samedi 19 mars 2022

Ras-Poutine 20 ans après: "Génération chair à canon", Blogiblag du 18/03/2022-Copyright

Ce vendredi 18 mars 2022, une activité inhabituelle au dessus de la Russie a laissé croire aux observateurs-commentateurs sur les ondes radios à une nouvelle manoeuvre d'envergure de Poutine pour prouver "qu'il dispose librement de tout l'espace aérien russe". Évidemment, ils se sont encore une fois trompé : c'est comme un "nid de guêpes" et toute la Russie s'agite bruyamment. Poutine lui a organisé un balai aérien emportant 100000 jeunes venus de partout en Russie pour venir remplir un immense stade  et faire son show télévisé: un grand discours de propagande fêtant comme chaque année l'annexion de la Crimée, son plus grand succès. Mais l'histoire ne se répète pas, elle bégaie et l'annexion de l'Ukraine est un plus gros morceau à avaler. Sa propagande est telle que Poutine refuse d'évoquer ses pertes humaines et même de rapatrier les corps carbonisés de ses soldats pour ne pas choquer les mères : il a abandonné  les corps de plus de 3000 soldats russes sur les champs de bataille ukrainiens pour conserver l'opinion favorable en Russie. Dans cette guerre fratricide, le sacrifice humain deviens "une épreuve de camaraderie". Mais les Russes sont complices de ce dictateur comme les Allemands en 1939 avec Hitler.

Poutine se venge sur les populations civiles ukrainiennes prises comme des rats sous les décombres après les bombardements ininterrompus. Il ne lui manquait hier que de lancer ses missiles supersoniques pour démontrer sa puissance de feu militaire et son mépris absolu de la vie, ce qu'il a fait tout en se faisant acclamer par 100000 jeunes embrigadés et regroupés dans un stade.

Mais quelle est cette "génération P" qui agite les drapeaux avec les yeux brillants? Ce sont des jeunes de 20 ans, les conscrits et les mères de la deuxième "génération Poutine" à venir. Bien sûr, Poutine n'est pas chaud pour envoyer ces enfants là (ceux qui n'ont jamais connu d'autre leader que lui) au casse-pipe en Ukraine. C'est pourquoi il  sollicite les barbouzes géorgiens, tchétchènes, les ultra-nationalistes russes qui s'étaient rassemblés dans le Donbass et les Syriens de Bachar al-Assad pour "nettoyer l'Ukraine". Il a aussi réclamé l'assistance économique et militaire du géant Chinois, excusez du peu ! Le bonhomme est un monstre à sang froid.

Poutine est aussi une machine de propagande. Il connaît tous les biais cognitifs pour convaincre. Et le premier biais est de saturer l'espace médiatique avec ses  idées proches du nazisme, mais qu'il impose en prétendant faire le contraire. Ses marqueurs sont tous biaisés  par un esprit tordu: la dénazification "inverse" de l'Ukraine, l'épuration "inverse" du peuple, le pogrom "inverse" des sanctions occidentales, le génocide "inverse" du Dombass, la dégénérescence "inverse" de l'occident etc. "Tout et son contraire" est  le poison avec lequel il  intoxique doucement l'opinion publique russe depuis 20 ans : d'abord c'est étonnant, ensuite c'est possible, enfin c'est vrai. 

L'accoutumance à sa folie meurtrière sert d'anti-poison aux Russes qui deviennent ainsi résistants à l'Europe "assassine et dégénérée". Comme Hitler (mais inversement) Poutine va les mener à la victoire: "Bientôt tout sera fini". Il leur faudra deux ou trois ans pour comprendre qu'ils ont été des monstres destructeurs: les Allemands de Hitler se sont suicidés sur les bancs publics dans les jardins, les Algériens refusent encore de reconnaître  le massacre des Harkis en 1962 et les Hutus criminels du Rwanda en 1994 se sont exilés. Les Russes  trop sensibles aux massacres en Ukraine (après l'Afghanistan, la Tchétchénie, la Syrie) sont déjà priés d'aller voir ailleurs pour ne pas polluer la fête. Seule restera la mère-patrie de base, pesante au fond comme un bloc de fonte. Les départs en exil sont donc de plus en plus nombreux car tous les Russes vertueux incompatibles avec Poutine doivent s'enfuir en même temps que 10 millions d'Ukrainiens sont "déplacés" sur les routes.

Poutine est dans la "prétérition" quand il affirme ne pas vouloir faire quelque chose qu'il fait tout de même: je ne vais pas envahir l'Ukraine, les soldats n'ont pas vocation à  rester, je ne vais pas vous faire de mal, ce n'est pas une guerre etc. Et ce NÉGATIONISME ACTIF est celui de la DROITE FRANÇAISE et de sa fausse élite intellectuelle qui n'est qu'un ramassis haineux de négationnistes bon teint.

Évidemment, toute cette propagande poutinienne est fausse et puis, comment dénazifier les juifs (ceux qui résistent à l'invasion)? Comment dénoncer le génocide contre les séparatistes (ceux armés par la Russie pour tuer les Ukrainiens)? Comment exterminer des frères ukrainiens sans aucune pitiés (tous des dégénérés et des drogués)? Faut-il  épurer le peuple Russe (en recrachant les menteurs comme des moucherons)? Non mais comment tout celà est-ce possible? Avec quel esprit malade et avec quelles complicités?

Le "biais d'exagération" accuse l'occident. Des journalistes en France et des faux géopolitologues  nous demandaient déjà en 2014 d'entrer dans la tête de Poutine pour comprendre sa souffrance. "Et pourquoi Poutine n'aurait pas raison?" disait le gentil Thomas SOTTO lors de l'annexion de la Crimée. Six mois plus tard, Poutine paradait tout sourire sur les chaînes de télévision occidentales et les affaires reprenaient de plus bel avec la Russie. Et aujourd'hui les mêmes géopolitologues improvisés récidivent au nom de la liberté d'expression: l'auto-détermination de l'Ukraine n'est pas envisagée puisque ce pays n'existe pas.

L'occident fait toutes les concessions à ce criminel de guerre et à l'URSS depuis 1961 quand la mère-patrie a fait exploser la TSAR BOMBA dans l'Arctique.

Toutes les références et les marqueurs des poutinophiles sont faux : non, l'invasion de l'Ukraine n'est pas comparable avec la "crise des missiles de Cuba" qui aurait humilié l'URSS en 1962. C'est une guerre d'invasion, d'occupation et de civilisation qui est en cours.

La propagande de Poutine à dèjà 20 ans et de nombreux  débatteurs sont convaincus qu'il a tout son bon sens: "C'est horrible ce qu'il fait, oui mais voilà..." insiste Natacha Polony, soutenue par toute l'aile Droite politicienne en se prenant pour Marianne. Et si Poutine chasse la population ukrainienne à coups de bombes, il ne faut pas s'en émouvoir autrement en accusant le "vilain Poutine". 

Le "biais de faux consensus" le consacre : Poutine s'adresse seul au sommet à tous ses ministres terrorisés comme à un stade plein de militants et "tout le monde l'écoute religieusement, sans aucune contestation possible". Les dirigeants Chinois et Indiens ne s'opposent pas ouvertement à l'invasion de l'Ukraine et donc on estime que "la moitié de la planète soutient Poutine". Il fait exécuter ses opposants politiques mais "on ne peut pas dire que c'est un régime autoritaire et une dictature" car la propagande interdit de nommer les choses. Il faut dire : "C'est un autocrate nationaliste qui dirige des opérations spéciales en Ukraine". En plus, Poutine encourage la guerre civile en Russie pour purifier son peuple et "éliminer tous ceux qui pensent différemment": les oligarques sont la 5ème colonne, celle des traîtres qui fuient. Mais tout ce qui a encore un peu de bon sens déserte la Russie. À oui, merde in RUSSIA TODAY.


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