Poutine, le marchand de guerre : quand massacrer devient "faire la paix"
L’ultimatum de 50 jours de Donald Trump, censé "régler le conflit" en Ukraine, a été balayé d’un revers de main par le Kremlin. Poutine ne s’en cache même plus : l’Ukraine est un projet industriel à long terme, une "opération" qui ne souffrira ni interruption, ni calendrier imposé par Washington.
Ce dimanche, le porte-parole Dmitri Peskov a expliqué sur la chaîne Rossiya 1 que "le règlement du conflit est un processus long et complexe", que "les dirigeants américains comprennent de mieux en mieux". Traduction : Trump n’a ni le pouvoir, ni la crédibilité pour imposer ses délais.
Poutine pousse l’humiliation plus loin : sa guerre, pourtant marquée par plus de 500 000 morts, des millions de blessés et de déplacés, des villes entières rasées, est présentée comme une œuvre de construction, un chemin vers la paix.
Selon le Kremlin, plus la guerre sera "réussie", plus la "paix russe" sera durable. La destruction devient un investissement moral ; l’invasion, une entreprise planifiée ; les bombardements quotidiens, une étape vers l’harmonie.
Poutine se drape ainsi dans le costume-cravate de l’entrepreneur raisonnable : pas un criminel de guerre, mais un bâtisseur, vendant à l’opinion internationale la guerre comme un service à l’humanité.
Trump, de son côté, n’est plus qu’un figurant. Ses ultimatums d’opérette n’effraient personne. Pas un mot du Kremlin sur les "sanctions" promises. Pas un geste de recul sur les frappes massives. Poutine accule Trump comme un petit boxeur, le ridiculise et poursuit son rouleau compresseur, certain que le temps et la propagande finiront le travail.
L’ultimatum de 50 jours lancé par Donald Trump pour "régler le conflit" en Ukraine n’a eu qu’un effet : prouver au monde que Trump n’a ni pouvoir ni crédibilité. À Moscou, Dmitri Peskov l’a dit sans détour : "Le règlement du conflit est un processus long et complexe, que les dirigeants américains commencent à comprendre." Traduction : la Russie dicte le tempo, et l’Ukraine n’est qu’un chantier à achever.
Dans le récit russe, l’invasion et les bombardements massifs ne sont plus des crimes, mais une étape vers une paix durable. Les centaines de milliers de morts, les millions de déplacés et les villes rasées disparaissent derrière un discours lisse : plus la guerre sera "efficace", plus la paix russe sera stable.
C’est un glissement calculé : la guerre devient une entreprise industrielle, Poutine un entrepreneur rationnel plutôt qu’un criminel de guerre.
Cette logique n’est pas neuve. Elle rappelle celle de Mein Kampf, où Hitler présentait ses conquêtes comme des "missions vitales" pour la survie et la grandeur de l’Allemagne, justifiant chaque massacre comme un préambule à l’ordre et la prospérité. Comme Hitler, Poutine :
inverse la réalité (la guerre comme outil de paix), déshumanise ses victimes (les Ukrainiens sont des obstacles, pas des vies), justifie ses crimes comme "inévitables et cohérents", et diffuse un récit où la violence est synonyme de progrès.
La propagande russe martèle cette inversion chaque jour : à la télévision, sur les réseaux, dans les discours officiels. Toute voix discordante en Russie est réduite au silence : journalistes emprisonnés, opposants "disparus", médias étrangers expulsés.
Face à cela, Trump apparaît comme un pantin inutile : ses ultimatums de 24 heures, 50 ou 100 jours n’intimident personne, surtout pas le Kremlin. Poutine, sûr de son narratif et de son impunité, poursuit ses frappes quotidiennes, ses vagues de drones d'origine iranienne et ses missiles supersoniques, en ricanant de la posture "protectrice" de Trump.
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