Ce pourrait être la chronique d'un échec annoncé: pour les prochaines élections municipales du dimanche 28 juin, le credo de la Droite française est Propreté et Sécurité. Moi, j’espère sincèrement que ces politiciens vont se prendre une raclée exceptionnelle face aux écologistes. Par exemple, la très suffisante Rachida Dati propose pour réformer Paris d’installer quelques pots de fleurs géants aux endroits stratégiques: voilà sont logiciel pour améliorer l’air irrespirable et la circulation routière démentielle dans la capitale! Pourtant, nous savons tous qu’il n’y a pas de remède miracle: il faut réduire drastiquement le trafic routier et redonner les rues aux piétons, moins de pétrole et de gaz etc., c’est à dire qu’il faut commencer par réduire la consommation d’énergie et les pollutions correspondantes. Il en résulterait que les rues seraient moins noires de suie et que les piétons tombés du trottoir risqueraient moins souvent leur vie.
D’ailleurs, toute la droite est au taquet au moment d’afficher son mépris envers la moindre mesure écologique. On se souviendra toujours de l’avis donné par Sarkozy vers la fin de son mandat: «Maintenant, l’écologie, ça suffit!». Oui, «Business is business» ne cessent de répéter les hommes d’affaire en chœur avec les trafiquants d’armes et de drogue. Pour eux, rien ne doit perturber le passé, c’est à dire tout ce qui nous met dans le rouge et nous tue à petit feu depuis la fin de la guerre et la domination américaine.
Curieusement, chaque fois qu’un petit prof de philo prend la parole, c’est pour devenir le chantre de ce capitalisme le plus éhonté et d’un libéralisme scabreux, puisque tout est permis au nom du pognon. En cela, F-X Bellamy ne déroge pas à la règle, tout en se passant la main dans les cheveux pour imiter Catherine Deneuve, tant son discours est standardisé et parfaitement interchangeable avec toutes les arguments éculés des autres faux-losophes de son acabit, Onfrais de la Moule et Enthovent du Slip qui pue.
Mais comment la droite et la gauche française peuvent-elles s’opposer à ce point sur tout? Et quels sont les intérêts de ces têtes de gondoles pour discréditer continuellement l’écologie?
Au contraire de ces abrutis, Delphine Batho, la présidente de Génération Écologie et ancienne ministre de l'Écologie, souhaite que le Parlement examine au plus tôt les 149 propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Mardi 23 juin, sur Franceinfo, la députée des Deux-Sèvres s'est opposée à ce qu'Emmanuel Macron réalise un "tri sélectif" des mesures écologiques proposées par cette convention de 150 citoyens tirés au sort et elle a approuvé la proposition de réduction à 110 km/h de la vitesse sur les autoroutes:
« Nous proposons que soit inscrite à l'ordre du jour du Parlement, au mois de juillet, une loi sur les 149 propositions de la Convention citoyenne. On ne peut pas encore tergiverser, renvoyer à plus tard des décisions qui doivent être prises maintenant...
Non, il ne peut pas y avoir de tri sélectif. Je rappelle qu'en fait, ces propositions de la Convention citoyenne interviennent elles-mêmes après un grand débat national qui avait suivi le mouvement des “gilets jaunes”. Donc, là, aujourd'hui, la réponse, alors que des décisions sont attendues, alors qu'il y a une urgence d'agir pour le climat, c'est de dire qu'on va faire un nouveau débat sur le débat. C'est la raison pour laquelle nous proposons, nous (Génération Écologie), que soit inscrite à l'ordre du jour du Parlement, au mois de juillet, une loi sur les 149 propositions de la Convention citoyenne…
Bien sûr, je peux avoir des remarques sur telle ou telle proposition, mais qu'est-ce qui est marquant dans les 149 propositions de la Convention citoyenne? C'est qu'il y a la conscience qu'on doit changer les modes de vie. Qu'il faut arrêter avec les publicités, qu'il faut rénover tous les logements, qu'il faut sortir du consumérisme, qu'on doit lutter contre l'artificialisation des terres, que la France ne doit pas ratifier le CETA [traité de libre-échange avec le Canada]. Et donc, il y a un ensemble qui a sa cohérence…
On est, sur l'année 2020, à une moyenne de températures en France de 2,1 degrés supérieurs aux normales et on redoute de nouvelles canicules. Donc on ne peut pas encore tergiverser, renvoyer à plus tard des décisions qui doivent être prises maintenant.»
Le fils morganatique de Nicolas Sarkozy et de Rachida Dati, F-X Bellamy, notre petit prof de philo reconverti à la politique, expliquait tout le contraire sur Sud Radio ce lundi 22 juin:
« On se retrouve à la fin avec des propositions qui sont tellement éloignées des aspirations de début [du mouvement des Gilets-jaunes qui s’en prenaient à la baisse de la vitesse de 90 à 80 km/h] qu’on voit bien au fond qu’il ne suffit pas de tirer des gens au sort pour avoir une idée de ce que les Français veulent vraiment. Ce que je me borne à constater, c’est que le résultat final correspond exactement au cauchemar des Gilets-jaunes… On voudrait encore abaisser la vitesse, on voudrait encore multiplier les sources de fiscalité, on veut encore rendre la vie quotidienne plus chère, y compris pour ceux qui ont réussi à devenir les propriétaires d’un logement auquel on imposerait une rénovation thermique sans se préoccuper des moyens de la mettre en œuvre...
(Le journaliste: on peut les aider et en même temps tout le monde s’y retrouvera peut-être à la fin, non, pour protéger notre planète?)
Bellamy:
Bellamy:
Le sujet est encore plus fondamental, et ça c’est une question grave: quelle est la légitimité de nos institutions… Le président de la République, qui ne cesse de dénoncer les populistes, est en train d’amorcer un virage authentiquement populiste… est-ce que la démocratie représentative est à ce point discréditée qu’on considère que 150 personnes tirées au sort, qui travaillent dans un milieu fermé, vont suffire à produire des propositions qui ressemblent vraiment à ce que veulent les français, et bien je ne le crois pas… Je ne sais pas qui sont ces gens, je ne sais pas quelle est leur légitimité, je ne sais pas quelle est leur vision politique, je n’ai pas voté pour eux, je ne vois pas au nom de quoi la décision qu’on me présente aujourd’hui comme étant le résultat de leur spéculations à l’intérieur d’un hémicycle clos, que je n’ai pas pu suivre, devrait s’imposer à moi comme citoyen… On peut agiter les grands mots autant qu’on le voudra, réviser la constitution pour dire qu’il est interdit d’attenter à l’environnement [pour crime d’écocide], ça me paraît à la fois très déclamatoire et potentiellement très attentatoire à nos libertés fondamentales… Je pense que la question écologique est un sujet majeur mais ce qui m’inquiète dans ce qui est présenté aujourd’hui c’est l’idée que la liberté de l’être humain est forcément antinomique avec la préservation de l’environnement et que pour préserver la planète il faudrait restreindre nos libertés fondamentales… Je crois qu’il n’y a aucune tension entre les deux et que ce qui doit nous permettre de préserver la planète c’est aussi l’inventivité humaine, la capacité de la liberté humaine d’innover, de rechercher et de proposer un progrès et c’est vers cela qu’on doit se tourner...».
Bellamy semble prendre la défense des gilets-jaunes mais son discours s’adapte parfaitement aux intérêts de la classe moyenne, pour ne pas dire de la petite et grande bourgeoisie versaillaise. Quand il s’exprime, c’est comme passer le bac de philo au Lycée Henri-IV: «Ce qui m’inquiète… c’est l’idée que la liberté de l’être humain est forcément antinomique avec la préservation de l’environnement et que pour préserver la planète il faudrait restreindre nos libertés fondamentales…». Oui, c’est exactement cela, il est temps de s’inquiéter et de se sortir les doigts du cul, cher monsieur... Mais non, Bellamy ne fera jamais aucune concession: il prétend conserver tous les acquis industriels et financiers du XXe siècle, ceux des Trente Glorieuses, même si le système entier est perverti. Sœur
Anne, ne vois-tu rien venir? Les plus privilégiés foncent droit devant
comme la misère sur le pauvre monde. Et de quelles libertés
fondamentales parlent-ils? Sont-ce celles de détruire la planète:
«laissez-nous consommer et dépenser notre pognon comme bon nous semble!»
Pourtant, fort
habilement, les questions sur les dangers de l'énergie atomique et tous les problèmes majeurs de surexploitation de notre planète par les multinationales sont exclus des 149 propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Macron se satisfera d'une écologie "rentable", c'est à dire une ribambelle de petits sacrifices financiers de la part des contribuables, au nom de l'écologie d'état. Les mesures les plus sévères (décrites par le patronat et toute la Droite debout comme "punitives") seront forcément retoquées, à l'égal des "28 heures hebdomadaires". Les lobbies qui siègent officiellement aux parlements français et européen, voire au sein du Conseil d'état, garantissent au patronat l'impunité des industries sales et l'exploitation systématique des salariés. C'est pourquoi l'idée de rapatrier nos industries de Chine ou de partout ailleurs est un voeu pieux. Les multinationales de l'exemption fiscale auront tout le loisir de se restructurer à nos frais et de monétiser leur complicité avec le gouvernement qui s'endette pour elles sans compter... mais toujours au détriment de l'ouvrier et du petit contribuable surtaxé. Si une leçon a été apprise pendant le Covid-19, c'est que les riches seront toujours plus riches et que les Gafam-infâmes échappent en réalité à tout contrôle. C'est parce que les industries informatiques sont stratégiques qu'elles doivent être nationalisées.
La maison brûle mais le professeur Bellamy regarde ailleurs… C’est pourquoi l’écologie est condamnée en France par ce petit Versaillais et tous ses amis très CONSERVATEURS, qu'il ne faut pas confondre avec une bande innocente de boyscouts. Pendant la crise du Coronavirus, ils sont partis d'un même mouvement se mettre au vert dans leurs propriétés: c'est ça, "l'écologie opportuniste de droite".
PROGRESSISTE, notre petit prof propose en alternative à "l'écologie sociale de gauche" des "solutions technologiques", mais de quelles innovations parle-t-il et dans combien de temps seraient-elles mises en œuvre? Le progrès est-il celui d'attendre sans rien faire en se regardant le nombril? Macron, lui, met "en marche" des mesures faussement populaires, soit une "écologie d'état" à base de pénalités pour remplir les caisses de Bercy. Au mieux, nous pouvons espérer d'une telle Convention des nouvelles taxes et un nouvel étiquetage détaillant plus précisément (suivant de nouvelles spécifications non contraignantes) les composants des produits de consommation courante. Oui, je vous l'annonce, la montagne accouchera d'une souris, comme d'habitude.
Une bien meilleure idée serait de projeter une véritable écologie populaire, c'est à dire du peuple, par le peuple et pour le peuple (comme dirait Idriss Aberkhane). Mais c'est une proposition connotée d'extrême-gauche qui fait frémir Zemmour. Tout bien considéré, F-X Bellamy ferait mieux d'accepter un poste dans le gouvernement Macron lors du prochain remaniement ministériel, à condition d'en avoir les couilles, car ce serait l'opportunité pour ce petit bourge de confronter son "vide philosophique intérieur" à la réalité. Ah oui, merde in France!
PROGRESSISTE, notre petit prof propose en alternative à "l'écologie sociale de gauche" des "solutions technologiques", mais de quelles innovations parle-t-il et dans combien de temps seraient-elles mises en œuvre? Le progrès est-il celui d'attendre sans rien faire en se regardant le nombril? Macron, lui, met "en marche" des mesures faussement populaires, soit une "écologie d'état" à base de pénalités pour remplir les caisses de Bercy. Au mieux, nous pouvons espérer d'une telle Convention des nouvelles taxes et un nouvel étiquetage détaillant plus précisément (suivant de nouvelles spécifications non contraignantes) les composants des produits de consommation courante. Oui, je vous l'annonce, la montagne accouchera d'une souris, comme d'habitude.
Une bien meilleure idée serait de projeter une véritable écologie populaire, c'est à dire du peuple, par le peuple et pour le peuple (comme dirait Idriss Aberkhane). Mais c'est une proposition connotée d'extrême-gauche qui fait frémir Zemmour. Tout bien considéré, F-X Bellamy ferait mieux d'accepter un poste dans le gouvernement Macron lors du prochain remaniement ministériel, à condition d'en avoir les couilles, car ce serait l'opportunité pour ce petit bourge de confronter son "vide philosophique intérieur" à la réalité. Ah oui, merde in France!
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