La nuit était moite, sans la moindre pale pour broyer sa touffeur en cet été 2016. À Paris et malgré le réchauffement climatique, l'habitude n'était pas encore à l'air conditionné... Ainsi, je baignais sans espoir dans l'évaporation de mes humeurs surchauffées, l'oreille à vif entre les bavardages à la radio et le lancinant manège des sirènes dans les rues voisines. Une détonation lointaine avait retenti et je soupçonnais qu'un connard s'était encore fait sauter. C'était une fin de guerre pénible au moment d'écrire la « nécro » de Daech, quand quelques centaines de mercenaires encerclés entre l'Irak et la Syrie par la coalition espéraient encore faire tâche pour venir répandre la terreur en occident.
Historiquement, pendant la guerre du Pacifique des jeunes Japonais promus du jour au lendemain « kamikazes » s'étaient entraînés à piloter des avions de chasse pour accomplir leur sacrifice ultime contre la flotte américaine (basée principalement à Pearl Harbor, le « port des Perles ») en décollant des porte-avions de la marine impériale japonaise. Sur ce même modèle, l'entreprise terroriste désignée sous l'acronyme arabe de Daech formait d'urgence des artificiers pour qu'ils répandent la mort autour d'eux. On soupçonnait même que des combattants islamistes s'étaient mêlés à une immigration massive poussée de force jusqu'en Europe entre les années 2015 et 2016. Les « états-îles » anglo-saxons, c'est à dire les États-Unis, le Canada, l'Australie et le Royaume-Uni qui ont pour frontières à l'est comme à l'ouest des océans réussissaient à éviter les attentats djihadistes en s'exemptant des migrations correspondantes et en contrôlant au plus près les flux aériens depuis le 11 septembre 2001 : ainsi pouvaient-ils maintenant donner des leçons à la vieille Europe socialiste... Au Parlement européen, entre les séances plénières à Strasbourg ou à Bruxelles, on se disputait encore pour reconnaître l'opportunité d'un PNR global, le Passenger Name Record.
Pourtant, les médias nationaux signalaient l'insécurité croissante dans la capitale qui risquait de réduire de 50 % à presque rien la transhumance touristique traditionnelle vers Paris. Les capitales concurrentes et les autres « villes mondes » comme New York, lourdement impactée après les attentats du 11 septembre, redirigeaient déjà les flux touristiques vers leurs centres en se prétendant libérées elles-mêmes du terrorisme et du banditisme. Paris n'avait-elle pas trop tardé à réagir à cause de l'angélisme de ses gouvernements successifs ? Maintenant, même la Gauche française se devait d'être « réactionnaire » pour la sécurité de tous et surtout pour sauvegarder notre industrie touristique.
La radio que j'avais choisi cette nuit là était « alternative », de sorte que je recevais des échos différents de la situation. Sur « Ici et Maintenant » , un propagandiste habile tentait un « coup de poker » avec des arguments plutôt discutables du genre : « vous pillez nos richesses pétrolières, d'où la guerre au Moyen-orient. Mais cette guerre va durer 20 ans et surtout cela va vous coûter très cher, sauf si vous retournez chez vous car les islamistes n'ont rien contre vous... Alors partez vite ! ». Je me disais que Daech devait être dans une sale position pour envoyer ses hommes se faire exploser dans nos pays apaisés avec l'idée improbable de nous convaincre d'abandonner la zone de combat. Leurs dernières armées, coincées en tenaille entre les troupes locales au sol et les bombardements des Américains et des Russes (réunis comme jadis contre les nazis) refluaient et essayaient de se dissoudre dans les villes parce que, pilonnées par l'aviation de chasse et les drones, même les montagnes n'étaient plus sûres pour elles.
Cette nuit là, je me disais en baignant dans ma transpiration que pendant des milliers d'années le pétrole affleurant à la surface des déserts n'avait eu aucune valeur pour les anciens. D'ailleurs, les peuplades qui utilisent encore le bitume pour calfeutrer leurs habitations s'exposent aux pires maladies et au cancer. Il y a peu, des enfants sont tombés gravement malades dans des communautés indigènes péruviennes pour avoir rempli à mains nues des sceaux de pétrole à la sortie d'un oléoduc qui fuyait. Le pétrole n'a jamais été leur richesse, sinon leur opportunité. Je repensais aussi à mon enfance, à la pollution des villes, à mes parents lourdement endettés lors du deuxième « choc pétrolier » en 1979, aux cancers du poumon qui réduisaient la vie de moitié de mes amis les plus chers. Je pensais encore au prix d'un plein d'essence qui impactait si lourdement les salaires à peine au dessus du seuil de pauvreté des ouvriers et des familles nombreuses. Le pétrole se mange-t-il ? Allons donc.
Non, le pétrole n'est qu'une saleté qui n'a pas d'autre vocation que de retourner profondément sous terre avec le plomb, le mercure, l'uranium, l'amiante etc. D'ailleurs, tous les produits pétroliers et les plastiques se corrompent et se dissolvent lentement, créant une demande permanente et des déchets conséquents en même temps qu'une consommation forcenée. Le pétrole ? C'est l'or des pauvres, l'or des pétrochimistes qui se change un matin en plomb. À l'entrée comme à la sortie des raffineries, rien de souhaitable : le pétrole n'est pas une richesse mais un pis aller. Il est au service des pétromonarchies et des places financières pour bâtir des villes démentes avec des gratte-ciels qui concurrencent une Amérique vieillissante : la Burj Khalifa contre l'Empire State Bulding. Le pétrole sert aussi aux djihadistes pour se rémunérer et pour acheter des armes ! Mais pour remplir ces nouvelles villes arabes et attirer les capitaux, les pétromonarchies devront être stables, à l'abri du terrorisme. Interrogeons l'histoire : les plus grands empereurs romains n'étaient-ils pas les plus paisibles ? Le « républicain » Auguste, plus que César, a amené une période de stabilité connue sous le nom de Pax Romana. Non, aucune civilisation ne se construit sur le sable et la guerre. Comprenez, les démocraties arabes attendues devront absolument tourner le dos à Daech comme à Al-Qaïda, ces bandes de criminels et de mercenaires assoiffés de sang.
Le pétrole ? On en veut plus. Ne sentez vous pas ? Ces huiles brûlées polluent gravement tout l'air respirable et puis nous ne sommes pas des robots : nos cœurs ne sont pas des moteurs qui fonctionnent aux huiles minérales et nos cerveaux ne sont pas des piles atomiques, jusqu'à preuve du contraire. Avons-nous besoin d'eaux minérales radioactives pour nous réhydrater ou de pétrole pour nous frictionner le cuir chevelu ? Ce putain de pétrole n'est pas une richesse et je souhaite à personne de le voir couler à la sortie de ses robinets. Et puis, le pétrole ne participe pas à la paix et n'enrichit pas les peuples, seulement quelques milliardaires. Fallait-il que Daech soit corrompu par l'occident pour en faire sa richesse et sa victoire ?
Allez, vous prendrez bien encore un pt'it verre... de pétrole pour la route ?
Historiquement, pendant la guerre du Pacifique des jeunes Japonais promus du jour au lendemain « kamikazes » s'étaient entraînés à piloter des avions de chasse pour accomplir leur sacrifice ultime contre la flotte américaine (basée principalement à Pearl Harbor, le « port des Perles ») en décollant des porte-avions de la marine impériale japonaise. Sur ce même modèle, l'entreprise terroriste désignée sous l'acronyme arabe de Daech formait d'urgence des artificiers pour qu'ils répandent la mort autour d'eux. On soupçonnait même que des combattants islamistes s'étaient mêlés à une immigration massive poussée de force jusqu'en Europe entre les années 2015 et 2016. Les « états-îles » anglo-saxons, c'est à dire les États-Unis, le Canada, l'Australie et le Royaume-Uni qui ont pour frontières à l'est comme à l'ouest des océans réussissaient à éviter les attentats djihadistes en s'exemptant des migrations correspondantes et en contrôlant au plus près les flux aériens depuis le 11 septembre 2001 : ainsi pouvaient-ils maintenant donner des leçons à la vieille Europe socialiste... Au Parlement européen, entre les séances plénières à Strasbourg ou à Bruxelles, on se disputait encore pour reconnaître l'opportunité d'un PNR global, le Passenger Name Record.
Pourtant, les médias nationaux signalaient l'insécurité croissante dans la capitale qui risquait de réduire de 50 % à presque rien la transhumance touristique traditionnelle vers Paris. Les capitales concurrentes et les autres « villes mondes » comme New York, lourdement impactée après les attentats du 11 septembre, redirigeaient déjà les flux touristiques vers leurs centres en se prétendant libérées elles-mêmes du terrorisme et du banditisme. Paris n'avait-elle pas trop tardé à réagir à cause de l'angélisme de ses gouvernements successifs ? Maintenant, même la Gauche française se devait d'être « réactionnaire » pour la sécurité de tous et surtout pour sauvegarder notre industrie touristique.
La radio que j'avais choisi cette nuit là était « alternative », de sorte que je recevais des échos différents de la situation. Sur « Ici et Maintenant » , un propagandiste habile tentait un « coup de poker » avec des arguments plutôt discutables du genre : « vous pillez nos richesses pétrolières, d'où la guerre au Moyen-orient. Mais cette guerre va durer 20 ans et surtout cela va vous coûter très cher, sauf si vous retournez chez vous car les islamistes n'ont rien contre vous... Alors partez vite ! ». Je me disais que Daech devait être dans une sale position pour envoyer ses hommes se faire exploser dans nos pays apaisés avec l'idée improbable de nous convaincre d'abandonner la zone de combat. Leurs dernières armées, coincées en tenaille entre les troupes locales au sol et les bombardements des Américains et des Russes (réunis comme jadis contre les nazis) refluaient et essayaient de se dissoudre dans les villes parce que, pilonnées par l'aviation de chasse et les drones, même les montagnes n'étaient plus sûres pour elles.
Cette nuit là, je me disais en baignant dans ma transpiration que pendant des milliers d'années le pétrole affleurant à la surface des déserts n'avait eu aucune valeur pour les anciens. D'ailleurs, les peuplades qui utilisent encore le bitume pour calfeutrer leurs habitations s'exposent aux pires maladies et au cancer. Il y a peu, des enfants sont tombés gravement malades dans des communautés indigènes péruviennes pour avoir rempli à mains nues des sceaux de pétrole à la sortie d'un oléoduc qui fuyait. Le pétrole n'a jamais été leur richesse, sinon leur opportunité. Je repensais aussi à mon enfance, à la pollution des villes, à mes parents lourdement endettés lors du deuxième « choc pétrolier » en 1979, aux cancers du poumon qui réduisaient la vie de moitié de mes amis les plus chers. Je pensais encore au prix d'un plein d'essence qui impactait si lourdement les salaires à peine au dessus du seuil de pauvreté des ouvriers et des familles nombreuses. Le pétrole se mange-t-il ? Allons donc.
Non, le pétrole n'est qu'une saleté qui n'a pas d'autre vocation que de retourner profondément sous terre avec le plomb, le mercure, l'uranium, l'amiante etc. D'ailleurs, tous les produits pétroliers et les plastiques se corrompent et se dissolvent lentement, créant une demande permanente et des déchets conséquents en même temps qu'une consommation forcenée. Le pétrole ? C'est l'or des pauvres, l'or des pétrochimistes qui se change un matin en plomb. À l'entrée comme à la sortie des raffineries, rien de souhaitable : le pétrole n'est pas une richesse mais un pis aller. Il est au service des pétromonarchies et des places financières pour bâtir des villes démentes avec des gratte-ciels qui concurrencent une Amérique vieillissante : la Burj Khalifa contre l'Empire State Bulding. Le pétrole sert aussi aux djihadistes pour se rémunérer et pour acheter des armes ! Mais pour remplir ces nouvelles villes arabes et attirer les capitaux, les pétromonarchies devront être stables, à l'abri du terrorisme. Interrogeons l'histoire : les plus grands empereurs romains n'étaient-ils pas les plus paisibles ? Le « républicain » Auguste, plus que César, a amené une période de stabilité connue sous le nom de Pax Romana. Non, aucune civilisation ne se construit sur le sable et la guerre. Comprenez, les démocraties arabes attendues devront absolument tourner le dos à Daech comme à Al-Qaïda, ces bandes de criminels et de mercenaires assoiffés de sang.
Le pétrole ? On en veut plus. Ne sentez vous pas ? Ces huiles brûlées polluent gravement tout l'air respirable et puis nous ne sommes pas des robots : nos cœurs ne sont pas des moteurs qui fonctionnent aux huiles minérales et nos cerveaux ne sont pas des piles atomiques, jusqu'à preuve du contraire. Avons-nous besoin d'eaux minérales radioactives pour nous réhydrater ou de pétrole pour nous frictionner le cuir chevelu ? Ce putain de pétrole n'est pas une richesse et je souhaite à personne de le voir couler à la sortie de ses robinets. Et puis, le pétrole ne participe pas à la paix et n'enrichit pas les peuples, seulement quelques milliardaires. Fallait-il que Daech soit corrompu par l'occident pour en faire sa richesse et sa victoire ?
Allez, vous prendrez bien encore un pt'it verre... de pétrole pour la route ?
*Pétromonarchie : monarchie dont l'économie est principalement basée sur les exportations de pétrole / Nul n’est prophète en son pays et l’agence Standard & Poor’s le rappelle aux dirigeants des puissantes pétromonarchies : un prix du baril de brut durablement bas pourrait non seulement ralentir les économies locales mais aussi affecter sérieusement leurs projets d’infrastructures et se traduire par des déficits budgétaires.(Wiktionary)
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