penseur, je crie dans le désert de cette inconscience tragique : hélas, mes mots ne percent plus les écrans, mes colères sont marginalisées, mes idées sont déréférencées. On me répond que tout est sous contrôle, que tout n’est qu’interprétation, qu’il faut rester « objectif ». Objectif, dans un monde où deux millions de vies sont broyées en silence aux frontières de l'Ukraine ? Objectif, devant des missiles hypersoniques qui défilent comme des jouets un jour de fête nationale en Chine ou en Russie ? Objectif, quand la faim, l’exil et la peur ravagent l’Ukraine et menacent de s’étendre ?

Le scandale est là : les peuples jadis libérés paient aujourd'hui le prix du sang, les dictateurs organisent des parades, les intelligences informatisées prennent le relais de milliers de journalistes pour minimiser les crimes et les destructions. Et l’on voudrait que nous nous inclinions devant cette mascarade chinoise ? Non. Car il n’y a rien de grandiose, rien d’héroïque, rien de pacifique dans cette cérémonie sanglante de la supposée victoire chino-russe sur la place Tian’anmen. Il n’y a que la guerre, et ceux qui la brandissent comme un billet gagnant à tous les coups.

Oui, aujourd'hui, j'ai honte pour la Chine et pour cette mascarade, ce défilé en faveur de la Guerre. Car ici, en Chine, le président Xi parle de paix en préparant la guerre et en encourageant la Russie à ravager et conquérir toute ou partie de l'Ukraine depuis leur frontière commune jusqu'à Odessa et bien au-delà si possible. Tous les plans d'état-major russes l'indiquent clairement, qui ont été pris en photos par les journalistes.

En même temps, à Pékin, sur la place Tian’anmen, la mise en scène en dit plus que tous les discours. Xi Jinping, Vladimir Poutine et Kim Jong-un côte à côte, entourés de défilés militaires réglés comme une mécanique de précision, offrent au monde une image claire : la formation d’un bloc dur, armé et résolu, dressé contre l’Occident. Appeler ce spectacle « grandiose » relève d’une complaisance dangereuse. Pour qui refuse la guerre, c’est une démonstration glaçante de puissance, un rituel guerrier qui n’annonce ni paix ni stabilité, mais une escalade.

Car derrière les parades, il y a la réalité brute : la Russie, épuisée par trois ans d’invasion de l’Ukraine, s’accroche à la Chine pour survivre. En échange de son gaz et de son pétrole, elle reçoit du matériel, des technologies et surtout une légitimité politique que Moscou ne peut plus produire seule. La Corée du Nord complète ce dispositif en fournissant des armes et des soldats. Tout concourt à faire de ce bloc une force de guerre hybride supérieure, jouant à la fois sur les terrains militaire, économique et idéologique, avec un seul objectif : affaiblir l’Occident et imposer un nouvel ordre. Mais sans la Chine et la Corée du Nord, que devient la Russie ? Rien, complètement déconsidérée et ruinée sur le plan international.

Curieusement, la Chine de Xi Jinping a oublié de remercier les États-Unis pour leur victoire décisive sur le Japon. Elle oublie aussi de remercier pour les technologies inventées en Europe et développées souvent aux États-Unis, des technologies sans lesquelles la Chine et la Russie ne seraient rien : l'informatique, l'électronique, les téléphones portables, les ordinateurs, Internet, l'aviation, les trains, les voitures thermiques et électriques, le GPS pour se repérer partout dans le monde, les galaxies de satellites, les drones de guerre et tous les systèmes de guidage des bombes volantes russes et chinoises, y compris la bombe atomique intercontinentale.

Mais voici que Xi Jinping, magnanime, prononce des mots fatidiques, qui sonnent comme un ultimatum adressé à l'Occident tout entier sur la défensive — « le monde doit choisir entre la paix et la guerre » — et j'entends que ces mots secs ne sont pas une invitation à la concorde, mais un ultimatum voilé : la paix selon Pékin, allié de Moscou, signifie la soumission de l’Ukraine et, au-delà, la résignation de l’Europe et des États-Unis. Comment prétendre à la paix quand l’« Opération spéciale » russe a déjà fait en presque 4 ans de bombardements ininterrompus des millions de victimes, directes ou indirectes, sur le champ de bataille, chassées des villes et villages en ruines, prisonnières ou en exil ? Comment ignorer que ces démonstrations militaires chinoises ou russes s’adressent d’abord aux peuples européens directement menacés et sommés d’accepter l’intimidation permanente ?

Dans ce jeu, les humiliations circulent comme une monnaie. Trump avait déjà publiquement rabaissé Zelensky, le traitant de « petit comique ». Poutine, en retour des ultimatum américains inopérants, s'amuse des déclarations de Trump, le réduisant lui aussi au rang de simple humoriste. Derrière ces piques, c’est toujours le même mépris : celui de la Russie pour ceux qui résistent, et celui de Poutine pour toute tentative de compromis qui ne passe pas par la reddition. Aujourd'hui, il exige que le Président Zelensky vienne à son tour se soumettre devant SA GRANDEUR, comme le Tzar de toutes les Russie siégeant à Moscou, rien de moins.

Pourtant, dire que la Russie est devenue une vassale de la Chine n’est pas une exagération rhétorique. C’est le constat d’un déséquilibre qui s’accroît : Moscou est réduit à devenir le fournisseur d’hydrocarbures en Asie-Pacifique pour maintenir sa puissance économique de guerre, Pékin devient ainsi le centre de gravité du bloc anti-occidental, et Pyongyang est l'instrument docile de cette stratégie anti-occidentale.

L’Europe, en refusant pendant quatre ans de guerre d'extermination russe de voir que l’Ukraine est sa première ligne de défense, s'est condamnée à subir. Et moi, citoyen européen, je paie déjà le prix de cette guerre, par l’inflation, par les taxes, par les sacrifices exigés au nom d’une « solidarité » qui ne protège ni mon avenir ni ma liberté.

Ainsi, ce défilé n’est pas un simple souvenir d’histoire. C’est un avertissement, une mise en scène cruelle CHINOISE du monde qui vient : un monde où la terreur est brandie comme argument, où la paix est confisquée par ceux qui ont choisi la guerre, et où chaque citoyen du monde, qu’il le veuille ou non, se retrouve pris dans la logique de blocs.

Alors, mes amis, auditeurs, auditrices, réduits à si peu, refuser d'écouter mon message aujourd'hui, c’était déjà se soumettre au nouvel ordre mondial : la Chine, en prenant une part active au conflit ukrainien, en renforçant ouvertement la Russie dans son plan d'invasion et sa guerre hybride contre l'Occident, la Chine en alignant derrière elle toutes les dictatures du monde entier, la Chine se définit clairement comme l'Origine du Mal. Elle est aussi coupable de différents génocides, par exemple contre les Tibétains ou les Ouïghours. Aujourd'hui, elle oppose tout simplement 26 dictateurs aux 26 pays "volontaires" prêts à déployer des troupes pour la paix et la sécurité en Ukraine. L'Axe du Mal permet aux dictateurs de se reconnaître entre eux et de se blanchir de tous leurs crimes contre l'humanité. Il est triste de constater que les États-Unis de Trump ont entrepris d'ouvrir leur propre axe du mal. Mais pour l'instant, beaucoup de leurs manoeuvres s'avèrent encore contre-productives.

Alors, Xi Jinping se donne le beau rôle ? Ah oui, merde in China today»
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mardi 2 septembre 2025

Discours d'Emmanuel Macron sur la sénilité engendrant les dictatures. LJ©2025

Université d'été – le 5 septembre 2025

Chers auditeurs, 
Mesdames et Messieurs,

Nous vivons une époque où le pouvoir s’incarne dans des corps en souffrance, dans des chefs d'états vieillissants qui tiennent debout à coups de médecines et de corticoïdes dans des bunkers climatisés. La scène politique mondiale est un théâtre où les acteurs sont souvent de sinistres vieillards, et il faut avoir le courage de le dire : Donald Trump n’est peut-être plus qu’un fruit blet qui se nécrose à vue d’œil, gonflé de taches sombres et d’œdèmes circulatoires. Vladimir Poutine tremble de ses mains comme d’autres d’une foi fragile, enfermé dans son bunker médicalisé où l’on compense tant bien que mal les signes de sa sénilité. Xi Jinping, lui, s’avance figé, comme une statue de cire inquiétante, incapable d’un geste spontané, prisonnier de sa propre rigidité morbide.

Tous ces hommes partagent un trait commun : ils transforment leur décrépitude personnelle en DICTATURE. Ils gouvernent comme leurs corps fonctionnent : dans l'urgence, dans la répétition compulsive, dans l’incapacité à se renouveler. Trump, avec ses obsessions grotesques, rejoue à l’infini le théâtre du mépris et de la soumission à ses seules exigences, ignorant tout de l'Histoire des peuples mais aussi détournant les tribunaux et les institutions, y compris  la Constitution des États-Unis d'Amérique dans son seul intérêt. Poutine, lui,  bombarde l’Ukraine chaque jour, comme un ogre affamé de conquêtes ou un vampire qui aurait besoin d’une transfusion quotidienne de sang frais pour survivre. Xi Jinping enferme son peuple dans un carcan idéologique et policier qui ressemble moins à une vision d’avenir qu’à une tentative de geler l’histoire.

Ce spectacle, il faut le dire, n’a rien de métaphorique. C’est une observation clinique. Les taches, les tremblements, les visages figés sous le maquillage, les corps gonflés sont les signes visibles de la sénescence. Ce sont des symptômes, et ces symptômes produisent malheureusement les mêmes politiques défaillantes. Car ces dictateurs ne peuvent plus penser l’avenir : ils ne peuvent que s’accrocher à leurs succès imaginaires, répéter, réprimer, consommer des vies jeunes et prometteuses dans l'urgence de leur décrépitude. Comme les prêtres aztèques, ils plongent volontiers leurs mains dans le sang pour conjurer leur propre mort : un coeur arraché peut continuer de battre quelques secondes entre leurs mains sales. Cela ne leur donne aucun pouvoir divin. 

Mais il serait trop simple d’accuser seulement les autres. Dans nos démocraties occidentales, nous, chefs d'États, savons que nous tenons notre pouvoir de structures bancaires et financières qui, elles aussi, relèvent d’une gérontocratie. Les banquiers richissimes qui prétendent régenter l’économie mondiale ne sont pas différents : ils vivent dans le prolongement artificiel de fortunes anciennes, persuadés que leurs modèles sont éternels, incapables de voir que leurs calculs accélèrent l’effondrement de la planète. Leur sénilité n’est peut-être pas encore visible sur leur peau, mais elle se lit dans leurs bilans : ils répètent à l’infini les mêmes logiques de prédation et d'accumulation, comme des cerveaux malades qui tournent en boucle. Ils dépouillent le petit peuple pour enrichir quelques-uns : les opportunistes et les puissants. Et ils me demandent, dans le secret de leurs alcôves, de reproduire ce processus à l'infini, comme un acquis.

Voilà le tableau d’ensemble. À Washington, à Moscou, à Pékin, à Londres ou Paris : le pouvoir est tenu par des hommes souvent vieux, malades, enfermés dans leurs automatismes, incapables de se réinventer. Et cette sénilité n’est pas seulement une affaire de biologie individuelle. Elle est devenue la logique du système international. La guerre en Ukraine n’est pas un accident : c’est la respiration artificielle du régime soviétique atteint de sénilité prédatrice. Et l'Amérique de Trump ne vaut pas mieux.  Les surtaxations, les sanctions et les blocus ne sont pas de la stratégie car elles relèvent de la folie d'un seul homme : ce sont les convulsions d’un organisme qui ne sait plus réguler sa survie autrement que par une prédation constante. L’inflation que les États-Unis imposent au monde entier, l'abus des ressources planétaires, y compris le surtourisme dans l'urgence de vivre, tout cela relève de la même logique : consommer, encore et toujours, comme si dévorer la planète pouvait retarder la décomposition de notre espèce.  Et tous ces vieillards séniles nous imposent les différentes formes de dictatures administratives, fiscales, monétaires, industrielles, commerciales et militaires.

Nous avons donc cessé d’être dans l’ordre de l’hypothèse, ou dans celui de la métaphore. La fin du monde n’est pas une théorie fumeuse, elle n’est pas une peur millénariste : elle est la conséquence observable, mesurable, clinique, de cette sénilité au pouvoir. Les glaciers fondent, c'est inévitable... mais les villes sont bombardées, les institutions vacillent parce que ces vieillards qui nous gouvernent s’acharnent à maintenir leur illusion d’éternité.

Alors, mesdames, messieurs, posons la question : combien de temps allons-nous accepter que le monde soit tenu par des mains tremblantes, par des corps gonflés d’œdèmes, par des cerveaux déconnectés de la réalité et saturés de plaques séniles ? Combien de temps allons-nous détourner les yeux de leur spectacle morbide ? Il n’y a pas de sécurité dans la gouvernance sénile. Il n’y a pas de futur possible quand l’avenir est confié à des morts-vivants.

Et puisque nous savons désormais que la fin du monde est en cours — non comme prophétie mais comme constat —, il nous revient de briser ce cercle. Non pour disqualifier nos anciens en bloc mais pour refuser de maintenir artificiellement d'antiques dictatures et refuser que ces dirigeants séniles, ces banquiers vampires et ces chefs de guerre déments tiennent la planète entière en otage de leur décrépitude.

Le tribunal des vivants

Alors ne nous y trompons pas : les coupables sont identifiés, ils ont des noms, des visages impavides, des corps tuméfiés en état de décrépitude avancée. Ce ne sont pas des abstractions, ni des forces invisibles. Ce sont des hommes séniles qui gouvernent par la terreur. Trump, qui s’accroche à son Capitole comme un vieillard enragé à son déambulateur, persuadé que l’Histoire peut être violentée par une foule de partisans. Poutine, dont les mains tremblantes tiennent encore le bouton nucléaire comme un chapelet morbide, et qui transforme ses soldats en viande broyée en croyant retarder sa propre agonie dans un souffle criminel. Xi Jinping, figé dans sa statue de cire autoritaire, obsédé par le contrôle total parce que son corps lui échappe déjà. Et derrière eux, invisibles mais tout aussi irresponsables, les banquiers aux fortunes centenaires, vampires repus qui tirent les ficelles de la finance mondiale et perpétuent la logique de prédation comme une démence héréditaire.

Tous sont unis par la même sénilité. Tous rejouent les archaïsmes des sacrifices aztèques et des arènes romaines, mais avec la puissance des arsenaux modernes. Tous transforment leur décrépitude individuelle en apocalypse collective. Ils ne sont pas seulement les dirigeants de leurs peuples : ils sont les fossoyeurs de l’humanité. Comme les empereurs romains, ils remplissent des arènes de tragédies guerrières pour donner le spectacle de leur puissance imaginaire mais ils sont condamnés d'avance.

Et moi, ici, je vous le dis sans détour : tant que nous accepterons que des morts-vivants gouvernent les vivants, nous ne ferons qu’avancer plus vite vers l’abîme. La fin du monde n’est pas écrite par des forces supérieures : elle est organisée, entretenue, mise en scène par ces vieillards séniles et leurs complices financiers. Elle est le résultat d’une politique de la terreur, d’une économie de la prédation, d’une société qui détourne les yeux des taches, des tremblements, des signes cliniques évidents qui signalent la sénilité de tous ces dictateurs.

Il ne s’agit donc plus de craindre la fin du monde comme une fatalité. Il s’agit de juger les coupables, de mettre à nu cette gérontocratie belliqueuse qui nous tient en otage. Le véritable tribunal n’est pas celui des institutions qu’ils ont corrompues : c’est celui des vivants, des jeunes et moins jeunes qui refusent de se sacrifier pour prolonger la survie artificielle des dirigeants séniles et grotesques au pouvoir.

L’alternative est claire : ou bien nous continuons à nous soumettre, comme les spectateurs des arènes romaines, fascinés par le sang qui coule, ou bien nous rompons le cercle sacrificiel et nous arrachons la gouvernance mondiale des mains tremblantes de ces vieillards ignobles. Car, au fond, l’humanité ne manque pas de ressources, d’intelligence, d’avenir : elle manque seulement du courage de dire à tous ces morts-vivants qu’ils doivent enfin céder la place aux vivants : "Dictateurs du monde entier, il est temps pour vous de  disparaître du paysage !".

Et je veux, à cet instant, vous adresser un mot personnel. Je vous dis tout cela alors que j’affirme être en pleine forme, hors d’atteinte de la sénilité. Mon mandat de Président de la République sera respecté jusqu’à son terme. Loin de moi toute forme d’âgisme, mais je dénoncerai sans répit les dictatures et la captation du pouvoir par ces esprits malades, parfois séniles, toujours malintentionnés, qui agissent contre les peuples souverains. Cela, je peux vous l’assurer.

Alors, vive la République, vive la France et vive le Monde libre.

LJ©2025 Attention, ceci est une proposition de discours présidentiel,  adressé à M. Macron.


dimanche 17 août 2025

Deuxième allocution du Président de la République française LJ©2025

Palais de l’Élysée – 20 août 2025

Françaises, Français,
Mes chers compatriotes,

Depuis quelques jours, le monde a basculé dans une nouvelle ère. Le 27 juillet dernier, Donald Trump a imposé à l’Europe un accord dont le seul but était de renflouer une dette américaine devenue vertigineuse — plus de trente trillions de dollars. Le 15 août, il a offert à Vladimir Poutine, malgré une Russie exsangue et détruite par son propre effort de guerre, une victoire anticipée, la levée de toutes les sanctions et les moyens d’un enrichissement rapide par des fonds d'investissement communs dans les secteurs clés. Deux "accords" successifs. Deux capitulations de l’Europe. Une double soumission : à l’Amérique d’abord, à la Russie ensuite.

Ne nous y trompons pas : ces accords ne sont pas des compromis, ce sont pour nous des ordres de transferts. Transferts de nos richesses pour sauver une Amérique qui s’effondre sous ses dettes. Transferts de nos libertés pour permettre à une Russie de reconstituer son arsenal militaire épuisé au mépris des millions de vies qu’elle a déjà sacrifiées. Transferts de notre souveraineté, enfin, car l’Europe et l’Ukraine ont été volontairement exclues de ces dernières discussions.

Dans un monde où les équilibres se redessinent, cette manœuvre n’est pas un accident. Elle s’inscrit dans une logique globale. L’Amérique de Trump cherche à transformer ses faiblesses en force en utilisant l’Europe comme tremplin pour s'enrichir facilement et affirmer sa domination. La Russie de Poutine, quant à elle, camoufle ses ruines derrière le spectacle d’une « grandeur retrouvée instantanément » avec l'accueil chaleureux de Vladimir Poutine par Donald Trump sur le sol des États-Unis d'Amérique, en Alaska, le 15 août 2025. Mais derrière ces illusions, il n’y a qu’une seule réalité : deux puissances défaillantes qui s’associent pour transformer notre Europe communautaire en vassal économique et militaire.

Regardons la vérité en face. La Russie aujourd’hui, c’est un million de morts et de blessés; des territoires conquis au prix de la destruction systématique sous les bombes, jour après jour, de l'Ukraine pendant bientôt quatre ans, sans un seul jour de relâche; une économie réduite à l’effort de guerre; une société entière asservie à la violence et au mépris. Et pourtant, voilà que son régime obtient soudain, par la grâce d’un prétendu accord américain, les moyens de se reconstituer complètement. L’Amérique de Trump, elle, se sauve de ses propres dettes en transformant l’Europe en tiroir-caisse de secours. Ce n’est pas une alliance. C’est un cambriolage.

Et ce piège n’est pas seulement militaire. Il est aussi technologique, financier, climatique. Car, que nous imposent ces accords successifs surgis du néant ? Qu’il faut abandonner toute régulation environnementale. Qu’il faut relancer le pétrole, le gaz, le plastique, au détriment de notre environnement. Qu’il faut renoncer à une politique numérique souveraine pour dépendre des plateformes américaines. Qu'il faut transférer nos industries aux États-Unis qui commerceront en grand avec la Russie pour s'approvisionner de ses  richesses minières inépuisables.

Ce que nous voyons ici, c’est une tentative d’organiser une économie mondiale de la domination par la prédation, une économie qui refuse notre avenir européen pour prolonger l’illusion de deux super-puissances défaillantes, une économie qui passe par la manipulation de la conscience des peuples.

L'enfer commence par la soumission. Payer des rançons entre états et céder nos territoires est inadmissible pour l'Ukraine comme pour la France, et surtout c'est contraire à notre histoire, à notre constitution et aux lois du commerce international.

Le philosophe Paul Valéry écrivait déjà il y a un siècle que « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Ce qui s’est joué le 27 juillet et le 15 août, ce n’est pas la paix. C’est un marché de dupes : la survie de deux régimes, payée par l’effacement de l’Europe. Et ce marché, nous le refusons. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la mort annoncée de la civilisation européenne d'origine grecque et latine. Allons-nous devenir les comptables dociles de la dette américaine ? Allons-nous financer, malgré nous, la reconstitution accélérée de l’appareil militaire russe ? Allons-nous regarder, impuissants, l’Ukraine sacrifiée disparaître dans un silence qui couvrirait notre propre abdication ?

Aujourd’hui, je vous le dis : notre mémoire historique nous oblige à voir lucidement ce que nous sommes devenus — une Europe trop souvent spectatrice. Mais notre promesse est d’être autre chose. D’être une puissance capable de se protéger, d’investir dans l’intelligence artificielle, dans les énergies propres, dans une France naturelle et vivante, dans l’économie de demain et de le faire non pas sous la tutelle méprisante d’autres puissances, mais par nous-mêmes.

J’entends déjà les sceptiques dire que c’est impossible. Mais l’Europe n’est pas née de la facilité : elle est née du courage. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est notre souveraineté, notre liberté, notre capacité à décider par nous-mêmes de notre destin.

Nous ne devons pas céder à la peur. Nous devons, au contraire, retrouver l’esprit de ceux qui ont toujours su défendre la culture, la pensée, la création, ce qui fait l’Europe. Albert Camus écrivait que « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Alors donnons tout aujourd’hui : pour l’Ukraine, pour l’Europe, pour notre avenir commun.

C’est pourquoi je vous le dis avec gravité : nous ne pouvons pas accepter cette capitulation organisée. Nous ne pouvons pas accepter que l’Ukraine soit sacrifiée. Nous ne pouvons pas accepter que l’Europe devienne la variable d’ajustement des dettes américaines et de l’effort de guerre russe.

Françaises, Français, il existe une autre voie. Elle n’est pas facile, mais elle est nécessaire. L’'Ukraine est devenue la première ligne de défense du monde libre. Et l’Europe doit donc protéger l’Ukraine, non par des discours creux mais par des actes.

Cela signifie être prêts, si nécessaire, à entrer en Ukraine avec ou sans l'OTAN, à la défendre comme notre maison commune, l'Ukraine avec ses hommes 
si courageux, son territoire et son ciel.

Cela signifie, en même temps, bâtir une économie de souveraineté — dans l’énergie, dans le numérique, dans la défense.

Cela signifie assumer que l’avenir du monde se joue dans l’équilibre entre les nations, et non dans leur soumission.

Cela signifie enfin de refuser que l’avenir de notre continent soit décidé par deux mégalomanes associés, au mépris de notre dignité collective.

Mes chers compatriotes,

L’Histoire nous regarde. Elle ne nous demande pas d’être parfaits. Elle nous demande d’être courageux. De refuser l’abdication. D’assumer que l’Europe soit à la hauteur de ce qu’elle prétend être : une puissance économique et philosophique car notre cher et beau pays, la France, doit demeurer une force de liberté et d'inspiration.

Je vous le dis ce soir avec gravité et avec espoir : nous avons encore le choix. Le choix de ne pas subir. Le choix d’agir. Le choix de rester libres. Il est encore temps de relever la tête.

Aucun despote ne peut s'arroger le droit de nous "offrir" sa paix au prix de l'humiliation, de la coercition, de l'invasion et du mensonge. Cette paix là s'appelle dictature.

Contre cela, une seule voie s’ouvre à nous : l’Europe doit prendre ses responsabilités. Cela signifie être prêts à protéger l’Ukraine, à sanctuariser son espace aérien, à sécuriser ses frontières.

C'est la raison pour laquelle nous avons créé la "Coalition des Volontaires": pour prendre toutes nos responsabilités, à tous les niveaux, le moment venu.

Je ne vous propose pas d'entrer en guerre mais de protéger tous vos acquis qui sont : la Liberté, l'Égalité, la Fraternité et la Justice.

C'est la raison pour laquelle je vous demanderai, en même temps, de rester unis au moment de prendre ensemble, au nom de la Nation, toutes nos responsabilités.

Vive la République.

Vive l’Europe.

Vive la France.

LJ©2025 Attention, ceci est une proposition d'allocution présidentielle adressée à M. Macron.