mardi 15 mars 2022

Ext STROMAE ÉDUCATEUR dans "Fils de joie", blogiblag du 15/03/2022-Copyright

STROMAE chante et scande l'hommage rendu à une "travailleuse du sexe" lors de ses funérailles nationales. Il donne à la défunte le doux nom de MÈRE dans un récit tragi-comique. Le titre racoleur "Fils de joie" de cette chanson reprend les codes de la prostitution mais le CLIP correspondant tourné à Bruxelles donne une dimension supérieure à la chanson de Stromae dans un décors grandiose d'apparât. Bien sûr, ce n'est que du cinéma...

Là, sur scène, tout est fait pour mélanger les genres et réhabiliter l'honneur d'une certaine catégorie de travailleuses indépendantes fort appréciées mais aussi fort méprisées. On peut parler d'un effort et aussi d'un "EFFET DE LÉGITIMATION" en même temps qu'une certaine dérision.

Célébrer "l'hommage national d'une prostituée" comme d'un chef d'état avec pour seul caution son fils est un oxymore poétique. La prostitution a des connotations très négatives dans notre société pour X raisons. La mise en scène pour célébrer des minorités déclassées - ici une fête nationale dans un pays fictif pour rendre hommage à toutes les prostituées, est une provocation. Mais pas pour le président Macron, bien sûr : notre gouvernement progressiste a la faiblesse de répondre favorablement aux revendications WOKISTES, surtout quant il peut s'allier facilement des minorités en faisant taire d'un revers de main les contradicteurs moralistes et pusillanimes.

Ambiance : chaque soir, avant de sortir s'exposer à la convoitise des hommes, des "putains" claquent la bise sur les joues rebondies de leurs gamins... Alors, pourquoi continuer de les considérer comme des vulgaires femmes-objets ? Ces braves mères de familles sont déshumanisées, insultées et souvent sous-payées quand elles vaquent à leurs tâches à la fois infamantes et glorieuses de "travailleuses sociales" et elles rentrent au petit matin avec le sourire fané, pour venir beurrer les tartines de leurs gosses. "Mais oh ! Arrêtez de dire du mal de ma maman" crie son fils en costume de maître de cérémonie, dans le clip de Stromae. Car aucun ouvrier embauché pour faire les 3x8 à l'usine, aucun chauffeur de taxi endetté qui chasse sa clientèle la nuit, aucun de tous nos travailleurs entre les plus humbles ne devrait tolérer ces conditions là.

Le clip de "Fils de joie" à été posté sur Youtube le 8 mars pour célébrer "La journée internationale des femmes 2022". Mais derrière cette tentation de réhabiliter les prostituées, le WOKISME est sous-jacent; toutes les minorités agissantes se glorifieront de ces représentations stylées dans les spectacles de Stromae; le peuple Noir s'identifiera comme victime et versera une petite larme à cause de la convergence des luttes. Les agitateurs du WEB s'écrieront jalousement : "j'aurai dû y penser" car l'affaire est rondement menée.

Le clip devrait avoir plus d'échos en Afrique qu'en France. STROMAE apparaît ici comme un être MULTIPLE, un homme-enfant métisse transgenre qui hier appellait son Papa mais aujourd'hui appelle sa Maman qui n'est qu'une pute "comme ils disent" (en référence au grand Charles Aznavourian, ressuscité pour la cause).

Des filles de joie transportent le cercueil de la mère maquerelle glorifiée; Des danses coquines qui bougent des grosses cuisses blanches de femmes matures voilées de noire, comme des veuves siciliennes en petites tenues, s'organisent sur la place publique; des épouses dans l'assistance avec le regard morne et les traits tirés seront peut-être tentées un jour de danser et dévoiler leurs charmes sur un air improbable de clavecin baroque couplé avec les rythmiques des favelas.

Mais quoi ? Pute est "un vrai métier" et "STROMAE ÉDUCATEUR" viens lui redonner ses lettres de noblesse, bien mieux que Charles Baudelaire et le marquis de Sade : "danseuses ou putains, influenceuses ou marchandes de charmes et vous toutes, les mères de famille, même combat !". Aujourd'hui c'est "la journée du droit des femmes" et après on l'oubliera pendant encore un an... Mais comment oublier un refrain de Stromae dans un tel decorum ?

Pour cet "hommage national médiatique", presque tous les danseurs qui paradent dans ce clip grandiose sont des militaires et des escadrons comme dans un défilé du 14 juillet en France, avec une tribune en hauteur et des statues gigantesques de femmes en fond de décors gris, soit une architecture quasi-stalinienne. Des avions de chasse laissent des traînées dans le ciel aux couleurs nationales. Le régime politique évoqué est-il autoritaire dans ce pays fictif ? Veut-il contrôler les "déviances" en rudoyant son peuple ? Comme en Russie, on sait que trop d'arrestations tuent la démocratie et qu'il peut y avoir privation des libertés les plus élémentaires jusque dans nos démocraties occidentales. Le déni de justice est partout. La société va mal dans son ensemble et nous devons faire un grand deuil de nos idéaux.

Cet article est extrait de "STROMAE, une relecture amoureuse de "Fils de joie" - entre prostitution et pornographie", blogiblag du 11/03/2022. L'original n'est plus en ligne. Pour plus d'informations, abonnez-vous et laissez un lien en commentaire.

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