jeudi 23 octobre 2014

Billet d'humour : « La Révolution 3.0, c'est celle du consommateur averti ! », l'actu revisitée dans le blogiblag du 23 octobre 2014 (LJ ©2014).

La Révolution 3.0, faites passer : « Le pouvoir politique reviendra bientôt aux consommateurs » :
On voudrait nous l'ôter avec nos derniers espoirs, la Révolution 3.0. Alors que l'État se désengage du quotidien pour devenir juge et arbitre des grands enjeux de ce siècle, nous avons le choix de décider de notre économie, de notre PIB, de nos investissements, de notre chômage.

La révolution 3.0 n'est pas informatique mais volontaire : par exemple, ce sont les Allemands qui renoncent à l'énergie atomique et déjà 35 % de la population génère son énergie particulière, ce sont les Américains qui réinventent l'emploi et 40 % deviennent créateurs d'entreprises individuelles. Il réinventent aussi les transports avec l'autopartage et le covoiturage. Alors, que faisons-nous ?

Les profiteurs systémiques nous ont déclarés impotents, c'est à dire incapables d'inventer les conditions de notre liberté. Notre gouvernement est au chevet du malade imaginaire « France », une entité polymorphe imposable, mais il ne veut rien lâcher de son pouvoir. Il cherche à remplir ses caisses, qu'il vide encore plus vite par sa seule fonction. Il nous sclérose les neurones par ses complications administratives, il nous angoisse pour continuer de taxer notre activité ralentie. Vous parlez d'un médecin ! Il en est encore au temps de la saignée. En fait, il a déjà perdu. Les citoyens entreront en résistance. Et il ne pourra plus longtemps s'appuyer sur la grande industrie parce que des patrons comme Christophe de Margerie étaient les dinosaures d'une ère préhistorique. Areva, EDF et les autres sont des rêves d'empire décapités qui s'attendent à se faire absorber comme des vulgaires « listes de clients » par des opportunistes. Les puissants afficheront leurs bénéfices en dizaines de milliards sur les murs du Nasdaq.

Depuis longtemps, les monnaies sonnantes et trébuchantes d'or et d'argent ont disparu des comptoirs et des mains, comme aujourd'hui les cabines téléphoniques et les boîtes aux lettres des rues. Mais du fait qu'on échange encore d'horribles billets de banque entre nous, des richesses ne sont pas déclarées d'une année sur l'autre qui restent dissimulées, au grand dam de l’État. Alors tout est fait pour tuer l'échange direct, pour surveiller nos avoirs, d'où la monnaie électronique. Les multinationales, celles qui passent par dessus les états pour nous asservir, nous invitent déjà dans des mondes virtuels sous perfusion, cernés de gadgets qu'il faut renouveler sans cesse. Là, la propriété est collective et l'argent virtuel file entre nos doigts directement vers leurs paradis fiscaux. En retour, des fonds de pension rachèteront nos biens et propriétés.

Ainsi Paris est devenue un décors de cinéma, un musée. Nos rues devraient fourmiller de petits boulots, mais les murs épais de nos commerces sont vides d'artisanat. Les maisons en torchis d'Afrique et les cabanes en toits de tôle aux bords des autoroutes sont plus vivantes.

Pour entrer en résistance, par exemple, pourquoi ne pas proposer des chèques emplois pré-fiscalisés dans les bureaux de poste, les tabacs (à la place des cigarettes et des jeux), et tous les guichets pour appointer la main d’œuvre occasionnelle, les aides ménagères, les assistants et tous les petits services ? Une monnaie d'échanges de services, MES, bien de chez nous. Oui, continuons de battre monnaie envers et contre tout, au service des entreprises de proximité et des sans grades.

Les adolescents quittent leurs études la tête pleine de formules mathématiques et de littérature, mais très peu sauront créer leur entreprise, tenir une comptabilité et prospecter des clients. Notre éducation et la formation continue sont des leurres pour fabriquer des ouvriers en nombre, des fonctionnaires, quelques scientifiques et ingénieurs et des dirigeants issus des grandes écoles, suivant les vieux schémas dépassés : les usines ferment, les collectivités débauchent, nos meilleurs scientifiques et ingénieurs sont achetés à l'étranger, et quelques promotions des grandes écoles phagocytent les postes de direction sous prétexte de réformes dangereuses mais indispensables. Avant eux, tout n'allait-il pas de travers ? Je ne le crois pas. On nous culpabilise grave, et c'est le milliardaire Xavier Niel, le PDG de Free, qui vient à notre rescousse : "
La France est un pays où les choses vont plutôt bien ", ose-t-il affirmer comme en son temps Bernard Tapie. Soutenu par François Hollande, il vient installer une annexe de la Silicon Valley à Paris. Qui l'eut cru ? Au moins il essaye, curieusement seul de son espèce. Oui, arrêtons de donner des billes à nos voisins et alliés !

Notre gouvernement d'énarques prétendra avoir résorbé le chômage quand la moitié des inscrits auront été radiés, en priorité les femmes et les seniors, pour revenir aux chiffres du « plein emploi », c'est à dire à l'abandon de ces classes là. Aucun travailleur ne s'en plaindra : cette « réforme » est indolore. Les jeunes resteront chez leurs parents jusqu'à trente cinq ans pour devenir directement des vieux cons. Effectivement, le gouvernement Schröder a réussi ce petit miracle précédemment en Allemagne, avec un sixième de la population paupérisée silencieusement, convertie de force à des emplois sous-payés. Les Américains et les Japonais avaient « redressé » plusieurs fois leurs économies par des mesures semblables mais tout se passe sereinement aux pays du yen comme au pays du dollars... Capitalisme sans conscience n'est que ruine du peuple.


Peut-être faudrait-il que notre gouvernement commence par racheter sa dette ? Le plus drôle, c'est que par exemple Disneyland Paris paie des intérêts à son banquier qui n'est autre que sa maison mère aux États-Unis, la Walt Disney Company, de sorte qu'avec quinze millions de visiteurs en France et plus d'un milliard de chiffre d'affaire, 20 ans après ils sont toujours endettés. De même, Total amasse des milliards mais demeure déficitaire dans notre beau pays (comme si le prix de l'essence à la pompe était en dessous du cours), mais notre première entreprise nationale paie quand même 15 milliards de dollars d'impôts à l'étranger ! Savons nous faire pareillement chez nous ? Les 4 grandes firmes américaines, le GAFA, paient à peine quelques millions d'impôts en France au nom de l'optimisation fiscale, mais aussi la Starbucks Company et d'autres encore. Bien sûr, Areva et EDF seront exemptées parce que le prix de l'électricité est toujours trop bas malgré la dernière révaluation, la SNCF parce que le prix des billets n'est pas suffisant relevé et ainsi de suite. La banque Parisbas va même payer des milliards de dollars aux États-Unis pour avoir osé chasser sur leurs plates-bandes à Cuba !

Mais toutes ces multinationales ont des patrons qui se rémunèrent à coups de millions. Alors, faut le dire haut et fort : « tous ça, c'est de la m... ». Oui, libre à nous les consommateurs d'acheter les smartphones d'Asie, le Big Data d'Amérique, les BMW d'Allemagne et de creuser notre déficit commercial. Après la guerre, nos parents appelaient l'opératrice au téléphone et roulaient en Citroën, et ils ne sont pas morts endettés. Libre à nous d'acheter les lapins et les jouets de Noël en Chine, le gaz de Russie et le pétrole du moyen-orient. Mais qu'est-ce qui fait peur à tous ces pays ? Ce n'est pas notre rébellion d'extrême-droite, non, c'est une consommation responsable, ciblée et choisie, une consommation de proximité, sans intermédiaires, depuis des producteurs locaux de qualité. Au contraire, on nous serine que « le bon temps est mort qui ne reviendra pas », comme une vieille rengaine, un élément de sagesse. Méfiez vous de ces maîtres-chanteurs ! Et puis des technocrates lobbyistes, il y en à plein Bruxelles, là où se consolent les réprouvés de la République, avec leurs casseroles aux fesses.

C'est à nous de prendre notre sort en main. Et c'est peut-être ce que Valls à expliqué à Merkel Merveille et Cameron de Jambe, du moins je l'espère. Hélas, le pauvre, il sait bien que personne en France ne renoncera à son confort facile grâce aux petites mains d'Asie. Hollande l'a médaillé en récompense de son abnégation. Est-ce à dire que nous ne paierons aucune pénalité à l'Europe ? Ouf, c'est que nous risquions de payer fort cher nos 4,3 % de déficit budgétaire. Malgré la bonne volonté relative de nos voisins, la hausse des taux d'intérêts américains et la rétrogradation de notre note d'estime par Standard & Poor's peu nous asphyxier encore plus sûrement. De fait, entre l'Europe et l'Amérique, nous voilà sous tutelle. Mais Hollande  ne veut plus se faire dicter sa gestion par les instances européennes et
Matteo Renzi à des révélations à faire.

Mais on s'en fout ! Alors à nous la Révolution 3.0. Je ne parle pas de celle de Mélanchon et de son « Assemblée constituante » pour une nouvelle république à la façon de la Révolution Française. On les connaît, ces révolutionnaires
à la mords-moi-le-nœud. Je ne parle pas de celle de Sarkozy à venir, un jeu d'équilibriste sur la corde raide, ni de l'illusion lepéniste. Je ne parle pas de la Tunisie et du Printemps Arabe : ils en sont encore à chercher qu'est-ce qui a foiré, parce que la religion est leur meilleur ennemi.

Cette révolution 3.0, c'est de choisir notre consommation contre les lobbies de la politique et des multinationales. Notre industrie doit reprendre une forme humaine, familiale, et pas seulement la couleur verte « bio » à la mode. Nous devons garder les valeurs qui fondent notre société, rejeter les mensonges de la surconsommation et de l'endettement nécessaires. Pourquoi nos grandes surfaces sont-elles devenues les entrepôts de la mondialisation ? Pourquoi nos petits commerces disparaissent ? Et pourquoi ne pas fabriquer notre énergie, nos réseaux de proximité et définir nos engagements pour lutter contre la mondialisation qui nous démolit ?

C'est parce que nous aurons fait les bons choix que notre gouvernement, qu'il soit de Gauche comme de Droite, nous suivra et pas le contraire. Alors, je vous dis, consommons intelligent et posons les bonnes questions à nos dirigeants : ils vont s'inquiéter de tant de liberté, parce qu'il n'y a pas d'esclaves éclairés ni de servitudes dénoncées qui tiennent. 


En 2014, BNP Paribas est condamnée par la justice américaine à une amende de 8,9 milliards de dollars pour avoir violé des embargos américains.
 
Christophe de Margerie, le PDG de Total, est mort le 20 octobre 2014 à Moscou dans un accident d'avion.

Le 22/10/14 : Le chef de l’État remet la grand-croix de l'ordre national du Mérite à son Premier ministre Emmanuel Valls.


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