Oui, je l’avoue humblement, je suis un «handicapé mental» comme Greta Thunberg et je n’ai pas accès aux richesses sociales, c’est à dire tout ce qui donne du prix à vos vies merveilleuses d’échange et de partage. Je ne dispose pas non plus de biens de valeur ni des symboles habituels de la réussite et du pouvoir: une vie qui s’affiche sur les réseaux sociaux, un bon travail, une bonne situation sociale, des gens à mon service, une grosse voiture, une belle femme, une grande maison avec des enfants, de la nourriture en abondance, de l’argent à la banque, des vacances et des voyages, des créations d’entreprise et des projets, des richesses à étaler devant les amis ou à dissimuler au fisc etc. Et tout ça, toutes ces richesses et tous ces pouvoirs, ce sont ceux aussi qu’affichent les acteurs au cinéma parce que c’est la norme et le package de la réussite admirable. Par faiblesse, je suis devenu économe mais abasourdi en découvrant la cupidité, l’avarice et l’égoïsme des nantis.
Mais peut-être que tous ces petits ou grands bourgeois sont malgré tous leurs biens accumulés les prisonniers de leur richesses et de leurs désirs de réussir? Je ne suis pas non plus philosophe, car je n’ai pas la science infuse, mais j'imagine tous ces nantis enchaînés dans la caverne de Platon, des espèces d’esclaves qui assistent émerveillés au spectacle d’ombres et de lumières projeté sur la paroi de leur vide intérieur (l’ancêtre grec du cinématographe).
Oui, je sais, pauvre consolation... mais pour moi, cette croyance au grand Bonheur participe au mensonge général: la "liberté" tellement illusoire, l’amour tellement feint, le captage de l’admiration, la grosse voiture qui dort dans son garage 95% du temps, la piscine vide de ses baigneurs 9 mois sur 12, la nourriture en trop jetée à la poubelle et les fêtes gastronomiques dans les bons restaurants, les femmes perverses et manipulatrices qui échangent leurs faveurs sexuelles contre des avantages pécuniaires et une bonne situation familiale, les travailleurs qui détestent leur patron ainsi que leur travail parce qu’ils se sentent esclaves de l’entreprise, la banque qui garde l'argent dans ses coffres virtuels et qui se sucre en agios contre des services inutiles etc.
Je ne parle pas, comme Michel Onfray, de l’illusion du marxisme et du mensonge du libéralisme mais de l’abus de pensée dominante, de la logique héritée d’Aristote et de la raison de Descartes qui font des hommes des êtres faussement heureux ou profondément malheureux, mais apparemment raisonnables dans l'urgence de consommer et de jouir de leurs privilèges. La philosophie chassant une autre philosophie, le non-aristotélicisme de Korzybski devrait venir s’imposer un jour à nos héritiers pour chasser les erreurs liées au faiblesses constitutives de notre langage, ce logiciel qui nous fait confondre rêve et réalité mais aussi qui nous fait souffrir inutilement et développer psychoses après névroses:
« La carte n’est pas le territoire… Nous vivons souvent en fonction des représentations des "faits" autant qu’en fonction des "faits". Avant de pouvoir agir nous devons avoir une certaine forme de représentation dans notre cerveau. Avant de pouvoir nous asseoir sur une chaise vous devez avoir une certaine forme de représentation de cette chaise dans votre cerveau et votre système nerveux. Vous agissez en fonction de ces représentations dans votre système nerveux.» — Korzybski, Séminaire de sémantique générale de 1937.
Nous sommes donc esclaves de nos représentations sémantiques et notre cerveau est une caverne pleine d’illusions et de grands mots: souvenirs, plaisirs et souffrances, amour et haine, richesse, pognon, puissance, vitesse, possession, jouissance, abondance, reproduction, satisfaction, gastronomie, adrénaline etc. Et ceux qui agitent ces marionnettes dans le secret de nos cerveaux sont nos maîtres.
Au contraire nous, les handicapés, sommes limités et empêchés de toutes parts. Même notre corps se rebelle. Les publicités et toutes les belles promesses nous touchent moins car nous savons exactement à quoi nous en tenir. Nous voyons le jeu des menteurs et des illusionnistes qui vous bercent de belles croyances. Nous savons que tout ça n’est pas pour nous, comme un clochard qui fait la manche devant un DAB ou à l’entrée d’un supermarché.
Emmanuel Macron écrit comme un littéraire humaniste mais travaille comme un banquier à consolider les acquis du Business-World. Par exemple, il a embauché Nicolas Hulot au ministère de l’écologie et Didier Raoult au Conseil de la santé pendant la crise du Covid-19 par conviction, mais il a poussé tous les deux à la démission de leurs fonctions en méprisant leur avis en tant qu’experts et pourquoi? Pour préserver la croissance, les marges bénéficiaires et ne pas ralentir les investissements, parce que la nature, la santé et l'écologie des hommes seraient les ennemis naturels du progrès et du profit.
D’autres, sous le prétexte d’être savants et sages, s’autorisent à donner leur avis sur tout et sur rien: Michel Onfray, par exemple, se définit hors système mais il est surtout un homme du passé et du passif. Quand on l’interroge - à savoir pourquoi il s’est abstenu de voter aux municipales en juin 2020, il répond que c‘est à cause de l’invention de l’Europe, contre le Traité européen de Lisbonne en 2005 suivi du déni de démocratie en 2008, l’erreur initiale remontant à Maastricht en 1993. En fait, Onfray devrait même renoncer à sa propre naissance (un acte politique, celui de ses parents baby-boomers qui croyaient en l’avenir après la guerre): en remontant dans les couilles de son père, Onfray reviendrait à la création de la CEE (avec le Traité de Rome en 1957), avant même d'être ce petit spermatozoïde prétentieux à la source de son malheur de vivre.
Depuis bientôt 30 ans, Onfray se pose en tant que juge d’un tribunal permanent: «Le souverainisme, c'est l'avenir et renoncer à sa souveraineté, c’est renoncer à faire de la politique… J’ai passé l’âge de croire aux promesses mais j’ai en revanche l’âge de croire au passé. Ce qui m’intéresse dans les hommes politiques, c’est pas ce qu’ils promettent mais ce qu’ils ont fait. Tous ces gens là ont un passif qui ont tous voté oui à Maastricht».
Ce qui me sidère en l’écoutant lors d’une interview vieille de trente ans, c’est que le logiciel de Michel Onfray n’a pas changé, il est exactement le même qu’en 1990: d’abord, il a gardé le même ton professoral avec exactement la même voix, mais surtout il continue de construire sa maison avec des briques assemblées à l’envers, de sorte que son mur ne monte jamais! Oui, c’est un piètre maçon-philosophe... En fait, Onfray est très bien pour vivre dans la maison des autres philosophes mais il est incapable fondamentalement de construire la sienne. S’il avait choisi le métier infiniment plus modeste de cuisinier, je dirais que la sauce ne prend pas.
Quand Onfray «philosophie», il sort de sa mémoire une avalanche de noms, de concepts et d’idées qui ne sont pas les siens et des certitudes historiques qu’il essaie d’agréger pour élaborer sa «nouvelle» doctrine, qui n’est qu’un placebo sur une jambe de bois. Aujourd’hui, il prétend nous faire revivre l'âge d'or ouvrier du «Front populaire».
Onfray, sans doute à cause d’un orgueil démesuré, a tué sa famille ordinaire (ses parents prolétaires) et aussi sa famille d’adoption (celle de ses camarades d'étude et de son maître à penser), tuant ainsi plusieurs fois le père, la mère et même le frère au sens freudien. Avouez que ça pose un sérieux conflit intellectuel pour celui qui dénigre si bien la psychanalyse! Onfray est-il depuis l’enfance ce manipulateur narcissique?
Adulte, à propos de son vieux maître à penser Lucien Jerphagnon, Onfray écrivait en 2009: « Ce n’est pas le vieux christianisme de Jerphagnon qui a été la cause de mon éloignement mais le grand écart que j‘ai pu constater entre la posture du "philosophe" romain et la petitesse du professeur aigri, vaniteux, orgueilleux, jaloux, envieux. […] Je ne lui reproche pas son christianisme, mais d’être si peu chrétien. Cet homme n’a jamais su aimer personne d’autre que lui. Je le plains… ».
D’abord je répondrais, pour le paraphraser: « Ce n’est pas la haine de Onfray pour le christianisme qui est la cause de mon agacement mais c’est le grand écart que j‘ai pu constater entre la posture du "philosophe" romain et la petitesse du professeur aigri, vaniteux, orgueilleux, jaloux, envieux, celui qui attaque indifféremment tous les hommes politiques (sauf Chevènement, avec qui il échangerait d'aimables discussions) et puis qui méprise Greta Thunberg comme une moins que rien parce qu’elle représente tout ce qu’il déteste: une enfant responsable qui s’engage à soigner la planète et à nous avertir de sa destruction. […] Je ne lui reproche pas son hédonisme nombriliste, ni son absence de christianisme et de compassion, mais d’être si peu judéo-chrétien en prétendant défendre la civilisation, d'être si peu humaniste en méprisant les hommes et d'être si peu engagé dans une écologie d'urgence quand la planète se délite. Cet homme n’a jamais su aimer personne d’autre que lui. Je le plains… ».
Ensuite, je peux comprendre que son maître à penser Lucien Jerphagnon lui n’a pas souhaité devenir l’élève de son élève, mais surtout qu’il n’a pas reconnu Michel Onfray comme un grand penseur de son temps, capable de lui succéder comme l’auraient fait peut-être d’autres esprits brillants mais moins manipulateurs. Avec l’âge, les personnes âgées redeviennent des enfants qui demandent plus d’attention, d’écoute et de douceur et Lucien Jerphagnon est mort en 2011, à l’âge de 90 ans. Onfray, froid et calculateur comme tous les pervers narcissiques de son espèce, ne pouvait pas prétendre à recevoir l’amour que lui-même retire à tous ceux qu’il juge indignes de sa grandeur et de ses exigences. Des Hommes, il attend l’admiration et la reconnaissance de son génie... et de l’Histoire, il attend la gloire.
L’exercice d’analyse des propos obsessionnels et contradictoires de Michel Onfray est d’autant plus facile à faire qu’il existe un bouton «rewind» sur mon PC pour rembobiner ses discours et l’écouter autant de fois que nécessaire. Pas besoin pour moi d’une grande mémoire mais simplement de mon bon sens habituel. De plus, les informations disponibles en ligne me dispensent de la tentation de «l’encyclopédisme», cette capacité supérieure de tout savoir, tellement appréciée des savants universels des siècles passés avec l’invention de l’imprimerie et la multiplication des sources d’information et de connaissance. Aujourd’hui, tout est disponible sur un seul écran avec la navigation et le bouton SCROLL sur les écrans successifs: la méthode prime sur le fond. Oui, je l'affirme, les handicapés savent réfléchir et donner l'exemple (à défaut de donner des leçons de vie).
Ainsi Onfray, fidèle à son vieux logiciel, explique dans chaque interview qu’il reste parfaitement cohérent avec lui même puisque sa pensée n’a pas changé depuis les années 1990 et qu’il peut se souvenir point par point de toutes les démonstrations de son vieux maître à penser Lucien Jerphagnon. Mais sa merveilleuse mémoire ne lui joue-t-elle pas des tours? À trop savoir, on ne sait plus rien… Au contraire, si Onfray aurait une mémoire défaillante, il serait obligé d'adapter son logiciel mental au strict nécessaire et donc à penser l’essentiel, au lieu de se perdre dans les méandres de milliers de considérations superfétatoires qui font sa logorrhée.
Compulsivement, Onfray prétend fabriquer une «pensée de gauche» en remettant en cause systématiquement tout notre acquis civilisationnel et religieux vieux de deux mille ans. Ainsi, ce «philosophe spécialiste de l’antiquité», pour surpasser Jerphagnon, fait l’impasse sur notre civilisation chrétienne, sur nos lois, nos principes, notre constitution, notre calendrier et nos priorités, pour faire valoir des supposées vertus gréco-romaines. De plus, sa pensée «libertaire», pour ne pas dire anarchiste, l’empêche de reconnaître toute autorité en remontant jusqu'au président de la République. N’est-ce pas là un flagrant déni de réalité?
Onfray est un «inadapté supérieur», une sorte d’handicapé comme moi en somme, complètement déconnecté de la réalité, perdu dans sa logique «faux-losophique», en doutant continuellement de toutes nos valeurs sociales mais sans jamais rien proposer de mieux, ce qu’il confirme par ses propos:
«Nombre de gens [entre les philosophes] font rêver qui déçoivent beaucoup... qui n’ont pas pris soin de demander son avis au réel… Léon Blum, lui, a permis que des rêves se réalisent pendant la période du Front populaire… Il faut faire un peu d’anthropologie, savoir qui sont les hommes, comment ils fonctionnent, s’il y a une nature humaine, s’il y a de la bonté, de la méchanceté, si la bonté est naturelle ou si c’est un effet de la société, enfin toute chose qu’il faut se poser avant de pouvoir fabriquer une pensée de gauche concrète, réelle, pragmatique et il ne faut pas laisser à Emmanuel Macron ce monopole, parce qu’on voit bien qu’il a le soucis du réel mais pas de la gauche».
Je le confirme, la philosophie arrivée à ce niveau, c’est du négationnisme pur. Onfray est le maître du nihilisme... Mais détends-toi, mon vieux, ça va bien se passer! Ah oui… Merde in France.
Mais peut-être que tous ces petits ou grands bourgeois sont malgré tous leurs biens accumulés les prisonniers de leur richesses et de leurs désirs de réussir? Je ne suis pas non plus philosophe, car je n’ai pas la science infuse, mais j'imagine tous ces nantis enchaînés dans la caverne de Platon, des espèces d’esclaves qui assistent émerveillés au spectacle d’ombres et de lumières projeté sur la paroi de leur vide intérieur (l’ancêtre grec du cinématographe).
Oui, je sais, pauvre consolation... mais pour moi, cette croyance au grand Bonheur participe au mensonge général: la "liberté" tellement illusoire, l’amour tellement feint, le captage de l’admiration, la grosse voiture qui dort dans son garage 95% du temps, la piscine vide de ses baigneurs 9 mois sur 12, la nourriture en trop jetée à la poubelle et les fêtes gastronomiques dans les bons restaurants, les femmes perverses et manipulatrices qui échangent leurs faveurs sexuelles contre des avantages pécuniaires et une bonne situation familiale, les travailleurs qui détestent leur patron ainsi que leur travail parce qu’ils se sentent esclaves de l’entreprise, la banque qui garde l'argent dans ses coffres virtuels et qui se sucre en agios contre des services inutiles etc.
Je ne parle pas, comme Michel Onfray, de l’illusion du marxisme et du mensonge du libéralisme mais de l’abus de pensée dominante, de la logique héritée d’Aristote et de la raison de Descartes qui font des hommes des êtres faussement heureux ou profondément malheureux, mais apparemment raisonnables dans l'urgence de consommer et de jouir de leurs privilèges. La philosophie chassant une autre philosophie, le non-aristotélicisme de Korzybski devrait venir s’imposer un jour à nos héritiers pour chasser les erreurs liées au faiblesses constitutives de notre langage, ce logiciel qui nous fait confondre rêve et réalité mais aussi qui nous fait souffrir inutilement et développer psychoses après névroses:
« La carte n’est pas le territoire… Nous vivons souvent en fonction des représentations des "faits" autant qu’en fonction des "faits". Avant de pouvoir agir nous devons avoir une certaine forme de représentation dans notre cerveau. Avant de pouvoir nous asseoir sur une chaise vous devez avoir une certaine forme de représentation de cette chaise dans votre cerveau et votre système nerveux. Vous agissez en fonction de ces représentations dans votre système nerveux.» — Korzybski, Séminaire de sémantique générale de 1937.
Nous sommes donc esclaves de nos représentations sémantiques et notre cerveau est une caverne pleine d’illusions et de grands mots: souvenirs, plaisirs et souffrances, amour et haine, richesse, pognon, puissance, vitesse, possession, jouissance, abondance, reproduction, satisfaction, gastronomie, adrénaline etc. Et ceux qui agitent ces marionnettes dans le secret de nos cerveaux sont nos maîtres.
Au contraire nous, les handicapés, sommes limités et empêchés de toutes parts. Même notre corps se rebelle. Les publicités et toutes les belles promesses nous touchent moins car nous savons exactement à quoi nous en tenir. Nous voyons le jeu des menteurs et des illusionnistes qui vous bercent de belles croyances. Nous savons que tout ça n’est pas pour nous, comme un clochard qui fait la manche devant un DAB ou à l’entrée d’un supermarché.
Emmanuel Macron écrit comme un littéraire humaniste mais travaille comme un banquier à consolider les acquis du Business-World. Par exemple, il a embauché Nicolas Hulot au ministère de l’écologie et Didier Raoult au Conseil de la santé pendant la crise du Covid-19 par conviction, mais il a poussé tous les deux à la démission de leurs fonctions en méprisant leur avis en tant qu’experts et pourquoi? Pour préserver la croissance, les marges bénéficiaires et ne pas ralentir les investissements, parce que la nature, la santé et l'écologie des hommes seraient les ennemis naturels du progrès et du profit.
D’autres, sous le prétexte d’être savants et sages, s’autorisent à donner leur avis sur tout et sur rien: Michel Onfray, par exemple, se définit hors système mais il est surtout un homme du passé et du passif. Quand on l’interroge - à savoir pourquoi il s’est abstenu de voter aux municipales en juin 2020, il répond que c‘est à cause de l’invention de l’Europe, contre le Traité européen de Lisbonne en 2005 suivi du déni de démocratie en 2008, l’erreur initiale remontant à Maastricht en 1993. En fait, Onfray devrait même renoncer à sa propre naissance (un acte politique, celui de ses parents baby-boomers qui croyaient en l’avenir après la guerre): en remontant dans les couilles de son père, Onfray reviendrait à la création de la CEE (avec le Traité de Rome en 1957), avant même d'être ce petit spermatozoïde prétentieux à la source de son malheur de vivre.
Depuis bientôt 30 ans, Onfray se pose en tant que juge d’un tribunal permanent: «Le souverainisme, c'est l'avenir et renoncer à sa souveraineté, c’est renoncer à faire de la politique… J’ai passé l’âge de croire aux promesses mais j’ai en revanche l’âge de croire au passé. Ce qui m’intéresse dans les hommes politiques, c’est pas ce qu’ils promettent mais ce qu’ils ont fait. Tous ces gens là ont un passif qui ont tous voté oui à Maastricht».
Ce qui me sidère en l’écoutant lors d’une interview vieille de trente ans, c’est que le logiciel de Michel Onfray n’a pas changé, il est exactement le même qu’en 1990: d’abord, il a gardé le même ton professoral avec exactement la même voix, mais surtout il continue de construire sa maison avec des briques assemblées à l’envers, de sorte que son mur ne monte jamais! Oui, c’est un piètre maçon-philosophe... En fait, Onfray est très bien pour vivre dans la maison des autres philosophes mais il est incapable fondamentalement de construire la sienne. S’il avait choisi le métier infiniment plus modeste de cuisinier, je dirais que la sauce ne prend pas.
Quand Onfray «philosophie», il sort de sa mémoire une avalanche de noms, de concepts et d’idées qui ne sont pas les siens et des certitudes historiques qu’il essaie d’agréger pour élaborer sa «nouvelle» doctrine, qui n’est qu’un placebo sur une jambe de bois. Aujourd’hui, il prétend nous faire revivre l'âge d'or ouvrier du «Front populaire».
Onfray, sans doute à cause d’un orgueil démesuré, a tué sa famille ordinaire (ses parents prolétaires) et aussi sa famille d’adoption (celle de ses camarades d'étude et de son maître à penser), tuant ainsi plusieurs fois le père, la mère et même le frère au sens freudien. Avouez que ça pose un sérieux conflit intellectuel pour celui qui dénigre si bien la psychanalyse! Onfray est-il depuis l’enfance ce manipulateur narcissique?
Adulte, à propos de son vieux maître à penser Lucien Jerphagnon, Onfray écrivait en 2009: « Ce n’est pas le vieux christianisme de Jerphagnon qui a été la cause de mon éloignement mais le grand écart que j‘ai pu constater entre la posture du "philosophe" romain et la petitesse du professeur aigri, vaniteux, orgueilleux, jaloux, envieux. […] Je ne lui reproche pas son christianisme, mais d’être si peu chrétien. Cet homme n’a jamais su aimer personne d’autre que lui. Je le plains… ».
D’abord je répondrais, pour le paraphraser: « Ce n’est pas la haine de Onfray pour le christianisme qui est la cause de mon agacement mais c’est le grand écart que j‘ai pu constater entre la posture du "philosophe" romain et la petitesse du professeur aigri, vaniteux, orgueilleux, jaloux, envieux, celui qui attaque indifféremment tous les hommes politiques (sauf Chevènement, avec qui il échangerait d'aimables discussions) et puis qui méprise Greta Thunberg comme une moins que rien parce qu’elle représente tout ce qu’il déteste: une enfant responsable qui s’engage à soigner la planète et à nous avertir de sa destruction. […] Je ne lui reproche pas son hédonisme nombriliste, ni son absence de christianisme et de compassion, mais d’être si peu judéo-chrétien en prétendant défendre la civilisation, d'être si peu humaniste en méprisant les hommes et d'être si peu engagé dans une écologie d'urgence quand la planète se délite. Cet homme n’a jamais su aimer personne d’autre que lui. Je le plains… ».
Ensuite, je peux comprendre que son maître à penser Lucien Jerphagnon lui n’a pas souhaité devenir l’élève de son élève, mais surtout qu’il n’a pas reconnu Michel Onfray comme un grand penseur de son temps, capable de lui succéder comme l’auraient fait peut-être d’autres esprits brillants mais moins manipulateurs. Avec l’âge, les personnes âgées redeviennent des enfants qui demandent plus d’attention, d’écoute et de douceur et Lucien Jerphagnon est mort en 2011, à l’âge de 90 ans. Onfray, froid et calculateur comme tous les pervers narcissiques de son espèce, ne pouvait pas prétendre à recevoir l’amour que lui-même retire à tous ceux qu’il juge indignes de sa grandeur et de ses exigences. Des Hommes, il attend l’admiration et la reconnaissance de son génie... et de l’Histoire, il attend la gloire.
L’exercice d’analyse des propos obsessionnels et contradictoires de Michel Onfray est d’autant plus facile à faire qu’il existe un bouton «rewind» sur mon PC pour rembobiner ses discours et l’écouter autant de fois que nécessaire. Pas besoin pour moi d’une grande mémoire mais simplement de mon bon sens habituel. De plus, les informations disponibles en ligne me dispensent de la tentation de «l’encyclopédisme», cette capacité supérieure de tout savoir, tellement appréciée des savants universels des siècles passés avec l’invention de l’imprimerie et la multiplication des sources d’information et de connaissance. Aujourd’hui, tout est disponible sur un seul écran avec la navigation et le bouton SCROLL sur les écrans successifs: la méthode prime sur le fond. Oui, je l'affirme, les handicapés savent réfléchir et donner l'exemple (à défaut de donner des leçons de vie).
Ainsi Onfray, fidèle à son vieux logiciel, explique dans chaque interview qu’il reste parfaitement cohérent avec lui même puisque sa pensée n’a pas changé depuis les années 1990 et qu’il peut se souvenir point par point de toutes les démonstrations de son vieux maître à penser Lucien Jerphagnon. Mais sa merveilleuse mémoire ne lui joue-t-elle pas des tours? À trop savoir, on ne sait plus rien… Au contraire, si Onfray aurait une mémoire défaillante, il serait obligé d'adapter son logiciel mental au strict nécessaire et donc à penser l’essentiel, au lieu de se perdre dans les méandres de milliers de considérations superfétatoires qui font sa logorrhée.
Compulsivement, Onfray prétend fabriquer une «pensée de gauche» en remettant en cause systématiquement tout notre acquis civilisationnel et religieux vieux de deux mille ans. Ainsi, ce «philosophe spécialiste de l’antiquité», pour surpasser Jerphagnon, fait l’impasse sur notre civilisation chrétienne, sur nos lois, nos principes, notre constitution, notre calendrier et nos priorités, pour faire valoir des supposées vertus gréco-romaines. De plus, sa pensée «libertaire», pour ne pas dire anarchiste, l’empêche de reconnaître toute autorité en remontant jusqu'au président de la République. N’est-ce pas là un flagrant déni de réalité?
Onfray est un «inadapté supérieur», une sorte d’handicapé comme moi en somme, complètement déconnecté de la réalité, perdu dans sa logique «faux-losophique», en doutant continuellement de toutes nos valeurs sociales mais sans jamais rien proposer de mieux, ce qu’il confirme par ses propos:
«Nombre de gens [entre les philosophes] font rêver qui déçoivent beaucoup... qui n’ont pas pris soin de demander son avis au réel… Léon Blum, lui, a permis que des rêves se réalisent pendant la période du Front populaire… Il faut faire un peu d’anthropologie, savoir qui sont les hommes, comment ils fonctionnent, s’il y a une nature humaine, s’il y a de la bonté, de la méchanceté, si la bonté est naturelle ou si c’est un effet de la société, enfin toute chose qu’il faut se poser avant de pouvoir fabriquer une pensée de gauche concrète, réelle, pragmatique et il ne faut pas laisser à Emmanuel Macron ce monopole, parce qu’on voit bien qu’il a le soucis du réel mais pas de la gauche».
Je le confirme, la philosophie arrivée à ce niveau, c’est du négationnisme pur. Onfray est le maître du nihilisme... Mais détends-toi, mon vieux, ça va bien se passer! Ah oui… Merde in France.
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