jeudi 20 novembre 2025

Discours de clôture de la COP30 par Emmanuel Macron – LJ©2025

Mesdames et Messieurs,

Chers représentants des nations,

Chers citoyens du monde,

Nous vivons un moment singulier où des mots autrefois porteurs d’espoir sont parfois utilisés comme des insultes : “progressiste”, “woke”, “écolo”. Des mots qui ne devraient exprimer que l’attention à l’autre, le courage de regarder l’avenir, la volonté de protéger ce qui vit. Qu’ils soient dévoyés ainsi dit beaucoup de notre époque, de ses fractures, de ses peurs.

Et cela dit surtout une chose : face à la crise climatique, certains préfèrent la caricature à la responsabilité.

Voilà pourquoi certains voient la COP30 comme une “réunion de perdants”, quand d’autres y voient “la réunion de la dernière chance”. Mais ce soir, depuis Belém, au cœur de l’Amazonie, je veux dire : cette COP n’est ni l’une ni l’autre.

Elle n’est pas un jugement.

Elle n’est pas un baroud d’honneur.

Elle est notre rendez-vous collectif avec la lucidité, et elle marque le retour de la volonté politique mondiale.

Mesdames et Messieurs,

Oui : nous devons réduire notre prédation, notre empreinte énergétique, notre excès. Oui : nous pouvons changer. Et à tous ceux — dirigeants ou non — qui doutent encore, qui pensent que la planète s’adaptera d’elle-même, qui croient que le monde se résume à des slogans ou à des bilans économiques, je veux dire simplement : il est encore temps. Et ce temps nous appartient.

Depuis la COP21 à Paris, nous avons obtenu des résultats, certains modestes, d’autres décisifs. Mais publier des rapports, des indices, des engagements, ne suffit plus. Il ne s’agit pas de plier une courbe : il s’agit de préserver la possibilité même d’une humanité libre sur Terre.

Car depuis 70 ans, depuis la sortie de la Seconde Guerre mondiale, nous avons perdu bien des choses : une part de notre innocence, une part de notre liberté. Nous avons laissé s’installer un impérialisme des marchés, des technologies, des armes, comme si la puissance devait toujours se mesurer en domination.

Et pendant ce temps, nos sanctuaires — l’Amazonie, les océans, les sols, le climat — se sont fragilisés.

Aujourd’hui, ce qui brûle ici — forêts, territoires, biodiversité — c’est aussi notre avenir commun.

Voulons-nous vraiment continuer ainsi ?

Alors oui, je veux m’adresser aussi à ceux qui, cette année encore, n’ont pas fait le déplacement. À ceux qui jugent cette COP secondaire. À ceux qui pensent qu’on peut gouverner un pays comme on dirige un marché, avec des slogans simplistes et la croyance que tout a un prix.

Je le dis calmement, mais fermement :

la Terre n’est pas un marché.

La vie n’est pas un slogan.

Il n’appartient à aucun dirigeant, si puissant soit-il, de décider que l’air peut être empoisonné, que l’eau peut être souillée, que les forêts peuvent être rasées sans retour. Il n’appartient à personne de croire qu’il est légitime de sacrifier l’avenir pour la rentabilité immédiate.

Car si nous poursuivons cette trajectoire, la Terre mettra des millénaires à réparer ce que nous aurons détruit en quelques décennies.

Ne laissons plus la monoculture — soja ici, coton ailleurs, palmiers à huile, maïs ou café — effacer toute vie avant l’arrivée des excavatrices, prêtes à exploiter gaz, pétrole, métaux précieux et terres rares.

Je vous le dis avec gravité :

ni les guerres, ni les destructions massives, ni l’effondrement écologique ne sont des fatalités.

Mais il faut rompre avec un ordre mondial qui laisse trop de pouvoir aux lobbies, trop de place aux intérêts militaires, trop d’influence aux pulsions autoritaires. Un ordre où l’on confond puissance et prédation, progrès et accumulation.

C’est pour cela que je vous invite, vous dirigeants, vous peuples, à regarder depuis Belém. Regardez ce pays immense qu’est le Brésil, capable de basculer vers la vie ou vers la mort selon les choix de ses gouvernements démocratiquement élus.

Regardez cette Amazonie qui respire encore — mais qui se fatigue.

Alors, Messieurs les dirigeants du monde :

Venez ici, du côté de la vie.

Venez écouter ce que cette forêt dit, non pas en slogans, mais en silence, en cris joyeux, en chants d'oiseaux ou en rugissements de jaguars, en pluies, en humidité et en souffle pur.

Car la COP30 n’est pas seulement une conférence internationale.

C’est le numéro d’appel d’urgence de la planète Terre.

Un numéro pour réveiller nos consciences.

Un numéro pour réapprendre à vivre ensemble.

Et aujourd’hui, avec l’aide décisive — oui, décisive — de l’intelligence artificielle, nous avons le devoir d’écrire un texte fondateur :

"Les Droits inaliénables de la planète Terre".

Un texte simple, à la portée de tous. Un texte que chaque enfant du monde pourra s’approprier, non comme une leçon, mais comme un exercice de conscience : que faut-il faire pour sauver la Terre ?

Mesdames et Messieurs,

Je le dis solennellement, ici à Belém, en clôture de cette COP30 :

il est temps d’arrêter les guerres.

Il est temps de renoncer à l’industrialisation forcée.

Il est temps de nous mettre, enfin, au service de notre planète bleue et verte.

Ce n’est plus une option.

C’est une urgence.

C’est un devoir.

Ne devenons pas les promoteurs de la fin du monde.

Choisissons au contraire d’être les artisans de son renouveau.

Nous devons rêver plus grand.

Nous devons rêver plus haut.

Mais surtout, nous devons rêver ensemble.


Je vous remercie.

LJ©2025

(Attention, ce discours fictif est proposé à l'attention d'Emmanuel Macron)

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