lundi 1 juillet 2019

Emmanuel et Brigitte : « Les petits secrets de Fort Brégançon», le TOP4 des articles du blogiblag (LJ ©2018).

Emmanuel faisait ses devoirs avant d'aller au lit: il s'était fait une obligation dès son plus jeune âge de consigner quotidiennement ses impressions du jour sur ses cahiers. Brigitte, elle, se rafraîchissait les fesses dans sa baignoire «Mireille Darc», qui remplace depuis peu l'antique baignoire émaillée du général De Gaulle.

N°1. Brexit or not Brexit?

Ce vendredi, j'ai reçu Theresa May à Fort Brégançon. Elle m'a suggéré d'envisager avec Michel Barnier un «Brexit soft»:

_ C'est l'intérêt des 27 et tu dois te souvenir de la City, Emmanuel, puisque c'est elle qui t'a offert son appui financier il y a deux ans déjà, pour aider à ton élection... Ce serait juste de lui retourner la politesse...

_ Do you think so? Je ne suis pas un traître à mon pays!

_ ...Quoiqu'il arrive, a-t-elle persiflé, les banquiers garderont le secret des comptes des grandes fortunes de France qui sont venues se réfugier en Angleterre depuis la révolution française jusqu'à la présidence de François Hollande, quand tu étais encore ministre de l’Économie, et ces familles de millionnaires sont bien plus nombreuses que les quelques banquiers de HSBC qui sont supposés s'installer à Paris!».

Saperlipopette, mais c'est le monde à l'envers. Je lui ai répondu fort civilement:
_Theresa, je ne suis pas le général De Gaulle, celui qui avait refusé l'entrée du Royaume Uni dans le marché commun. Nonobstant, les Anglais peuvent toujours revenir à la raison... (English people should return to their senses) car, d'après les études statistiques de mon état major, les anti-brexit atteindront 55% du total des votants d'ici la fin de l'année. Alors, pourquoi ne pas tenter un référendum gagnant? David Davis et Boris Johnson ont démissionné et l'Irlande refuse les barrières douanières... La conjoncture est maintenant très favorable. À toi de voir...

Après le dîner, nous avons disserté longuement sur l'état du monde et nous avons fini par un petit bain de minuit.

N°2 . Fort Brégançon ou Fort Braguette?

Ce samedi, nous avons traîné au lit avec Brigitte et j'ai tellement baisé que j'ai des lunettes de plongée fumées à la place des yeux! Brigitte m'a pommadé avec son anti-cerne et nous allons rester en mode «sous-marin» jusqu'à lundi. Mardi, nous prendrons notre premier bain de foule.

Mon problème majeur n'est pas le priapisme mais l'éjaculation précoce. Je suis trop tendu et je décharge comme un lapin. Heureusement que Brigitte m'aime et qu'elle comprend tout!

Après avoir foiré les trois premiers coups, ma «petite sauterelle d'amour» m'a questionné ainsi:
_C'est l'affaire Benalla qui te met dans cet état?
_Quoi ? Bien sûr que non... Mais pas si sûr! Cette affaire me colle aux doigts comme le sparadrap du capitaine Haddock.

Après, nous sommes allés nous baigner dans notre piscine «hors sol» en bois. Je l'ai faite remplir avec de l'eau de source: à 20 centimes le litre, le plein revient à 12000 euros (mais c'est notre petit secret...), parce que je ne supporte pas le chlore qui m'irrite les yeux et me rougit la peau des couilles. Brigitte s'est fait épiler le maillot façon ticket de métro sous son tout petit bikini et moi j'ai la barre vitaminée de travers qui dépasse du slip de bain. En arrivant à la piscine, et de rire! Nos invités Theresa et Philip May nous y ont précédé. Le problème c'est que l'eau est tellement pure, à près de 30 degrés, que mes spermatozoïdes peuvent y nager à l'aise pendant trois jours. Fort heureusement, Theresa ne risque pas de tomber enceinte de mes œuvres, mais elle risque d'avaler quelques uns de mes spermatozoïdes égarés.
 

_I wish you my best spermatozoids, Theresa!  

N°3. Fort Brigitte

Brigitte ne veut pas me voir travailler au fort de Brégançon et m'impose un repos salutaire pendant 3 jours. Mais je suis un petit dormeur (comme Napoléon Bonaparte et Victor Hugo) et il me faut faire quelque chose pour ne pas m'ennuyer!

Dimanche à mon réveil, vers 4 heures du matin, elle m'a fait une surprise: Brigitte m'a menotté le poignet à la tête du lit. Elle était nue avec comme cache-sexe un petit tablier blanc de soubrette. Après, elle a sorti du coffre-fort un petit fouet en plastique «sado-maso» et elle m'a obligé à manger des fraises Tagada et des nounours à la guimauve qu'elle réserve pour moi dans des bocaux de 5 litres. Ensuite, nous nous sommes emboîtés merveilleusement bien et toutes mes tensions ont disparu d'un seul coup.
 
Ah, je respire l'air du grand large! Je suis un aigle dans son nid, au sommet du rocher... Vers 7 heures du matin, après que Brigitte s'est refaite une beauté, nous sommes descendus baguenauder sur la plage en amoureux. Rien ne vaut la mer, l'eau salée et les vagues, et aussi un bon livre pour passer le temps! C'est ce que je dirai mardi devant la foule de mes admirateurs. Peut-être y aura-t-il encore François Hollande? Non, je plaisante... Mais que dire de ce benêt-là? Croit-il que je vais l'inviter à Fort Brégançon? Tiens, quand les andouilles rouleront en scooter, je le nommerai chef d'escadrille.

Johnny hallyday: «un évadé fiscal post-mortem?», le TOP2 des articles du blogiblag (LJ ©2018).

Et qui peut comprendre le testament de feu Johnny Hallyday mieux que le FISC?

Question héritage, Laura Smet et son demi-frère David Smet, qui se fait appeler d'après le pseudonyme de son père «David Halliday», ont trouvé semble-t-il des alliés inespérés en les tribunaux et l'administration fiscale française pour régler leur litige avec Laeticia Hallyday.

Johnny Hallyday, c'était un rocker mais aussi un rebelle, n'est-ce pas? Né à Paris en 1943 et mort à Marnes-la Coquette en décembre 2017, sa fortune s'est faîte en France, là où il a résidé la majeure partie de son temps.

Son attrait pour les gamines était courant dans les années 60-70 dans le milieu du spectacle, entre Claude François, David Hamilton, Serge Gainsbourg en France et avec les Rolling Stones en Angleterre. Johnny et Cloclo ont partagé les mêmes goûts pour les jeunes filles, la même blondeur platine et les pattes d'eph au temps des yéyés. Aujourd'hui, entre une plainte pour détournement de mineur et un #balancetonporc, leurs carrières seraient largement compromises. Heureusement Johnny, avec l'âge, s'est rangé des voitures.

Vu ainsi, rien ne justifiait sa fuite aux États-Unis, sinon sa liberté. D'autant que, même en s'appliquant à chanter des balades avec une douceur contenue, notre «Elvis Presley» français n'a jamais réussi à s'imposer là-bas: trop gueulard, trop bagarreur peut-être. Contrairement à Édith Piaf qui chantait «Fais moi mal, Johnny, Johnny!» et qui a conquise l'Amérique en seulement deux soirées à New York, notre rocker national a été reçu les bras fermés. «Quoi ma gueule, qu'est-ce qu'elle a ma gueule?». Qu'importe! Johnny Hallyday, qui avait longtemps «oublié de vivre» (mais pas de baiser) est parti s'installer à Los Angeles un beau jour en remplissant son garage de Harley-Davidson de collection. Il a aussi refait sa vie avec une jeunette de 20 ans à peine, la petite fille d'une famille d'affairistes avec des tendances légèrement mafieuses.

Au départ, tout semblait si simple après sa mort:

Chanteur-rockeur pendant 57 ans de carrière, il était presque un demi-dieu en fin de vie, un «homme célèbre divinisé». Aujourd'hui, ses héritiers sans concessions se disputent sa fortune et ses disques. Les chroniqueurs à la petite semaine des bulletins d'information unis à d'autres commentateurs invétérés le traitent de fraudeur, d'abuseur de jeunes filles (Adeline Blondieau à l'âge de 14 ans, bien avant de devenir sa femme), et surtout de traître à ses héritiers biologiques. Ils lui dénient jusqu'à ses dernières volontés, pourtant consignées sur un testament ultime.

"Laeticia Boudou, la veuve indigne, a confisqué toutes les motos, toutes les guitares et même le droit de regard sur le dernier album", se plaignent de concert Laura et David. Et notre philosophe de salon Michel Onfray de s'étonner ingénument: mais comment un homme «foncièrement bon et généreux» a-t-il pu déshériter sa fille et son fils et par extension la France entière? Sous quelles influences familiales et quelles lois américaines? Quelle évolution contre-nature l'a poussé finalement à léguer sa fortune restante, jugée colossale, au seul clan des Boudous?

Aujourd'hui, on se souvient de lui comme d'une victime de son entourage, à commencer de sa maison de disque et de ses producteurs, avec une cour de bons à rien et de profiteurs patentés qui lui collaient aux basques: les Boudous lui ont-ils dessillé les yeux ou bien est-il tombé sous leur emprise?

La mort l'avait déjà menacé en décembre 2009, quand les médecins l'avaient plongé dans un coma artificiel suite à une infection postopératoire. De cette expérience limite date sans doute un nouveau testament très en faveur de Laeticia: Johnny est devenu un autre homme, préoccupé et protecteur. Il s'est même racheté une conduite!

Au début des années 2010, notre «Elvis français» a emménagé à «L.A.» avec femme et enfants pour y vivre une partie de l'année en tant que résident fiscal, non pas à la façon des aventuriers de ses rêves mais pour se la couler douce auprès de sa belle famille.

Sûrement que d'avoir frôlé la mort l'a profondément changé. Et puis on sait tous les dangers de la vie moderne: fumer, boire et manger des hamburgers le tueront à la longue. On devrait dénoncer notre mode de vie brutal et tous les industriels criminels qui distillent leurs poisons mais non... rien, le cancer est devenu «normal», autant que le sida. Mais chacun n'est-il pas libre de jouer à la roulette russe avec sa vie, à ses risques et périls? Alors, allez donc arrêter un jouisseur... En atteignant l'âge de 74 ans, Johnny Hallyday a presque "doublé" le cap de la quarantaine, un âge canonique pour tous ces "artistes maudits" qui vivent dans l'excès et tombent comme des mouches. Que pouvait-il demander de plus? Peut-être une quatrième vie ou une énième aventure amoureuse...

Ses ex-femmes n'avaient pas été en reste au moment de leurs divorces et leurs enfants respectifs avaient bénéficié chacun d'un appartement ou d'une maison et de rentes aussi: on dit qu'à ses proches il donnait tout! Car Johnny ne comptait pas ses sous. Sauf que d'un coup, il a déshérité les enfants de ses lits précédents avec Sylvie Va-t'en et Nathalie Bye-bye*! Et Adeline Blondieau qui s'imaginait innocemment, à 18 ans à peine, "le sortir du démon de la boisson" par la seule force de son amour, en épousant ce vieux cochon? N'en parlons pas... Le chanteur s'est offert une biographie hagiographique (publiée en 2013) pour célébrer dignement sa carrière et régler ses comptes avec son passé, avant que de couper définitivement les ponts avec eux. Son nom de scène, il l'a légué avec sa fortune par testament en 2014 à sa femme Laeticia Hallyday et par extension à sa belle famille, au grand damne des premières épouses ou amantes.

Cependant, si Laeticia est devenue cette femme d'affaire avisée en même temps que l'héroïne de sa renaissance, elle a aussi offert à Johnny ses vingts ans (elle aussi), sa belle jeunesse et surtout l'appui de sa famille pour qu'il réussisse au mieux sa «troisième vie», en luttant contre tous ses démons*. L'alcool et le désespoir auraient dû le laisser seul au bord du précipice, comme Serge Gainsbourg ou Renaud Séchan.

Alors, juste retour des choses ou pas? L'amour que l'on se porte, les sacrifices consentis et les ruptures familiales ne sont-ils pas libres du jugement des journalistes comme du moralisme des philosophes? Ses enfants déshérités lui opposent le jugement des tribunaux et le droit moral (sur plus d'un millier de chansons dont il n'était souvent que l'interprète et 4000 enregistrements divers).

Pendant 23 ans passés avec Laeticia et sa belle famille envahissante, Johnny Hallyday s'est-il découvert comme «des accointances mafieuses» façon Frank Sinatra, en bon «parrain» de son clan? Peut-être a-t-il viré de bord et s'est-il transformé de Batman en Joker? Et Laeticia est-elle une espèce de Calamity Jane, une usurpatrice qui a fini sur la paille? Déjà, elle s'inquiète pour ses enfants quand l'opinion en France se montre méprisante.

En lisant le testament de Johnny Hallyday fait en 2014, il semble que David, cet enfant pourri-gâté, n'était déjà plus son fils à «sang pour sang». Un Smet sûrement mais un Hallyday? Il représentait le passé plus que le futur... Il n'y a pas eu de transmission artistique et Johnny reste le taulier dans l'au-delà. Il a aussi renié cette bourgeoisie d'artistes parvenus et ces rentiers du showbiz pour se choisir une famille plus aventureuse. Pire encore, les Boudous se sont mis entièrement à son service et l'ont convaincu:
_Mamour, nous sommes depuis dix ans des résidents américains et nous avons la carte verte. Que dit le cabinet d'avocats? Qu'entre le droit français, le fisc et les héritiers de tes unions précédentes, 75% de ta fortune sera dissipée... Mon père a-t-il travaillé toutes ces années passées pour remettre de l'ordre dans tes affaires pour finalement nous voir moi et nos deux filles dépossédées? Tu me connais, je peux être généreuse avec Laura et David, mais faut-il rajouter pour eux une quelconque compensation monétaire dans ton prochain testament quand ils sont déjà riches et adulés, surtout que la législation américaine sera bien plus favorable si tu me désignes comme ta seule héritière. Fais-moi confiance, tu veux?

-Ah que tu as raison, j'ai bien trop donné! je suis peut-être idiot mais pas encore sénile. Maintenant, je vais tous les éparpiller par petits bouts, façon puzzle. Avant de disparaître des radars je créerai un trust avec des sociétés écrans et des prête-noms aux postes-clés. Ta famille sera l'exécutrice testamentaire mais la Bank Of America restera la seule gestionnaire de ta fortune. Ah que coucou!

Et voilà comment Johnny Hallyday serait devenu un évadé fiscal post-mortem. Les tribunaux gèlent déjà l'héritage contesté et le FISC risquent de démonter la famille Boudou. «Il suffira d'une étincelle...» comme par exemple un compte off-shore dissimulé quelque part sur les Îles Caïmans ou ailleurs. Déjà, son dernier testament est sujet à contestation et les déclarations de la famille Boudou ne sont perçues que comme un tissus d'approximations. Les sociétés diverses qui gèrent ses droits et ses avoirs dissimulent-elles des montages financiers pour échapper à la législation française en ce qui concerne l'héritage? Après-tout, les Boudous ne sont que des petits affairistes improvisés qui travaillent en famille.

Certains voudraient même faire rapatrier la dépouille du chanteur de l'île française de Saint-Barthélemy jusqu'en France métropolitaine, ce qui serait un comble pour notre pauvre Johnny national. Jacques Brel n'avait-il pas choisi comme lui, après avoir tout donné à son public, de se faire inhumer loin d'ici, aux Marquises?

On regrettera aussi que les tribunaux français et le ministère de Bercy soient plus prompts à traquer les montages financiers illicites de quelques exilés fiscaux post-mortem que de faire rendre gorge aux GAFAM infâmes et à toutes les multinationales de l'exemption fiscale qui trichent par milliards de dollars. Hélas, toutes se sont opportunément «virtualisées» pour payer le moins possible d'impôts sur les sociétés et pour ne pas déclarer leurs parts de bénéfices en France, sans compter la vente en ligne, les commissions, le captage des recettes publicitaires, l'abus de position dominante, la non-rémunération de leurs auteurs et de leurs sources, les abonnements, le détournement des informations confidentielles etc. :
_Quoi ? Nous respectons scrupuleusement le droit français qui n'est, à notre niveau, qu'une passoire !

Enfoirés! Et voilà, encore deux poids, deux mesures... C'est l'injustice complète entre nos riches! Merde in France.

*L'état de santé réel de Johnny Hallyday est un secret bien gardé. Cancer, problèmes de drogue, d'alcool, opérations des hanches, hernies discales, côtes cassées, tentative de suicide, empoisonnement… depuis cinquante ans, le chanteur a de nombreuses fois eu la mort aux trousses. /le Figaro 2012

*ses ex-femmes Sylvie Vartan et Nathalie Baye

lundi 24 juin 2019

L'illusion Macron: «Pompidou était-il très supérieur?», dans le blogiblag du 24/06/19 (LJ ©2019).

Au moment de fêter les 50 ans de l'élection du président de la République Georges Pompidou, il faut bien l'avouer: le pouvoir exécutif de nos jours ne sert plus à rien, comme on peut le vérifier pour le réchauffement climatique, sauf à exiger d'acquitter les taxes et les impôts anciens ou nouveaux à venir. De fait, l'écologie de plus en plus fiscalisée devient un produit de luxe, quelque chose de déraisonnable pour les petits budgets des petites gens. Indépendamment de cette opportunisme d'état, le Haut Conseil pour le Climat (établi par Emmanuel Macron en 2018) s'autorise à épingler notre gouvernement de gugusses pour ses insuffisances notoires en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ne parlons pas du clivage Gauche-Droite, cette alternative binaire inventée par les politiciens pour opposer le socialisme au capitalisme, quand le progrès social devait concourir avec l'enrichissement personnel suivant une courbe de croissance supposée infinie. Mais c'était avant la prise de conscience du réchauffement climatique.  On a pour exemple récent l'Amérique climatosceptique de Trump (qui a succédé mathématiquement à celle d'Obama): cette dernière version des États-Unis, "Make America great again" ou "l'illusion prolétarienne de la libre entreprise, celle du 20ème siècle, autorisant l'enrichissement de tous les Américains au détriment de leurs voisins", laisse malheureusement sur le bas côté des millions de citoyens américains sans plus aucune ressource pécuniaire ni aucun recours administratif ou médical, ce qui autorise Trump à prétendre "au plein emploi" en l'absence de plaintes de tous ces "sous-hommes" devenus complètement invisibles et clandestins dans leur propre pays d'origine. L'Allemagne ou le Japon procèdent de la même façon pour témoigner d'une activité économique intense en excluant leurs pauvres des statistiques, et ne parlons pas de l'esclavage en Chine ou en Afrique, quand les salaires ne permettent pas de vivre décemment. Hélas, la France de Macron est sur la même pente qui a l'issue d'une refonte de l'assurance-chômage en France va exclure encore 200000 chômeurs du système, qu'il faudra ajouter aux millions de jeunes, de femmes et de seniors qui ne peuvent prétendre à rien puisqu'ils n'ont simplement pas ou plus accès... au travail.

Non, la rupture que je veux évoquer ici est celle du commandement, soit la capacité de notre gouvernement à fédérer la France autour d'un projet de nouvelle société et à en donner les ordres d'exécution (comme le fit si bien Pompidou). Cela suppose de la compétence, de l'obéissance et de la diligence mais, hélas, ces valeurs n'ont plus cours dans notre beau pays et il faudra finir un jour par sous-traiter les travaux de refondation de la France comme de l'Europe à des industriels internationaux sans scrupules spécialisés dans la survie aux catastrophes climatiques et autres GAFAM infâmes.

Pourtant, quoi de plus désirable et de plus proche qu'une société verte-écolo-respectueuse, aimable avec les Hommes comme avec la Nature?

Seulement voilà, l'inertie est trop grande et le train de l'industrie-capitaliste, la machine monstrueuse mise au point pour exploiter la "Nature moribonde" et rejeter la "Morale ancienne" au nom du productivisme en général et de l'enrichissement faramineux de quelques uns en particulier, ce train de l'épuisement planétaire ne pourra plus s'arrêter sans faire fumer les rails et fondre les freins.

Terrorisés par la récession qui s'annonce inévitable, signe d'échec, nos derniers ministres en cours imposent donc des temporisations improbables: le ralentissement des productions les plus toxiques sera peut-être autorisé dès 2025 ou 2035, voire en 2050 mais en attendant «prenons notre mal en patience» susure le président Macron: c'est la politique des petits pas, décrétée et mise en oeuvre par ses ministres sur le perron de l’Élysée, une politique inepte dans l'urgence climato-biologique (dont témoignent inutilement en France, en l'absence de toute décision proportionnée, les plateformes du GIEC et de l'IPBS)... Et Macron de guigner, comme Mitterrand ou Chirac jadis, vers l'âge d'or d'après guerre intitulé «les Trente Glorieuses», une parenthèse de bonheur national qui s'est achevée brutalement en même temps que la mort de George Pompidou. (A-t-il été empoisonné par des sources radioactives? Et quelle puissance concurrente voulait sa fin après celle de JFK, par quel complot?).

Mais l'homme aux gros sourcils noirs était un bon vivant et aussi un casse-cou... Je le revois en photo, Pompidou "la clope au bec" (quand on ne parlait pas encore d'une épidémie de cancers des poumons chez les ouvriers), Pompidou dans sa Porsche 356 ou dans sa Citroën décapotable (quand des dizaines de milliers de Français se tuaient déjà sur les autoroutes des vacances mais... «Que voulez vous? Les Français aiment la bagnole!» s'amusait-il), Pompidou grand enfant à la pêche à l'épuisette quand la mer méditerranée était encore poissonneuse (le commandant Cousteau avait tourné en précurseur en 1954 dans les fonds méditerranéens en utilisant des bouteilles de plongée «Le Monde du silence» avec pour vedette internationale Jojo le Mérou, quelques années avant que ces mérous curieux dissimulés à demeure entre les rochers de la côte ne soient transformés en steaks surgelés, dans une mer où ne flottent plus désormais que des déchets plastiques par dessus un égout à ciel ouvert aux fonds putrides et brumeux), Pompidou tapant les boules à Saint-Tropez, Pompidou vacancier barrant un bateau «Arcoa» avec sa blonde épouse Claude prenant la pose à ses côtés, au large du Fort de Brégançon. Un Pompidou industrieux et populaire, tout un mythe... De quoi faire rêver notre petit président Macron!

Mais qui était vraiment Georges Pompidou? Comment expliquer tant de réussite pour réformer la France, avant sa mort tragique d'une maladie du sang? Faut dire aussi que le duo formé par Pompidou et Chaban, son premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, avaient une autre gueule que le trio Macron-Philippe-Rugy.

François de Rugy, vous ne connaissez pas? Le président de l'Assemblée nationale de 2017 à 2018, dit «le Lion de bêle-fort», celui qui a remplacé au pied levé monsieur Hulot au ministère de l’Écologie. C'est cette andouille des cuisines qui ne cesse de prétendre que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" car la France et les Français font des miracles en matière d'écologie, sans faire l'effort de lever le petit doigt: réduction du trou dans la couche d'ozone par la pensée, diminution de 4,5% des émissions de gaz carbonique en retenant sa respiration 4,5 minutes par jour (estimation faite suivant une méthode internationale longue de 900 pages pour juger des rejets nocifs des productions locales mais qui ne tient pas compte, étonnamment, des pollutions des produits importés), réduction des plastiques à vue d'oeil dans les supermarchés etc.: tout est prétexte pour monsieur de Rugy à faire de l'écologie «sans le savoir», même si la France demeurera jusqu'en 2050 et pourquoi pas jusqu'au chaos en 2100 parmi les plus grands pollueurs de la planète avec nos émissions en tous genres (dernièrement encore des rejets sauvages de tritium par cinq centrales nucléaires dans la Loire et la Vienne), les plus grands exterminateurs de bio-diversité par arrachage, épandages, bétonnage etc., les plus grands cannibales aussi du vivant (seconds derrière nos amis Chinois) avec nos traditions culinaires à base de chairs animales - c'est à dire des pauvres bêtes décimées salement par milliards dans nos abattoirs pour prétendument nourrir la planète.

Beurk, il vous suffira de revoir, pour vous dégoûter à tout jamais de la viande et du lait, ces malheureuses «vaches à hublots» traitées comme de la "viande sur pattes" au service de l'agro-alimentaire et de la recherche avec une entrée direct dans l'estomac par une trappe pour y déposer des échantillons de nourriture... Ce que justifient gentiment Brune Poirson et les chercheurs du CNRS comme des pratiques ordinaires et nécessaires héritées du siècle passé, pour obtenir plus de viande et du lait de meilleure qualité. Merde, mais quoi? Faudra-t-il toujours attendre 50 ans en France pour que les scandales éclatent comme pour l'amiante hier, les pollutions et les rejets nucléaires quotidiens d'eaux lourdes et super-lourdes dans les fleuves et rivières aujourd'hui, les sites industriels fortement pollués mais fermés subrepticement, le bétonnage et l'asphaltage pour étendre des routes, des aéroports et des centres commerciaux au milieu des champs des petits propriétaires expropriés, les épandages par drones de pesticides sur des monocultures à perte de vue et aujourd'hui, tiens, on découvre grâce à l'association de protection animale L214 des pratiques ignobles mais pourtant très anciennes de maltraitance animale?

Non, "Je vais bien, tout va bien... et surtout ne changeons rien: continuons droit dans le mur", insistent les députés et les sénateurs avec en tête François de Rugy, mais nous devrons quand même peut-être «un de ces jours» augmenter nos efforts, pontifie le bellâtre devant sa cour d'admirateurs! «Et moi aussi, je suis comme vous, je ne veux pas avoir honte devant mes enfants!» rajoute Édouard Philippe en bon père de famille. Oups, et plus rien...

Devant toutes ces déclarations de bonnes intentions, voyons maintenant comment vraiment enrayer les calamités en cours, par quelles mobilisations, à quels niveaux intervenir, dans quelles urgences, par quelle progression de nos efforts concomitants? Oui, comment motiver ce gouvernement d'impuissants à réagir? Comment booster les mairies appauvries? Faut-il encourager les révoltes populaires ultra-dangereuses? Faut-il pousser à la démission ces ministres successifs qui sous-estiment l'ampleur des désastres en cours? Faut-il dénoncer l'inaction de ce gouvernement qui met en oeuvre «le principe de précaution pour protéger les intérêts de nos industries les plus dangereuses»?. Si Macron s'est rêvé en Jésus Christ avec "En marche", il finira sans doute sa présidence façon Mitterrand en suçant des ortolans sous une serviette blanche avec ses amis chasseurs ou façon Jacques Chirac en saucissonnant au salon de l'agriculture. Non, ça ne donne pas envie de le réélire en 2022. 

François de Rugy s'adressant à Macron-de-Rothschild:
«Oui, bien sûr monsieur Macron, temporisons puisque le pouvoir est cassé et que l'inertie est telle qu'on ne peut plus rien faire. La belle époque du temps de Pompidou, quand tout était réalisable, est révolue. D'ailleurs, à force de se mobiliser pour rien, les Français ne deviennent-ils pas les champions de la manifestation inutile et de la crise économique? Voyez les «Gilets jaunes», quelle bande de pignoufs! Pire encore, les ouvriers coulent les industries qui les emploient et les Verts sont des dangereux anarchistes qui plombent le PIB et appauvrissent encore plus les pauvres sous prétexte de ralentir le progrès inéluctable des forces industrielles et financières... C'est le monde à l'envers. Avec le maître de la météorologie Laurent Cabrol, je le dis haut et fort : non, ne cédons pas à la collapsologie, ce terrorisme de la pensée qui joue à nous faire peur! C'est pourquoi votre fine équipe se propose de remettre de l'ordre dans tout ça: nos logiciels détectent déjà les collapsologues pour les annihiler et nos lois les stigmatisent comme des terroristes... Monsieur le Président, vous n'avez pas été élu par hasard au service de la finance, pas plus que messieurs Poutine, Trump, Xi Jinping, Trudeau, Bolsonaro, Johnson de la City et Salvini de la Mafia (tous en guerre contre l'Europe). La contre-révolte bourgeoise des "fils du Pognon" ne sera pas humaine mais anti-sociale, procédurière, guerrière, boursicotière et informatique car ce sont in fine les financiers, soit les premiers de cordée de notre industrie défaillante, qui doivent prendre le pouvoir en France et réinvestir une petite part de leurs bénéfices, même si leurs robots et leurs algorithmes sont des machines à cash connectées à des comptes offshore».

_Ah, oui? Bravo, messieurs les ministres, s'écrie le président. Il ne nous restera plus qu'à rapatrier Carlos Ghosn, enfermé dans les geôles japonaises, après lui avoir collé le fisc au cul histoire de remplir au passage les caisses du ministère des Finances et «le tour est joué». Chouette, je vais pouvoir partir rasséréné en vacances à Brégançon, mais faites gaffe quand même aux "derniers gilets jaunes" récalcitrants et surtout à la canicule.

Hum, ne vous réjouissez pas trop vite, monsieur Macron, car rien ne pourra survivre bien longtemps à des températures stationnaires de 40° et plus... Moi je dirais plutôt: merde in France!

samedi 22 juin 2019

50 years after: «Macron love Pompidou» (Macron aime pomper doux), le TOP1 des articles du blogiblag (LJ©2019).

Pour les fêtes pompidouliennes qui célèbrent l'arrivée au pouvoir en 1969 de Georges Pompidou en France, je voudrais faire l'apologie de sa présidence exceptionnelle en reprenant le texte du blogiblag intitulé «Vers une nouvelle société plus écolo?: Macron vs Pompidou» du 16 août 2018.

Pompidou fut pour commencer un petit professeur de lettres qui enseignait le français, le latin et le grec puis un combattant de la Seconde Guerre mondiale. Démobilisé lors de l'armistice du 22 juin 1940, il ne rejoindra pas la Résistance. Après la fin de la guerre, par promotion sociale il accèdera aux plus hautes responsabilités jusqu'à devenir le président de la République française. Cette présidence, quoique écourtée par la maladie, sera des plus actives jusqu'à la fin de sa vie: en cinq ans, il a établi une "nouvelle société", pas exactement celle rêvée par son premier ministre Jacques Chaban-Delmas mais les deux visions se complétaient.

Auparavant, Georges Pompidou a été banquier chez Rothschild de 1953 jusqu'à l'obtention du portefeuille de Premier Ministre en 1962. Partout, il demontra des capacités d'adaptation exceptionnelles et un certain dilettantisme né de sa facilité de travail, confondu par les beaux parleurs avec la fainéantise. Il acquis l'expérience de premier ministre en dirigeant quatre gouvernements successifs, sous la présidence du général de Gaulle. Il entraîna dans son sillage politique trois générations de futurs présidents: Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Il décrivit François Mitterrand «sur les rives paisibles de l'opposition, comme les émigrés de l'Ancien Régime sur les rivages de l'Angleterre» et il lui dit: «l'avenir n'est pas à vous... L'avenir n'est pas aux fantômes». Et Mitterrand, une fois devenu président, fut tout aussi féroce avec ses adversaires: de DSK, il jugea que «C’est un jouisseur sans destin». Et DSK lui-même, viré du FMI, affirma à son tour que «Le PS n'a pas d'avenir et c'est une bonne chose».

Pompidou accepta finalement à contre cœur que la Grande-Bretagne, le cheval de Troie des États-Unis, entre dans la CEE, au risque de mettre en péril la Politique agricole commune (la PAC). Et la Grande-Bretagne montrera ses exigences et sa volonté d'indépendance, jusqu'à ce dernier référendum très récent pour sortir de l'UE, le Brexit.

Humaniste, Pompidou osa en son temps demander à redistribuer en partie les richesses accumulées pendant les «Trente glorieuses» par les nouveaux riches et offrir quelques avantages inespérés aux pauvres, aux ouvriers, aux femmes et aux handicapés dans les années 1970, avec par exemple des nouveaux hôpitaux modernes et humanisés, des aides pour les familles et des ressources pour les personnes âgées, la réforme du système de retraite, des garanties sociales face à l'accident, la maladie, la vieillesse, la mensualisation des salaires, la revalorisation du travail ouvrier et la formation professionnelle, la création d'une allocation aux adultes handicapés, la politique de congés payés la plus généreuse de la Communauté européenne, la réforme du salaire minimum etc.

Son nom évoque encore «la capacité de l'État à mener l'industrialisation du pays», si possible dans la concertation (pour éviter un nouveau mai 68).

Face à la multiplication des accidents de la route, Pompidou créa le Comité interministériel de la sécurité routière, ce qui n'a pas empêché depuis des centaines de milliers de morts et surtout d'handicapés qui saturent les hôpitaux et creusent le déficit de notre «Sécurité sociale».

Pompidou modernisa notre agriculture et encouragea l'agro-industrie sans savoir les ravages que cette industrialisation allait occasionner dans les cinquante ans à venir, avec la politique européenne de la PAC et la toute puissante FNSEA pour gérer les conflits d'intérêts. En même temps, il développa l'aménagement du territoire et organisa le remembrement, qui est devenu la ruine de nos campagnes. Malgré tout, il créa le Ministère de l’Environnement avec «la volonté politique de défendre la nature dans les années 70».

Il participa au lancement du premier satellite français, à la réussite de Airbus et du TGV, et il organisa le réseau autoroutier autour de Paris.

Enfin, pour ne pas tout citer, il travailla à nous transmettre sa passion dans les arts et les lettres, la transmission des savoirs et de la culture. Il eu pour Ministre d'État chargé des Affaires culturelles André Malraux dans quatre gouvernements successifs sous De Gaulle, à partir de 1962.

Ainsi restructura-t-il la société toute entière pour améliorer notre sort commun et nous lui devons tout ce dont nous bénéficions encore aujourd'hui en France dans l'organisation du travail ou face à la maladie. Mais ses bienfaits s'estompèrent avec les révoltes sociales précédent le premier choc pétrolier en 1973 et la fin de nos trente années les plus glorieuses en France. Il apprit probablement sa fin inévitable entre 1968 et 1971 mais c'est en 1974 que sa maladie lui fut fatale.

Son Premier ministre, le co-auteur de ses réformes entre 1969 et 1972, fût Jacques Chaban-Delmas, un Saint-Cyrien, grand sportif, ancien résistant, devenu général de brigade, député-maire et trois fois président de l'Assemblée nationale. Pour son discours d'investiture en tant que Premier ministre de Pompidou, Chaban fut assez éclairé, établissant les bases d'une «Nouvelle Société» (mais à sa façon), comme un acte de foi et de solidarité.

Hélas, depuis Pompidou, tout tend à prouver que les technocrates qui se sont succédé, issus des grandes écoles, furent des bons-à-rien et des incultes. Pompidou lui n'était pas un inculte, mais sans doute un des derniers humanistes reconverti «dans l'intérêt de la France» en «Capitaine d'industrie». Ses successeurs se contenteront souvent de perpétuer maladroitement ce que Pompidou avait conçu et réalisé.

Par exemple François Mitterrand, lui aussi condamné par la maladie, ne fut souvent qu'un «petit joueur» aux remarques acerbes: «Cela ne vous regarde pas!» se plaisait-il à dire. Giscard d'Estaing lui fût le plus inspiré de tous ces Présidents en écrivant une «Constitution européenne» et Jacques Chirac passa du bon temps en allant bouffer du saucisson et tâter le cul des vaches au Salon de l'agriculture.

Aucun de tous ceux-là dénoncèrent les défauts criminels de cette industrialisation forcenée de notre pays: des usines immensément polluantes et une agriculture productiviste obèse et destructrice à base de produits chimiques, celle imposée par La politique agricole commune (la PAC) pour obtenir les plus hauts rendements possibles.

Après, que dire de Macron, versus Pompidou, en imaginant un tel combat sur le ring?

Macron n'est lui qu'un poids coq (quand Pompidou était un poids lourd), même avec le boxeur Édouard Philippe comme premier ministre. Sa vision est rétrécie et il ressemble à tous ces technocrates fondus dans le même moule des grandes écoles: sa culture semble notablement insuffisante, voire curieusement absente et plus basée sur un exercice de mémoire que sur une compréhension historique, même s'il passe ses nuits d'insomnie à lire. Mitterrand, Sarkozy et Hollande avaient eux aussi essayé de se frotter à la culture moderne avec plus ou moins de bonheur et parfois dans des registres secondaires: la littérature mais aussi le cinéma, la chanson pop etc.

Hélas, l'essentiel n'est pas ce que l'on peut en voir: la «culture humaniste» nait de l'observation, de la comparaison, de l'étude, du plaisir et du souvenir. Intellectuel dans les livres, sensuel dans les musées (dont la France est riche) et dans la nature admirable, l'humanisme établit naturellement des échelles de valeurs pour juger de son temps. Il n'a rien de prémâché ni de prévisible et donne le goût de l'effort, du voyage et de la conquête.

A l'opposé, le développement du «tout numérique» dont Macron a été le ministre sous la présidence de François Hollande favorise une «culture hors sol», la numérisation/virtualisation de tous les éléments qui semblent caractériser notre exception culturelle, le transfert de toutes les informations numérisées vers les bases de données du «Big data» en Amérique ou en Inde pour ensuite les restituer à la demande sur des écrans quelconques, le captage de nos identités en passant pour monétiser ces transferts, l'utilisation du réseau de communication «plug and pay» américain et le tout orchestré in fine sur les places boursières dans le culte du profit roi et de la réussite insolente: «Tiens, bouffe, c'est du rata...».

Macron est-il le génie qu'on imagine? Gagne-t-il des parts de marché ailleurs que dans l'industrie de l'armement militaire? S'il sacrifie des pans entiers de la France: l'espace aérien (Air France); l'espace électronique, informatique et numérique avec la fuite de nos technologies et de nos ingénieurs (après l'échec d'Alcatel-Lucent, de Matra, d'Alstom démantelé et cédé à General Electric ou Siemens); nos administrations publiques bientôt numérisées dans le Big Data et externalisées en Inde; nos commerces ubérisés dont les hôtels et les restaurants et le tout offert à l'hégémonisme des grandes puissances, des multinationales et des marchés financiers, alors un tel gouvernement menace grandement notre économie et notre indépendance. Bientôt, nous serons muséifiés et statufiés comme des cons, un képi sur la tête et une baguette sous le bras.

D'ailleurs, je pense qu'on nous a survendu le "beau gosse": s'il a éprouvé le besoin d'épouser à tout prix sa "professeure de lettres" qui animait jadis l'atelier théâtre dans son lycée, ça prouve seulement qu'il est allé à l'école et qu'il a fait un blocage sur sa prof. Est-il plus intelligent pour cela? Je ne crois pas non plus à sa précocité, mais seulement à son opportunisme: il a séduit une femme mariée, voilà. Mais emmener sa prof à la maison n'est pas forcément une bonne idée... C'est comme une seconde mère! Il lui restera donc encore à apprendre l'indépendance, voire la solitude pour évoluer.

Macron se veut le représentant d'une «génération numérique», au moment où les nouveaux smartphones semblent avoir réponse à tout, avec l'assistance de programmes pseudo-intelligents. Son QG opérationnel informatisé l'a-t-il aidé à remporter les élections présidentielles? Sans doute mais cela le dessert face à la stature d'un Georges Pompidou. Le traitement et l'étude d'une grande masse d'informations personnelles peut favoriser un candidat sans parti et sans soutien en lui indiquant les bons choix, comme dans une élection truquée par Donald Trump, mais sans rien ajouter à sa grandeur. Pour ces hommes on parle de «charisme», une chose mystérieuse pour décrire leur succès surprenant, mais Steve Jobs hier ou Donald Trump aujourd'hui peuvent nous paraître absolument détestables malgré leur réussite personnelle.

On parle souvent «d 'intelligence artificielle» à propos des machines mais ce ne sont que des super-programmes qui servent de plus en plus à faire tourner le monde sur des écrans de contrôle avec des opérateurs, des informaticiens et des programmeurs derrière. Il reste aux robots, pour devenir «humainement intelligent», de se mettre vraiment à notre service, c'est à dire d'intégrer une «démarche humaniste»... Sauf que l'humanisme ne s'invente pas, ne se copie pas ni ne se décrète, et ce ne sont pas des gamins dans des salles informatisées qui peuvent traduire une culture ancienne, dont ils ignorent tout, en langage machine. Ainsi, pour faire simple, comment intégrer la pauvreté, l'ignorance, l'isolement, la vieillesse, la maladie et la mort dans leurs algorithmes? Et au service de qui, dans quel projet et par quelles manipulations?

Pompidou se mit au service des hommes et non d'une société virtualisée «plug and pay». Il ne voulait pas d'une «super-structure étatique» dirigée par un sphinx à la façon de François Mitterrand ou un dieu comme Jupiter (le nom de son labrador). Il se demandait simplement comment améliorer la vie de chacun, et il élabora les réformes correspondantes comme autant de programmes sophistiqués présentés aux citoyens : «Vous en avez rêvé? Je l'ai fait...» mais rien à voir avec un ordinateur Apple et la vanité d'un Steve Jobs.

Pompidou expliqua qu'il croyait plus en l'homme qu'en la société. Sauf qu'il y a un nouveau concept à inclure à son discours, et Georges Pompidou l'aurait vite assimilé: la société prise dans son ensemble agit comme un super-organisme auto-destructeur avec sa folie guerrière, ses industries polluantes rejetant des gaz à effet de serre et son agriculture intensive fatale à la biodiversité.

Pour redresser ces penchants mortifères, il faudrait que chaque individu prenne conscience d'être la partie d'un tout et de la menace globale qui pèse sur la planète entière par effet de contamination: le réchauffement climatique, l'épuisement des ressources, l'injustice croissante de la condition humaine entre le Nord et le Sud, le manque d'eau, les guerres etc.

Chacun d'entre nous devrait avoir la capacité d'interpeller le pouvoir en place pour faire pencher la balance du bon côté des choses, alors que les puissants, les riches, les pourvus, les industriels et les agriculteurs, les banquiers et les financiers, les gouvernements, les lobbys et tout l’Establishment demeurent dans le déni. Ceux-là repoussent le "principe de précaution" (qui dit:"dans le doute, abstiens-toi", un principe de sagesse élémentaire) pour protéger leurs intérêts économiques à court terme, même quand ils savent que le coût social et planétaire sera infiniment supérieur aux bénéfices additionnés de quelques uns d'entre eux. Et une fois leurs méfaits accomplis, le principe "pollueur-payeur" est bafoué...

Je pense à cet agriculteur bien seul dans sa montagne, qui voit ses ruches vides d'abeilles et ses pieds de lavande desséchés. Jadis, ses ancêtres luttaient victorieusement contre les aléas climatiques, mais que faire contre les pesticides neurotoxiques et les gaz a effet de serre?

Le vrai problème est que le simple citoyen, même suffisamment informé, est privé de l'opportunité de s'exprimer en Europe (et pire ailleurs) pour dénoncer les abus évidents.

Notre seul espoir pour nous faire entendre en tant que «société dans l'imminence d'une destruction planétaire» est de «pétitionner». En l'absence de ces pétitions, nos dirigeants organisent des consultations de leur choix ou des référendums inutiles, avec des questionnements qui ne remettent pas en cause leur gouvernance.

Les «machines intelligentes» pourraient être utiles à l'humanité en faisant remonter les craintes de chacun vers nos gouvernements respectifs et en palliant aux excès industriels partout sur la planète. Les cerveaux électroniques ou quantiques, les automates et les robots deviendraient, dans un scénario catastrophe, des «super-flics» chargés de sauver la Terre contre notre irresponsabilité, par tous les moyens et toutes les restrictions possibles. En résumé, la forme la plus évoluée des machines serait de nous asservir pour nous protéger de nous même!

Pour éloigner le spectre d'une auto-destruction inéluctable, il faudrait qu'Emmanuel Macron se pose les bonnes questions: que faire pour nous protéger des industries ravageuses, de la pollution, des machines menaçantes et du transhumanisme au service de projets totalitaires? Quelles seraient, pour nous rendre la vie moins désespérante, les réformes à engager sans plus attendre?

Écoutons en quels termes humanistes s'exprimaient Georges Pompidou* et Jacques Chaban-Delmas*.

*«La République doit être celle des politiques, au sens vrai du terme, de ceux pour qui les problèmes humains l'emportent sur tous les autres, de ceux qui ont de ces problèmes une connaissance concrète, née du contact avec les hommes, non d'une analyse abstraite ou pseudo-scientifique de l'homme. C'est en fréquentant les hommes, en mesurant leurs difficultés, leurs souffrances, leurs désirs et leurs besoins immédiats, tel qu'ils les ressentent ou tel parfois qu'il faut leur apprendre à les discerner, qu'on se rend capable de gouverner, c'est-à-dire effectivement d'assurer à un peuple le maximum de bonheur compatible avec les possibilités nationales et la conjoncture extérieure. L'époque n'est plus à Louis XVI dans son palais de Versailles, au milieu de ses grands, mais rien n'y ressemblerait davantage qu'un grand ordinateur, dirigeant de la salle de commande électronique le conditionnement des hommes.» Dixit Georges Pompidou.

*«La nouvelle société que nous devons construire doit être aussi, faut-il le dire, une société solidaire ; solidaire, certes, à l'égard des faibles et des malchanceux, et à cet égard figurent au premier rang de nos préoccupations les mal logés, les personnes âgées, les handicapés et les veuves. Mais je n'aurais garde d'oublier ces travailleurs étrangers qui assument dans notre économie les travaux les plus pénibles et dont les conditions d'accueil et de vie doivent être améliorées. Notre société doit être également solidaire à l'égard des catégories sociales et des individus qui sont particulièrement touchés par l'indispensable mutation de nos structures économiques. Ce gouvernement veut être celui de la réconciliation et de l'action. Depuis des siècles, notre vieux pays a connu toutes les gloires et toutes les misères; triomphes et défaites se sont succédés; les régimes ont passé et des hommes dont l'amour pour la France ne pouvait être suspecté se sont déchirés au nom même de cet amour. Bien des blessures, des rancœurs et peut-être des haines subsistent encore. Assurer à l'homme sa dignité, lutter contre toutes les injustices, tel est le sens du grand combat que nous devons mener. Il s'agit là d'un grand effort qui ne peut se concrétiser, se réaliser que dans l'union de tous». Extrait du discours d'investiture de Jacques Chaban-Delmas.

Et je pense au ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, quand il cherche à nous mobiliser face aux catastrophes qu'entraînent le réchauffement climatique:

«Nous avons collectivement une immense responsabilité... Nous ne pouvons plus entretenir des divisions, réelles ou factices, alors que cet enjeu appelle une réponse universelle. La confrontation politique est nécessaire, mais sur ce point, faisons la paix. J'appelle à une union sacrée sur le climat...».

Et si la nouvelle société française devenait moins industrielle et plus écologique? Comment la dessineriez vous, monsieur Macron? Ne vous réfugiez pas dans le virtuel et devenez le précurseur d'une écologie réelle et solidaire quand le monde part à la dérive. Car, malheureusement, la pollution est optimisée par les industriels pour atteindre des bénéfices records, quitte à s'acquitter d'un «bonus-malus écologique» en passant les taxes correspondantes par la case «pertes et profits»: un simple jeu comptable, quoi! Merde in France.

dimanche 19 mai 2019

Le Pen chez Salvini, un nid de scorpions: «Menaces sérieuses de guerre et risques d'insurrection en Europe après le 26 mai», dans le blogiblag du 19/05/19 (LJ ©2019).

Pour transporter mes beaux scorpions, je les avais enfermés provisoirement dans un bocal. Et que croyez vous qu'il arriva? C'est simple, ils se sont bouffés entre eux. Et le plus fort, le survivant? Je l'ai nommé Hitler.

Ainsi se comporte le monde réellement, ce qui hélas n'a rien à voir avec «les petits colibris qui s'unissent pour éteindre les incendies», même si l'image du conte de Pierre Rabhi est très belle. Quand des bêtes sauvages sont enfermées ensemble et contraintes à une trop grande proximité, même si elles n'ont pas faim, elles risquent fort de s'entre-dévorer.

Non, il ne s'agit pas là d'une simple allégorie qui renvoie à des considérations abstraites, car pas plus tard qu'hier divers partis d'extrême-droite se sont réunis en Italie, à Milan précisément, à l'invitation de Matteo Salvini. Apparemment, tous sont «copains comme cochons», mais n'en croyez rien car ce sont chacun les représentants de nationalismes exacerbés, au nom des intérêts de leurs pays respectifs. Et que se passera-t-il dans dix ans quand ils auront complètement détricoté l'Europe et qu'ils se retrouveront entre-eux, comme jadis une multitude de petits royaumes désunis? Sans autres ennemis qu'eux-mêmes pour décharger leur venin et réunis à la façon des scorpions dans un bocal, ils se déclareront la guerre plutôt que faire serment d'allégeance au plus puissant d'entre eux!

Et c'est ainsi que pendant des centaines d'années moyenâgeuses, l'histoire nous raconte comment les fils des plus grandes familles de la noblesse sont partis se battre entre eux et se faire tuer, les plus valeureux, les meilleurs, laissant à la tête de leurs royaumes des incompétents, des opportunistes, des vieux, des enfants, des femmes et des infirmes. Comprenant cela comme une opportunité, les Rois de France pour agrandir leur pays les envoyaient systématiquement à la guerre aux frontières lointaines pendant des années ou aux croisades le plus loin possible pour se débarrasser de ces familles tumultueuses et s'emparer de leurs royaumes respectifs, quand ces nobles ne s'entre-tuaient pas de retour chez eux dans des joutes féroces et des duels d'honneur. Il faut dire que chaque blessure pouvait être mortelle en l'absence de soins adéquats.

Aujourd'hui, des grands pays opportunistes comme les États-Unis de Trump, l'Union Soviétique de Poutine et la Chine de Xi Jinping poussent à la déliquescence de l'Europe pour continuer de se partager le monde et s'enrichir impunément au mépris des peuples et de la planète entière, habitués à se jauger et à se défier entre eux par dessus une myriade de petits pays vassaux soumis à leur hégémonisme: c'est par exemple le jeu de la géopolitique qui a permis à la Russie
d'annexer impunément la Crimée ou plus simplement de s'imposer à la tête des 41 pays concurrents du dernier concours de chant de l'Eurovision. C'est aussi la faiblesse de l'Union Européenne qui a autorisé l'ex-URSS à s'installer en Ukraine avec les séparatistes et c'est le silence de nos dirigeants qui conforte la Chine dans ses positions depuis l'invasion du Tibet en 1950! L'ancien conseiller de Trump, Steve Bannon, affirme même que c'est le Brexit, c'est à dire la sortie programmée du Royaume-Uni d'Europe, qui a poussé Donald Trump au pouvoir en 2016 et que c'est le succès des divisions populistes aux élections européennes et l'affaiblissement considérable de l'Europe qui le feront réélire en 2020. En bref, plus nous sommes divisés, plus les dictatures sont gagnantes.

Hélas,
ces dictateurs font un mauvais calcul:  quand les petits partis nationalistes d'une Europe jadis pacifiée n'auront plus d'horizon que leurs petites frontières et la menace armée des pays voisins (même la Suisse soi-disant paisible dispose officiellement de plus de deux millions d'armes civiles), ils se déclareront la guerre entre-eux. Ainsi, les partis de Marine LepHaine et de Matteo Sale-zizi aujourd'hui "camarades" se menaceront par dessus les Alpes et se foutront dans la gueule. Ce sera la guerre partout en Europe, la famine, la destruction et la désolation! Retour au moyen-âge... Et puis 5 ans après, un «parti-scorpion» aura vaincu tous les autres par destruction ou par absorption pure et simple: peut-être se nommera-t-il le «4éme Reich» ? Et que feront l'Amérique de Trump et la Russie de Poutine quand toute l'Europe marchera au pas du fascisme d'une seule voix? Ils ont raison dans cette perspective de s'armer jusqu'aux dents (et le budget de leurs armées est 20 fois supérieur au notre) mais pour quelles destructions à venir? Prévoient-ils d'anéantir l'Europe fasciste aux mains d'un nouvel Hitler puissance 10? Cette erreur stratégique majeure, ils la payeront au prix fort... Sauf que l'ennemi ne sera plus l'Islam envahissante désignée par Salvini, LePen etc. mais nous-mêmes. Alors, nous serons au bord de l'extinction de notre soi-disant civilisation.
 

Je vais donc vous citer les noms de tous les scorpions réunis dans le bocal de Salvini et je vous demanderai de surtout ne pas voter pour eux:
 
Pays-Bas (Parti de la liberté), Belgique (Intérêt flamand), France (Rassemblement national), Autriche (parti de la liberté d'Autriche), Italie (Ligue du Nord), Rép. Tchèque (Liberté et Démocratie directe), Estonie (Parti populaire conservateur d'Estonie), Slovaquie (Nous sommes des familles), Bulgarie (Pouvoir), Danemark (Parti populaire danois), Finlande (Vrais Finlandais), Allemagne (Alternative pour l'Allemagne), Espagne (Vox), Pologne (Droit et Justice), Hongrie (Union civique hongroise)

Et pour souvenir, l'Allemagne (Parti national-socialiste des travailleurs allemands) soit le parti de Hitler arrivé au pouvoir en 1933 mais l'Europe était complètement aveugle à cette époque qui n'avait rien vu venir, n'est-ce pas ? Pas comme nous maintenant...

Déjà, si on envisage en France l'élection comme présidente de Marine Le Pen, il y a un risque majeur d'insurrection à venir devant ce résultat insupportable et inadmissible pour nombre de Français, qui risquent ensuite de communiquer leur rage à l'Europe toute entière. Alors, méfiez vous des
manœuvres géo-stratégiques de Trump et de Poutine, et surtout des petits manipulateurs à leur solde qui se présentent la gueule enfarinée comme Salvini-le-fourbe, Orban-le-méchant, Farage-le-Brexiteur et toute la clique derrière. Madame Le Pen a bien tort de crapauter avec eux dans cette mare:

Un nazi ne fait pas le printemps
Dix nazis ne font pas l'Europe.
(Proverbes du jour)

 Mais oui, ils jouent les artificier pour dynamiter l'Europe et si vous pensez vous aussi qu'il y a danger que tous ceux-là gagnent les élections européennes du 26 mai 2019, prévenez vos amis en tapant #Merde-In-Europe-le-26 et faite passer mon message, mais vite! Au pire, on me chambrera pour mes prévisions trop alarmistes: "mieux vaut prévenir que guérir", telle est ma devise.


vendredi 17 mai 2019

Arrêtons les pesticides: "Cédric Villani, le mathématicien, peut-il sauver nos parlementaires de la déraison?", dans le blogiblag du 18/05/19 (LJ ©2019).

Il y a des combats d'arrière garde, quand des dinosaures pétrifiés par des décennies de mauvaises habitudes refusent de se ranger à la raison: hélas, c'est le cas de nombreux décideurs parmi les industriels, les producteurs, les législateurs, les financiers etc. Par exemple, l'industrie automobile est l'industrie la plus criminelle après l'industrie de l'armement, qui continue de faire des millions de morts et des dizaines de millions d'handicapés à travers le monde depuis des années, au nom bien sûr de la vitesse et du progrès. C'est l'industrie criminogène et polluante par excellence, une «aberration industrielle totale» comme il en existe de nombreuses autres qui pourrissent la planète, mais que des lois obsolètes (maintenues par des parlementaires sans scrupules*) empêchent d'évoluer en bien. La voiture est-elle un bienfait du génie humain? Bien sûr que non. Au contraire, après tant de vies sacrifiées, écrasées et concassées, on ne peut que pleurer la stupidité de tous ça.

C'est aussi cette même vitesse et ce même progrès qui permet a une autre industrie calamiteuse de perdurer, celle de l'agrochimie dont nos paysans (de plus en plus suicidaires) sont les usagés, pour servir à désherber et à désinsectiser les cultures en un seul passage par aspersion de pesticides. Et quand vous savez le travail épuisant de la terre, tellement mal payé "à la tonne" par les centrales d'achat, comment retirer ces dangereux «produits phytosanitaires» à nos paysans déjà épuisés par un travail quotidien sans repos et si peu rémunérateur, faisant d'eux des esclaves modernes de la production agricole? Peut-être que certains producteurs en gros s'enrichissent et se mécanisent à outrance sur des propriétés de plus en plus grandes, mais d'autres stagnent en essayant de conserver simplement leurs terres jalousées par les promoteurs, d'autres renoncent sans pouvoir passer le flambeau: "celui de la passion et du dévouement pour les travaux des champs"  et d'autres en meurent.

Hélas, notre société moderne a remplacé «on a besoin de bras» par «on a besoin de tracteurs et de pesticides». Oui mais voilà, on meurt de respirer et de manger ces pesticides, et pas seulement les abeilles et les oiseaux. On se désespère aussi de voir des étendues de terres infinies arasées et moribondes, enrichies à l'excès d'engrais et de produits chimiques qui ruinent le milieu vivant, qui ruissellent dans les eaux de pluie, qui pénètrent les réserves d'eau potable, qui font mousser les rivières jusqu'aux océans pour répandre la désolation et la mort partout.

C'est pourtant sur ce thème tellement sensible que des «cons de sénateurs» au service des grands cultivateurs prennent la parole directement dans les journaux, quand ce n'est pas dans l'hémicycle, pour nous expliquer par exemple que le glyphosate associé aux biocides (et par extension tous les produits phytosanitaires qui facilitent le travail des champs et autorisent de meilleurs rendements) n'est pas nocif pour la santé. Tiens, pour en faire la démonstration, je leur propose d'en prendre une cuillère à café tous les matins... Mais qui veulent-ils convaincre, ces dinosaures? Faut-il qu'une seule voix, celle de Cédric Villani, ose s'élever contre le manque de discernement de ces parlementaires si peu scrupuleux, achetés par les industriels et les lobbys? Oui, que dire de ces sénateurs et même de ces ministres successifs qui défendent l'indéfendable et nous mentent effrontément depuis tant d'années?

Le vrai problème qu'ils devraient poser, c'est comment rendre la dignité et le courage à nos paysans, à nos éleveurs et tous ceux qui travaillent consciencieusement mais produisent malgré eux des aliments contaminés par des produits chimiques. Par quelles réformes résoudre leur cas de conscience? Comment les entourer et les chérir comme des parents? Comment leur redonner le goût du travail bien fait, celui de nourrir non pas des populations à moindre coût mais de travailler pour des amis, des frères, des voisins et des voyageurs curieux de connaître la France et ses régions. Comment réinventer pour eux l'amour de la Terre et du Vivant? Par quel chemin de pensée, par quelle noblesse d'esprit et de cœur, loin de tous les marchandages iniques. Et puis, comment prévenir les suicides des paysans et comment rendre hommage à tous ceux qui ont renoncé à vivre, pour que leur sacrifice ne soit pas fait en vain dans ce monde à la fois absurde et dérisoire?

Car on connaît les pays qui abusent des pires traitements chimiques dans le monde et qui piquent leurs animaux aux hormones pour accroître rapidement leur «production de viande sur pattes». Hélas, nous sommes le pays qui répand le plus de pesticides d'Europe sur ses terres agricoles, compte tenu de la superficie totale du pays, et nous ne pouvons donner de leçons à personne d'autre qu'à nous même. Et oui, merde in France!


*«L'un des rapporteurs d'une étude commandée par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT), le sénateur Pierre Médevielle, a fait polémique dimanche en affirmant que «en l'état actuel de nos connaissances, le glyphosate est moins cancérogène que la charcuterie ou la viande rouge» (franceinfo). Faut-il donc que nos paysans ne produisent que... de la merde? En somme, rien n'est bon chez ces cochons! Avouez qu'il y a de quoi devenir végétarien... mais sans glyphosate.

mercredi 15 mai 2019

Macron contre Marine Ta-peine aux élections européennes de mai 2019: «L'heure de la revanche populiste a-t-elle sonné?», dans le blogiblag du 10/05/19 (LJ ©2019).

Non, ils ne l'ont pas vu venir, ce Zorro masqué de vert - Emmanuel Macron et voilà tous nos dinosaures de la politique pris au dépourvu comme des poulets de grain surpris par le renard, interloqués, siphonnés par notre Macron-biotic et sa liste Renaissance: tous ces démissionnaires passés ou à venir, les Yannick Jabot (Jadot d'Europe Écologie Les Verts) qui fait l'autruche en se préparant à re-démissionner au profit de la liste de Benoît Hamon (un communiste défroqué qui a coulé le parti socialiste il y a 2 ans sous le regard complice de Mélanchon et des Verts, un peu comme si Monseigneur Barbarin, le Pape et tous les pédophiles s'étaient joints pour couler l’Église catholique déconsidérée par leurs soins), mais aussi Laurent Veau-quiet (le Wauquiez des Républicains) qui regarde obstinément le bout de ses poulaines "so british" taille 48 devenues d'un coup beaucoup trop grandes pour l'avenir qu'il lui reste, obligé de passer le relais à son professeur de philosophie F-X Bellamy et puis le PS de R. Glucksmann qui découvre l'écologie comme une bouée de sauvetage au milieu de la mer méditerranée mais qui pagaie en sens inverse de la côte de peur de rejoindre le président Noland sur la plage des has-been (François Hollande, pas pressé non plus de revenir aux manettes de cette bande de gros nuls), et puis une trentaine de listes européennes menées par des chefaillons qui courent comme des canards sans tête en espérant au minimum se faire rembourser leurs frais de campagne... pour finir avec la seule opposante qui ose se planter devant Macron, la bourgeoise qui s'autorise à lancer l'anathème et l'hallali sur notre bon Président, l’inénarrable Marine Ta-peine (Le Pen) qui se console de sa dernière raclée aux élections présidentielles de 2017 (et de sa déconfiture à venir parce qu'elle est incompatible avec la République, ndlr) en enregistrant un regain inespéré pour le RN, son «Renouveau Nazi» inspiré par le FN familial, l'ex «Front des Négationnistes» du gégène-râle en chef Jean-Marie gna gna gna, son méchant papa-gâteux...

Évidemment, l'abstention massive de l'électorat français pour les intérêts européens devrait bénéficier au RN et à tous les europhobes réunis qui attendent de faire un score exceptionnel, sauf fausse manœuvre de dernière minute*, et le patriarche de tempêter par derrière :


_Mais quelle idée de monter ce parti de nulos pour me destituer? Et expliquez-moi ce que veut dire RN? «Route Nationale», «Rien à Niquer» sauf les chèvres en débarquant à Bab El Oued ou encore le «Rassemblement de Nazes» ? Mais quelle déchéance... Et c'est qui, ces vilains «Gilets jaunes», des black blocks entraînés à la guerre civile associés à des barbus intégristes et d'autres moustachus homosexuels genre «chauffeurs-routiers», tous rasés de frais sous leurs cagoules mais avec des boulons et des petites bouteilles d'essence siphonnée sous le couvert qui viennent embraser l'Arc de Triomphe de notre Jeanne d'Arc nationale et les commerces de luxe des Champs Élysées comme des roues de camion devant les péages d'autoroutes, puis qui menacent la tombe du Soldat inconnu et jusque nos forces de l'ordre françaises? Même Mélanchon, le nez dans son bol de quinoa, s'est désolidarisé de cette engeance révolutionnaire en adoptant le regard bas des Bolcheviks qui assistaient impuissants au déboulonnage des statues de Lénine et de Staline. Après le bordel des Gilets jaunes organisé en France toutes ces semaines passées, cette honte internationale, faut-il que deux soldats des forces spéciales se fassent tuer en mission au Burkina Fasso par des preneurs d'otages pour que la France retrouve pendant une minute de silence son honneur et celui de ses héros?

Bien sûr, tu n'as pas choisi ta famille, seulement tes amis politiques: Poutine et Trump les manipulateurs, Farage le brexiteur, Orban s'il veut bien, Salvini... Mais tant qu'à faire, ma fille, je préférais ta bande de peigne-zizi d'avant... Tiens... même ton bon ami Philipopotin, le «Patriote gay» qui nous a ridiculisés en tortillant du cul au FN (renommé le Fion National avant sa dissolution, ndlr), j'aurais tout supporté de ce neuneu plutôt que de voir des zoulous masqués et encapuchonnés qui se désapent derrière les portes cochères pour se mélanger à la foule genre «tu m'vois, tu m'vois plus», cette ignominie anarcho-libano-salafiste gna gna gna qui vient surtout piller les bijouteries et les banques juives, les petits joueurs... Des nazis d'opérette, des mauvais collabos qui font le salut à l'envers en se croyant malins! Et pourquoi pas leur demander de tracer des croix gammées et des étoiles jaunes sur les portes avec ta liste électorale européenne collée dessous? T'as raison de ne pas trop t'afficher avec tes nouvelles accointances en jaune et noir, ma fille, mais tu files quand même un mauvais coton. Macron et les communistes de chez Mediapart et de Libé vont te marquer à la culotte et tu ne pourras pas t'en sortir en ricanant bêtement gna gna gna... Ne rêve pas d'un troisième tour des présidentielles 2017 et remonte tes chaussettes, Marinette !

*Marine Le Pen a fait un selfie controversé mardi en Estonie avec un militant radical estonien "suprémaciste" du parti d'extrême droite local Ekre, photo instantanée sur laquelle les deux responsables font un signe familier des suprémacistes blancs, dont la présidente du RN a dit ignorer la signification et a par la suite demandé à ce que l'image soit retirée de Facebook. Sur ce cliché, les deux responsables forment un cercle avec le pouce et l'index, les trois autres doigts levés. Figure bien connue des plongeurs sous-marins pour signifier "ok", cette position de la main a depuis été reprise par les partisans de la supériorité de la race blanche aux États-Unis (et le tueur de Christchurch en Nouvelle-Zélande). Le déplacement de Marine Le Pen en Estonie fait partie d'une tournée européenne pour soutenir les alliés du RN en Europe en vue de constituer un grand groupe avec son allié italien Matteo Salvini, à l'issue des élections européennes du 26 mai. Le parti Ekre a défrayé la chronique pour compter dans ses rangs des personnes condamnées pour des actes de violences et des sympathisants néo-nazis. Aux Etats-Unis, après Charlottesville, le Congrès somme Trump de condamner les groupes suprémacistes blancs. /info Europe 1, 15 mai 2019